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Κυριακή 15 Σεπτεμβρίου 2019

"Νous élevons la croix en signe de victoire de la vie sur la mort, du bien sur le mal,..."



Eglise Orthodoxe de Côte d'ivoire


Le jour de la fête de l’Éxatstion de la Croix du Seigneur, en mémoire de cet évènement joyeux et triste, nous élevons la croix en signe de victoire de la vie sur la mort, du bien sur le mal, de la justice sur l’injustice, de la vérité divine sur le mensonge humain.
Nous adorons la Croix du Christ, instrument de notre salut. Nous la baisons, car nous savons que la puissance vivifiante de Dieu se répand sur nous par la Croix. Nous savons que la gloire de Dieu habite la Croix, et nous prions non seulement le Crucifié, mais la Croix elle-même, nous exclamant : 

« O très vénérable et vivifiante Croix du Seigneur, aide-nous avec notre Sainte souveraine la Vierge et Mère de Dieu ! » 
Et nous croyons en nous exclamant, que la Croix du Seigneur entend notre prière, peut nous conférer son aide et sa force, nous garder de tout mal et nous conduire sur le chemin du salut.
Que la Croix de notre Seigneur Jésus Christ soit l’étoile qui guide notre route. Adorons la Croix du Christ et demandons à Dieu des forces ; prions pour que le Seigneur aide chacun de nous à porter sa propre croix, qui est pour certains plus lourde, pour d’autres plus légère, chacun ayant la sienne qui lui pèse, et c’est pourquoi nous avons besoin de l’aide de Dieu pour la porter.
Que la Croix du Christ nous entoure, qu’elle nous garde de tout mal. Adressons nos prières à la Croix du Seigneur afin qu’elle nous garde de tout mal. Et demandons à notre Seigneur et Sauveur Jésus.


Voir aussi

The Elevation of the Venerable and Life-Giving Cross in Africa
The Universal Exaltation of the Precious and Life-Giving Cross 
The Feast of the Exaltation of the Holy Cross (September 14): the crossroads of history and the Tree of Life... (an article from the Orthodox Metropolis of Zambia)

An orthodox voice from Zimbabwe & Angola: The cross of Christ, the Orthodox Church and the victory against death!
 
Giving Thanks for All Things – The Cruciform Life
Jesus Christ and Nicodemus - A little of the theology of the Cross: The Sunday before the feast of the Exaltation of the Holy Cross
Sunday after the feast of the Exaltation of the Holy Cross: "Whoever desires to come after Me, let him deny himself, and take up his cross and follow Me"

 
Two miracles of the Holy Cross in Africa (Congo) 
 

An Atonement of Shame – Orthodoxy and the Cross
Orthodoxy and Orthopraxy
Holy Cross Resource Page
Elevation of the Holy Cross
Kiss The Who's What?  
 

Τρίτη 23 Οκτωβρίου 2018

DIEU DONNE LA PRIERE A CELUI QUI PRIE

Par STARETS SILOUANE - Moine du Mont Athos (1866-1936)
Source: "Starets Silouane, Vie-Doctrine-Ecrits", par l'Archimandrite Sophrony, Ed. Présence P : 274, 344, 288, 298
Orientation Orthodoxe Dogmatique Elaborée
 
Celui qui aime le Seigneur se souvient toujours de Lui, et le souvenir de Dieu fait naître la prière. Si tu ne te souviens pas du Seigneur, tu ne prieras pas non plus. Sans prière, l'âme ne demeurera pas dans l'amour de Dieu, car c'est par la prière que vient la grâce du Saint-Esprit. Par la prière, l'homme se garde du péché, car l'esprit en état de prière est absorbé par Dieu. Avec humilité, il se tient devant la Face du Seigneur que son âme connaît.
Mais, bien entendu, un débutant a besoin d'un guide spirituel, parce qu'avant la venue de la grâce du Saint-Esprit, l'âme doit soutenir un grand combat avec les ennemis et ne peut pas encore reconnaître quand c'est l'Ennemi qui lui apporte sa douceur. Seul peut le discerner celui qui a personnellement goûté à la grâce du Saint-Esprit. Qui a goûté au Saint-Esprit distingue la grâce à son goût.
O homme apprends l'humilité du Christ, et le Seigneur te donnera de goûter la douceur de la prière. Si tu cherches la prière pure, sois humble, sois sobre, confesse-toi sincèrement, et la prière t'aimera. Sois obéissant, soumets-toi de bon cœur aux autorités, sois content de tout, et alors ton esprit se purifiera des vaines pensées. Souviens-toi que le Seigneur te voit et sois dans la crainte de blesser ton frère ; ne le juge pas, ne le peine pas, même par l'expression de ton visage, - et alors le Saint-Esprit t'aimera et t'aidera en tout.
Le Saint-Esprit ressemble à une mère pleine de tendresse. Comme une mère aime son enfant et le protège, ainsi le Saint-Esprit nous protège, nous pardonne, nous guérit, nous instruit, nous réjouit ; l'Esprit-Saint est connu dans la prière accomplie avec humilité ( ... )
Celui qui prie par habitude n'éprouve pas de changement dans sa prière, mais celui qui prie de tout son cœur connaît bien des épreuves dans la prière ; il se trouve en lutte avec l'Ennemi, en lutte avec lui-même, avec ses passions, en lutte avec les hommes ; et en tout cela, il s'agit d'être vaillant. La prière incessante procède de l'amour, mais on la perd par les jugements, les vaines paroles et l'intempérance. Celui qui aime Dieu peut penser à Lui jour et nuit, car aucune occupation ne peut empêcher d'aimer Dieu. Les Apôtres aimaient le Seigneur sans que le monde ne les dérange, et cependant ils se souvenaient du monde, ils priaient pour lui et ils s'adonnaient à la prédication ( ... )
A moins de prier pour les ennemis, l'âme ne peut pas avoir de paix. L'âme à laquelle la grâce de Dieu a enseigné à prier aime avec compassion toute créature, et tout particulièrement l'homme. Sur la Croix, le Seigneur a souffert pour les hommes et son âme a été dans l'agonie pour chacun d'entre nous.
Le Seigneur m'a appris l'amour des ennemis. Privés de la grâce divine, nous ne pouvons pas aimer les ennemis, mais l'Esprit-Saint apprend à aimer ; et alors on aura de la compassion même pour les démons, car ils se sont détachés du bien, ils ont perdu l'humilité et l'amour de Dieu. je vous en supplie, faites un essai. Si quelqu'un vous offense, ou vous méprise, ou vous arrache ce qui vous appartient, ou persécute l'Eglise, priez le Seigneur en disant : « Seigneur, nous sommes tous tes créatures ; aie pitié de tes serviteurs et tourne-les vers le repentir. » Alors, tu porteras perceptiblement la grâce dans ton âme. Au commencement, force ton cœur à aimer tes ennemis ; le Seigneur, voyant ta bonne intention, t'aidera en tout, et l'expérience elle-même t'instruira. Mais celui qui pense du mal de ses ennemis, l'amour de Dieu n'est pas en lui, et il n'a pas connu Dieu ( ... )
Oh ! comme il faut demander au Seigneur de donner à l'âme humble l'Esprit-Saint! L'âme humble jouit d'une grande paix, mais l'âme orgueilleuse se tourmente elle-même. L'homme orgueilleux ne connaît pas l'amour divin, il est loin de Dieu. Il est fier d'être riche, ou instruit, ou dans la gloire, mais il ignore, le malheureux, sa pauvreté et sa ruine en ne connaissant pas Dieu. Mais le Seigneur aide celui qui lutte contre son orgueil à triompher de cette passion ( ... )
Avant d'être touché par la grâce, l'homme vit en pensant que tout est bien et en ordre dans son âme : mais lorsque la grâce le visite et demeure avec lui, il se découvre tout autre ; et ce n'est qu'ensuite, lorsque la grâce l'abandonne de nouveau, qu'il se rend compte que vivre sans la grâce est un grand malheur ( ... )
J'écris la vérité parce que j'aime les hommes. En effet, mon cœur souffre pour eux. Si je peux aider une seule personne à trouver le chemin qui sauve, je remercierai toujours Dieu. 0 peuples de la terre ! J'ai soixante-douze ans. je vais bientôt mourir. J'écris pour vous sur la tendresse de Dieu. Par le Saint-Esprit, le Seigneur m'a fait connaître cette tendresse. Et le Saint-Esprit m'a appris à aimer tous les hommes. je vous dis la vérité : je ne trouve rien de bon en moi. J'ai fait beaucoup de péchés, mais le Saint-Esprit les a effacés. C'est l'amour de Dieu qui m'a poussé à écrire.


Τετάρτη 23 Μαΐου 2018

Jésus nous enseigne à aimer toutes les races (et un prêtre afro-américain orthodoxe)


"...Jamais dans ma vie l'impact du passé d'esclavagiste de l'Amérique n'est devenu aussi réel pour moi que lorsque j'ai vu un prêtre afro-américain orthodoxe, vêtu d'une tenue cléricale, enfiler les fers d'esclave de son ancêtre. Et jamais ma soif de réconciliation en Christ n'a été aussi forte..."

 
Père Barnabas Powell
 
Pour les chrétiens orthodoxes, l'Évangile de [...] dimanche [dernier] parle d'une Samaritaine qui va chercher de l'eau dans un puits. Là, elle rencontre le Christ, Qui lui offre l'Eau Vivante de l'Esprit.

Ce passage est lu pendant la saison pascale -- les 40 jours de Pâques à l'Ascension -- parce que Pâques était historiquement l'époque où les baptêmes étaient faits, de sorte que les nouveaux convertis venaient d'avoir leur propre rencontre personnelle avec le Christ dans les eaux curatives de ce mystère.

En plus de ce thème, je penserai à un autre quand il s'agit du dimanche de la Samaritaine : celui de l'animosité raciale et de la réconciliation.

Pour les Juifs tels que le Christ, les Samaritains étaient à bien des égards pires que les païens (le sentiment était certainement réciproque). Les autres peuples environnants étaient suffisamment différents pour être considérés comme incapables de mieux connaître la Loi, mais les Samaritains et leurs prétentions d'être les seuls et authentiques gardiens de la loi touchaient de très près les Juifs.

Rien ne nous ennuie et nous dérange autant que ceux qui sont si semblables à nous que leurs différences reflètent notre propre identité. Quand on est séparés, ce que vous faites vous concerne. Mais remplacez la séparation par l'intégration, et soudain je me vois reflété en vous, ce qui peut être inconfortable.

La conversion de la Samaritaine, et celle de son village, est donc plus que la conversion de quelques "étrangers" aléatoires. Elle offre un aperçu de la réconciliation - un processus où les différences ne sont pas abolies, mais où les divisions qui peuvent en résulter sont surmontées.

Révérend Moses Berry,
Photo : monomakhos.com
 
C'est un message puissant et parfois perdu de l'Evangile. J'ai été récemment renouvelé en l'appréciant par une retraite à laquelle j'ai assisté présidée par le Révérend Moses Berry, un prêtre afro-américain de l'Église orthodoxe en Amérique.

Conférencier dynamique avec une incroyable histoire de conversion, Père Moses sert une paroisse qu'il a fondée sur les terres agricoles du Missouri que sa famille possède depuis 1871, peu de temps après avoir été libéré de l'esclavage. C'est là qu'il a également créé le Musée d'histoire afro-américaine d'Ozarks, composé en grande partie d'objets de famille, dont beaucoup lui appartiennent.

Le plus étonnant pour moi était la manille en fer, avec des boules et des chaînes, que son arrière-grand-père a été forcé de porter en tant qu'esclave en transit. À mon grand étonnement, en parlant de cet artefact, Père Moses l'a mis pour montrer comment il était porté.

Jamais dans ma vie l'impact du passé d'esclavagiste de l'Amérique n'est devenu aussi réel pour moi que lorsque j'ai vu un prêtre afro-américain orthodoxe, vêtu d'une tenue cléricale, enfiler les fers d'esclave de son ancêtre. Et jamais ma soif de réconciliation en Christ n'a été aussi forte.

Ce qui a aussi rendu la présentation de Père Moses percutante, c'est l'absence de condamnation ou de culpabilisation des gens de ma "couleur". C'était un frère qui parlait à ses autres frères en Christ.

Je prie pour Père Moses et son ministère, pour que Dieu élève les autres de sa communauté pour qu'ils deviennent membres du clergé dans son église. Et je prie qu'en Christ, nous ne fassions qu'un.

Version française Claude Lopez-Ginisty

d'après 

Voir aussi 

The realities of slavery, hopes and dreams for the African-American community for a Black Orthodox Priest in America (Père Moses Berry)
Sunday of the Samaritan woman (5th Sunday of Pascha): "Close to God is he who in his daily life becomes the light of Christ who enlightens his neighbours..."

 

Δευτέρα 14 Μαΐου 2018

Que participer à la vie de Dieu est le but de notre vie sur Terre

 
Foto d'ici
 
Communauté orthodoxe à l'île de la Réunion
 
Le but de la vie sur cette Terre est la participation à la vie de Dieu. (Théosis en grec).
Cette « théosis » est notre participation à la propre vie de Dieu. Ceci se fait par la grâce divine qui agit lorsque nous nous purifions des convoitises et des passions : « Ceux qui sont au Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs » (Galates 5:24). Dieu, selon saint Maxime le Confesseur, nous a fait «partenaires de la nature divine» (2 Pierre 1: 4). Le péché de l’homme contemporain est qu’il veut être autosuffisant sans relation avec son Dieu créateur, c’est ce qui constitue finalement sa vraie mort. Rappelons ici les paroles de saint Irénée : «Dieu est devenu homme pour que l’homme devienne Dieu» (avec la grâce divine incréée).
Cette pensée à laquelle s’accordent les Pères (de l’Eglise) est en opposition avec la pensée rationnelle. Le vrai défi réside dans l’expérience chrétienne qui cherche un réel renouvellement de l’homme et de l’intérieur. Bien sûr, la participation humaine à la vie de Dieu est possible pour toute l’humanité. Mais cela, par le moyen de l’ascèse du corps et de l’esprit, est étroitement lié à l’action de la grâce divine. Cela entraîne l’union de l’intellect et du cœur et à l’illumination de l’esprit et du cœur par la prière et le jeûne.
Cette communion avec Dieu, à travers la grâce divine et qui est la « théosis », préserve la suprématie absolue de Dieu, est ce que l’on désigne par la théologie apopahatique. Quand nous disons que Dieu est juste, miséricordieux, bon … Cela ne révèle pas la vraie nature de Dieu, c’est à dire Son essence, mais plutôt l’expression de ce qui entoure cette nature et les qualités positives que l’homme partage. En aucune façon cela ne touche à l’essence inconnaissable de Dieu. Participer à ce que Dieu donne est possible, mais l’essence de Dieu ou encore Sa vraie nature est au-delà de notre compréhension.
Ces explications ne peuvent pas combler la personne qui cherche Dieu de tout son cœur, c’est seulement une réflexion intellectuelle pour encourager la pratique de la vie spirituelle ascétique dans cette saison bénie de jeûne, afin que nous puissions sentir la main de Dieu dans nos vies et gouter à l’avance de la joie du Royaume.

Mgr Ephrem. Evêque de Tripoli et du Koura (Liban).
https://www.facebook.com

Voir aussi
 

Κυριακή 4 Μαρτίου 2018

Apprivoiser les passions


De même que le jardinier qui n’arrose pas son jardin laisse ainsi mourir ses légumes, ainsi l’intellect qui ne purifie pas ses pensées ruine ses efforts.
Saint Thalassios le Libyen (Icône sacrée d'ici)


Les passions naissent par l’intermédiaire de nos sens. Si vous aspirez à devenir véritablement libre et à apprendre à vivre selon la volonté de Dieu, vous avez besoin d’apprendre à maîtriser les passions qui résultent de la façon dont vous réagissez à vos sens. Par exemple, vous pouvez avoir un besoin irrépressible de certains aliments. Lorsque vous en êtes privé vous en êtes perturbés et cela vous met peut-être même en colère.
Vous libérer de ces goûts et de ces dégoûts c’est ce que nous entendons par dompter les passions. Lorsque vous serez capable de faire cela, vous acquerrez la liberté de faire la volonté de Dieu et d’aimer les autres en étant moins concentré sur vos propres désirs. Cela ne signifie pas que vous devez vous priver de bonne nourriture ou de divertissement. Tout ce que Dieu a créé est bon. Il signifie que vous pouvez jouir de ce qui est nécessaire pour votre bien-être, mais aussi que vous devez renoncer à toutes les complaisances fondées sur vos désirs du plaisir sensuel. Vous ne pouvez pas tout simplement ignorer les passions. Vous avez besoin de les reconnaître, puis de les amener à passer sous le contrôle de votre âme et de votre esprit.
Voici comment vous pouvez vivre de manière à ne pas nuire à votre santé, votre sécurité, et en l’absence de tendances au péché comme la colère. Avoir des passions non domestiquées, c’est comme avoir un troupeau de chevaux sauvages pour tirer votre chariot. Vous pensez que vous êtes le conducteur, mais les chevaux décident d’aller où ils veulent. Ces chevaux sauvages sont les passions sauvages. Le défi consiste à harnacher et à dresser vos passions de telle sorte qu’elles obéissent à vos ordres, tout comme un attelage de chevaux entraîné est obéissant aux ordres du cocher.
Foto d'ici
Cette tâche commence par la reconnaissance que vous êtes souvent guidés par vos goûts et vos aversions. Commencez par apprendre à dire non quand vous êtes amené à vous livrer à quelque chose que vous savez n’être pas bon pour vous. Acquérir de la discipline dans ce que vous mangez est une des premières choses à faire. C’est l’un des avantages du jeûne qu’il nous est conseillé de faire. En choisissant de ne pas manger certains aliments, vous entraînez en effet votre esprit à être plus obéissant. Quand il deviendra obéissant, alors il deviendra davantage capable de faire la volonté de Dieu. Vous allez acquérir une plus grande liberté. Dans la tradition de l’Église, le jeûne a toujours été l’une des premières disciplines enseignées après la prière. Cela a été enseigné par le Christ lui-même. La première chose qu’il fit après son baptême fut d’aller dans le désert pour jeûner et prier pendant quarante jours. Comme Il était à la fois pleinement homme et pleinement Dieu, Il avait à dompter ses passions d’homme.
Le mode vie orthodoxe implique de nombreuses périodes et jours de jeûne. Il y a le Grand Carême, avant Pâques (voir le cycle liturgique), nous devons jeûner chaque mercredi et chaque vendredi, et nous jeûnons avant de recevoir la Sainte Communion. Vous pouvez suivre le calendrier liturgique pour le jeûne et les consignes qui ont été établies par l’Église pour vous aider dans vos efforts pour dompter vos passions. Demandez néanmoins toujours l’avis de votre père spirituel sur ce qui est approprié à votre situation personnelle.
 
 
 

Τετάρτη 21 Φεβρουαρίου 2018

A propos du dimanche qui précède le début du Grand Carême


Ne négligeons pas le jeûne


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Ne négligeons pas le jeûne : bien que délaissé [quelquefois…et même souvent] de nos jours en Occident, il a une très grande importance dans la tradition biblique. Il a une place prépondérante dans la tradition patristique : ainsi saint Isaac le Syrien (« Chacun sait une chose, c’est que toute lutte contre le péché et le mal commence par le travail du jeûne », « Quiconque méprise le jeûne sera faible, sans vigueur pour toute bonne œuvre, car il lui manque l’arme avec laquelle tous les athlètes divins ont obtenus la victoire »). 
De même saint Jean Climaque et tous nos pères dans la foi, jusqu’aux nombreux spirituels de notre Église orthodoxe contemporaine comme l’ hiéromoine Émilianos : « Le jeûne est une tradition de notre Église. Si nous ne jeûnons pas nous ne sommes pas chrétiens. Par quel moyen le prophète Élie est-il monté aux Cieux ? Quand Moïse a-t-il vu Dieu ? Comment l’apôtre Paul a-t-il reçu l’appel divin ? Et Barnabé ? Tous jeûnaient. À quel moment Pierre vit-il la nappe descendre de la Jérusalem céleste ? Lorsqu’il jeûnait. Donc, nous aussi, observons ce qui nous est transmis par la tradition de notre Église » (« Catéchèses et discours »).
Et encore : « L’Église orthodoxe est très profondément ascétique, et ceux qui n’aiment pas l’ascèse et sont amis de la mollesse et du confort n’ont pas de place en elle ! » (Épiphane, Géronda d’Athènes). Parole un peu sévère, mais bien équilibrée par la suivante : « Ne vous faite pas violence avec orgueil pour pratiquer l’ascèse au-delà de vos forces, car vous en retireriez de l’angoisse. Le Christ est, non pas un tyran, mais un père plein de tendresse, et Il se réjouit du combat que nous menons avec zèle. » « Si nous ne pouvons pas mener une grande ascèse ou si même nous ne pouvons accomplir aucune pratique ascétique, du moins reconnaissons-le humblement et demandons à Dieu de nous faire miséricorde. Si cet humble aveu ne nous aidait pas, le Christ ne nous le demanderait pas » (« Fleurs du Jardin de la Mère de Dieu » du moine athonite Païssios).

Source: sagesse-orthodoxe.fr
 
A propos du dimanche qui précède le début du Grand Carême

Communauté orthodoxe à l'île de la Réunion

Ancient faith

Il s’agit d’une réflexion sur le début du Grand Carême par le P. Thomas Hopko (1939-2015) faite sur la radio ancientfaith.com en mars 2009.
 
 

Le dimanche qui précède le début du grand Carême porte deux thèmes : l’un est l’expulsion d’Adam du Paradis et l’autre thème est celui du pardon.
Sur le plan populaire dans la tradition orthodoxe, ce dimanche est appelé le dimanche du pardon. Et puis, aux vêpres du soir de ce dimanche, vous avez réellement le début de la grande saison du Carême, qui s’accompagne très souvent d’un rituel de pardon où chaque personne dans l’église se rapproche de chaque autre personne, et, s’inclinant lui demande son pardon et reçoit ainsi le pardon de l’autre.
L’expulsion d’Adam du Paradis, les hymnes de ce dimanche d’avant le Carême et le canon aux matines sont une méditation sur l’expulsion d’Adam du Paradis, et dans ces hymnes on s’identifie à Adam et à Eve. Les chants sont très souvent à la première personne : «J’étais avec toi au Paradis, j’ai péché contre toi, j’ai perdu ma beauté originelle, je suis chassé du jardin – qui en grec signifie Paradis – je suis assis ici à l’Est d’Eden, pleurant et déplorant mes péchés.  »
Cette expulsion d’Adam du Paradis est très semblable  – dans son contenu et dans son message –à  la parabole du fils prodigue, pour qui se situer  en dehors du Paradis est comme si on est  dans une porcherie, loin de la maison du père ,  dans un pays lointain, gaspillant ce que l’on a, ayant été insensé, dépensier, pécheur et se trouvant dépourvu et privé de la beauté et de la gloire de Dieu et de la maison du Père.

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Cette expulsion d’Adam est également similaire à la méditation sur le Psaume 137, «A Babylone au bord des eaux», qui est chantée en cette période. Là où l’adorateur s’identifie avec les exilés, qui ne sont plus à Jérusalem, qui sont en exil, qui sont sous le contrôle des puissances mauvaises « babyloniennes », qui pleurent en se souvenant de Jérusalem, comme le fils prodigue se souvient et se lamente de la perte de la maison du père. Eh bien, en ce jour particulier, les croyants et les adorateurs de Dieu déplorent la perte du paradis.
Parmi les hymnes qui sont très nombreux, il y en a de très émouvants, très touchants dans ce qu’ils disent. Juste pour un exemple, lors des vêpres, il est chanté: « O paradis précieux, inégalé dans la beauté, tabernacle construit par Dieu, joie et délice sans fin, gloire des justes, joie des prophètes, demeure des saints, avec le son et le bruissement de tes feuilles dans les arbres du jardin, prie le maître de tous. Et qu’il ouvre pour moi les portes que j’ai fermées par ma transgression ; puisse-t-il me considérer comme digne de participer de nouveau à l’arbre de la vie et à la joie qui était la mienne quand je me suis établi en Toi depuis le commencement ».

Maintenant, bien sûr, nous les êtres humains ne sommes pas Adam et Eve ; nous sommes nés hors du paradis, nous sommes en quelque sorte victimes de leurs péchés et des péchés de leurs enfants devenus nos parents, nos grands-parents et nos ancêtres. Nous sommes des membres de la race humaine, nous sommes l’humanité, mais nous le savons depuis le début – et c’est l’enseignement de l’histoire de la Genèse ; il y en a deux dans la Bible. Adam et Eve depuis le commencement et l’humanité depuis le commencement ; une humanité qui a été créée pour partager la gloire de Dieu, qui a été créée pour être comme les saints Pères le disent des dieux eux-mêmes par la grâce.  A la condition d’aimer Dieu, d’ avoir  foi en Dieu, de montrer l’amour pour Dieu en gardant Ses commandements, en Lui obéissant, en Lui faisant confiance, en n’écoutant pas les pouvoirs maléfiques, en n’écoutant pas la sagesse de ce monde. Car le serpent dans l’histoire représente la sagesse terrestre, qui dans la lettre de Jacques est appelée psychique par opposition à spirituelle et démoniaque. Alors ce serpent est Satan : c’est la sagesse terrestre. C’est un choix propre, c’est sa propre volonté contre celle de Dieu, c’est écouter toutes ces voix qui ne sont pas la voix de Dieu, obéir à toutes ces paroles qui ne sont pas la parole de Dieu, et donc amener la mort sur soi-même.
L’expulsion du Paradis dans l’histoire est faite par Dieu, mais Il n’a pas le choix. Le péché lui-même – et c’est cela ce que signifie l’arbre de la connaissance du bien et du mal-  le péché signifie un acte d’apostasie, de rébellion, de folie – cet acte tue l’humanité. Dans l’histoire, le Seigneur dit : « Au jour où vous en mangerez, vous mourrez sûrement ; même si vous le touchez, vous mourrez sûrement ». Maintenant, certaines personnes disent : Eh bien, Adam et Eve l’ont mangé. Ils ne sont pas morts , mais ils l’ont fait. Ils sont morts à la minute où ils l’ont fait. Oui, ils sont devenus mortels ; ils ont vécu plus longtemps. Il est dit qu’Adam a vécu, je ne sais pas, cent ans et ainsi de suite, mais ils étaient déjà morts. Ils étaient des hommes morts vivants, comme on dit ; ils existaient mais ne vivaient plus, parce que vivre dans l’Écriture signifie louer, glorifier et obéir à Dieu.

Foto d'ici 

Dans la Tradition orthodoxe, les Écritures et la Liturgie, et même dans les écrits de certains des saints – comme l’un des saints récents Silouane du Mont Athos qui est mort en 1938, il a écrit cette longue lamentation d’Adam: Oh, comme je désire le Paradis, comme je désire ma place originelle. Je peux m’en souvenir c’est dans mon esprit mais je ne l’ai pas. Et ici je suis chassé, chassé par mon propre péché, par ma propre rébellion, destiné à mourir.
Et certains des saints comme saint Jean Chrysostome ont dit que c’est une loi, une loi métaphysique ontologique, que si tu pèches, tu meurs ;et pour saint Paul, «le salaire du péché est la mort». Il y a une certaine miséricorde en cela, parce que si nous pouvions simplement pécher, pécher et encore pécher, faire le mal et la méchanceté et croître sans fin, ce serait une éternité, ce serait l’enfer, ce que certaines personnes peuvent choisir, mais le fait de mourir nous donne une chance, nous donne une chance de renaître, nous donne une chance de recommencement.
Et dans cette méditation sur le fait d’être exilé avec Adam, durant ce même service, nous chantons le psaume « Sur les bords des eaux de Babylone. » Ce n’est pas seulement pour nous rappeler notre apostasie, nous souvenir de notre rébellion, nous rappeler que nous ne sommes pas dans la maison du père, que nous ne sommes pas au paradis, que nous ne sommes pas à Jérusalem; quelque chose a terriblement mal tourné et est devenu terriblement mauvais à cause de la rébellion et du péché de l’humanité. Ce n’est pas seulement que nous devons nous en souvenir, mais nous devons aussi nous souvenir que Dieu nous pardonne, que Dieu a pitié de nous, que Dieu savait que l’humanité pécherait, Dieu sait tout. Il n’a pas créé Adam et Eve et les a mis au Paradis et a ensuite dit : « Oh Là !  Regardez, ils ont péché. Que ferons-nous ? »Et qu’ensuite Dieu le Père dise au Fils qui est le Verbe éternel : « Mon Fils, va et fais quelque chose à propos de cette humanité qui a péché. »

Dieu savait que nous pécherions avant de nous avoir faits, et il nous a fait de toute façon. Ainsi ce péché fait partie de son plan providentiel pour notre salut. Nous devons passer par là ; nous devons l’expérimenter. Comme une mystique anglaise nommée Julian de Norwich l’a dit : « Il y a un péché. » Il ne pouvait en être autrement. Parfois, les gens demandent : «Pourquoi Dieu n’a-t-il pas créé un monde dans lequel il n’y aurait pas de péché?» Et il semble que la réponse audacieuse que nous devons faire est parce qu’il n’y a pas de monde, il n’y a pas d’êtres humains qui ne pèchent pas.
Et c’est très important de se rappeler cela parce que c’est ce qui nous permet de nous identifier à Adam dans les hymnes de l’Église. 
Nous ne pouvons pas dire : « Oh, je suis là parce que quelqu’un d’autre a péché ; Je n’aurai jamais agi ainsi ». Ce n’est tout simplement pas vrai ; c’est simplement la vérité que si nous étions nous-mêmes l’humanité originelle, les êtres humains originels, nous aurions aussi péché. Comment savons-nous cela ? Eh bien, les saints nous disent que nous le savons pour une raison très simple. Nous connaissons le Christ et l’Évangile et nous péchons encore. Et saint Siméon le Nouveau Théologien commentant cela a dit : « Notre péché est pire que celui d’Adam. Il était une sorte de créature terrestre primitive, tirée de la poussière, tentée par le diable, essayant d’apprendre à être un humain. Et il a péché dès le commencement, et Dieu savait qu’il le ferait. Mais regardons-nous dit-il ! »
Adam a mangé ce fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, qui symbolise simplement qu’il a péché. Il a existentiellement goûté au péché ; il l’a fait quel que soit la forme de ce « péché » – et nous ne savons pas ce qu’était le péché originel – nous savons que c’était la rébellion, nous savons que ce n’était pas la confiance en Dieu, nous savons que ce n’était pas la foi, nous savons qu’il désobéissait, mais c’est en ce sens un paradigme de tous les péchés. Une chose que nous savons à coup sûr, ce n’était pas un acte sexuel. Ce n’était pas le fait qu’Adam et Ève aient eu des relations sexuelles ou quelque chose dans le genre ; ce n’est absolument pas l’enseignement de l’Eglise. Ils ont reçu le commandement de croître et de se multiplier au paradis. Mais nous n’avons aucune trace de cela, en fait, nous n’avons aucune trace d’une vie qui ne soit pas tombée du tout dans l’histoire de la Genèse et des récits de la Genèse, rien du tout. Nous ne savons rien d’Adam et Ève « vivant avant qu’ils aient péché ». Nous pourrions savoir qu’ils ont été créés pour une vie glorieuse totalement belle avec Dieu au Paradis, et que leur tâche était même de répandre le Paradis dans tout le chaos en dehors de l’Eden.

Certains Pères pensent même que c’est la vocation de l’humanité de montrer la présence et le Paradis de Dieu dans le chaos où ils sont absents. Parce qu’il y avait un Paradis extérieur, et le Paradis dans l’histoire est un petit endroit, et Adam et Ève étaient censés augmenter et multiplier et développer et diviniser la création. Mais ils ne l’ont pas fait. Ils sont tombés, ils se sont rebellés et se sont retrouvés chassés en pleurant. Mais nous savons que si nous étions avec eux, nous aurions fait de même, parce que nous péchons de toute façon. Saint Siméon dit : « Ils ont mangé de cet arbre de la connaissance du bien et du mal, mais nous mangeons du corps et du sang du Christ à la sainte Eucharistie. » Et il ajoute : « Quand le corps et le sang du Christ sont encore dans notre bouche, nous quittons l’église et nous péchons. C’est comme le peuple d’Israël, qui a été conduit hors d’Egypte et nourri par la manne, et tandis que la manne de Dieu était dans leurs bouches, ils ont blasphémé et adoré les idoles et ont fait la méchanceté. Donc, aucun être humain n’échappe au péché ; aucun être humain ne peut blâmer quelqu’un d’autre. Chacun de nous se tient en lui-même. Cependant il est vrai que nous ne sommes pas Adam et Eve et nous sommes déjà, comme il est dit dans les psaumes, «conçus dans les iniquités ; dans le péché, notre mère nous a conçus » ; non pas que l’acte de conception soit un péché, mais que nous sommes nés dans un monde déjà brisé, déjà apostasié, déjà rebelle.

Foto d'ici (Burundi)
 
Si vous ajoutez les autres symboles de la période (du Grand Carême), vous pourriez dire : nous sommes nés à Babylone ; nous ne sommes pas nés à Jérusalem. Nous sommes nés dans la porcherie ; nous ne sommes pas nés dans la maison du père. Nous devons être ramenés à Jérusalem, ramenés à la maison du père, ramenés au paradis. Et nous croyons que c’est ce que Jésus a fait pour nous, et c’est ce que nous célébrons pendant le Carême et la Semaine Sainte et surtout la Sainte Pâques. Nous célébrons le fait que Dieu a envoyé son fils pour être le vrai dernier Adam final qui ne pèche pas. Nous célébrons le fait qu’il nous a cherchés et nous a trouvés : dans le parc à cochons, dans la campagne lointaine, en dehors du paradis. Et il nous pardonne et il nous lave et il nous purifie et il nous rafraîchit et nous renouvelle et nous restaure et nous ressuscite des morts et nous ramène à la maison du père, nous ramène à la Jérusalem céleste, nous ramène à la maison au paradis.
Ainsi, durant le Grand Carême, nous commençons toute cette période en nous souvenant de notre exil, en nous souvenant qui nous sommes et ce que nous sommes et comment nous sommes, maudits, pécheurs, morts par nous-mêmes, en tant que race humaine, en tant qu’ensemble et en tant qu’êtres humains individuels et il n’y a personne qui vit qui ne pèche pas, il n’y a personne qui soit juste; personne sauf le Seigneur Jésus-Christ lui-même. Il est l’homme sans péché qui est devenu de toutes les manières ce que nous sommes. Comme il est dit dans la lettre aux Hébreux, à partir de laquelle toutes les lectures d’épître pendant le Carême seront prises, dans cette lettre aux Hébreux, il est dit : « Il est devenu semblable à ses frères en tout égards, afin que, en devenant comme nous, nous pourrions devenir comme lui. Il a été tenté comme nous le sommes afin d’être avec nous qui sommes tombés en tentation.  »

Donc, le dimanche, la veille même du Grand Carême, ce sont les choses dont nous nous souvenons. C’est ainsi que nous nous identifions, c’est ainsi que nous nous voyons. Mais nous nous voyons non seulement bannis, chassés, expulsés, assis en dehors de l’Eden, en pleurs, mais nous nous voyons aussi comme les objets de la miséricorde infinie de Dieu. Et Lui, sachant cela, a  depuis le commencement, sachant que le Fils de Dieu, l’éternel logos divin et la parole de Dieu, le propre fils de Dieu, l’image de Dieu ne s’accrocherait pas à sa divinité, comme l’a dit saint Paul dans la lettre aux philippiens, mais deviendrait humain, prendrait la forme d’un homme mais pas seulement, il sera  mort, maudit, suspendu à l’arbre de la croix, prenant sur lui toute la condition de l’humanité déchue pour nous rendre divins.
Nous commençons donc la grande saison de Carême en méditant sur ces choses.

Voir aussi

L’héritage de la tradition chrétienne orthodoxe dans l’Afrique d’aujourd’hui

A voice from Africa about pain, sadness, fear, love, hate, Christ, fasting, Adam and Eve (the treasures of the Orthodox Church from Cheesefare Sunday)
"We are embittered, for we have succumbed to the serpent! We are embittered, for we are fettered in chains!"

Τρίτη 2 Ιανουαρίου 2018

L’héritage de la tradition chrétienne orthodoxe dans l’Afrique d’aujourd’hui


In English:
The heritage of the Orthodox Christian tradition in Africa today

La tradition orthodoxe
 
 
 
La fidélité dans la continuité à la foi des Pères de l’Église, sous le sceau des sept premiers Conciles œcuméniques et la fidélité à la saine doctrine de l’Église constituent le véritable fondement de la Tradition orthodoxe. Le principe essentiel de cette continuité réside non seulement dans la succession apostolique de l’épiscopat à travers laquelle chaque Église locale manifeste et maintient son unité organique et son identité avec l’Église une, sainte, catholique et apostolique, mais également dans la pureté de la foi et la catholicité de sa vie, garante de son unité dans le temps et dans l’espace.
Cette fidélité réside également dans la Tradition théologique et spirituelle de l’Église, qui est la manifestation de sa vie dans l’Esprit-Saint, « communiquant à chaque membre du Corps du Christ, la faculté d’entendre, de recevoir, de connaître la Vérité dans la Lumière qui lui est propre, et non selon la lumière naturelle de la raison humaine »[1].  Cette fidélité réside aussi dans le respect de la filiation des Eglises locales. « Dire que telle Église locale tire sa canonicité de l’Église universelle, par exemple, et non d’une autre Église locale, implique le refus de la filiation spirituelle, ce qui est aussi mortel au niveau ecclésial qu’au niveau personnel. Cette filiation est indispensable à la gestation, à l’engendrement comme à la maturation de l’être spirituel ; elle est indispensable à la nouvelle naissance d’en-haut.

Société divine dans l'Église Orthodoxe Rwandaise (d;ici)

La Tradition de l’Église signifie la « transmission » du don du Saint-Esprit ; et cette transmission, comme tout ce qui se passe dans l’Église de la Divinité Tri-personnelle, ne peut être que personnelle, s’effectuer d’une personne à une autre, dans l’unité d’obéissance qui découle de l’amour. La Tradition est la Tradition de nos Pères, ceux qui ont ouvert nos yeux spirituels ».[2]
La Tradition, est aussi, comme le disait Vladimir Loosky, « l’esprit critique de l’Église » c’est-à-dire que loin d’être rivée à un immobilisme stérile, en elle se manifeste, dans la grâce de l’Esprit-Saint, sa fécondité et sa créativité. En elle, « la théologie, dans la ligne patristique, à toute époque n’est pas répétitive » mais témoigne, « dans la fidélité du dépôt apostolique » d’une continuité de l’Écriture, convoquant au cœur des nouveaux enjeux existentiels de la modernité, de ses défis, de ses questionnements, une actualisation du message évangélique, une parole ancienne mais toujours renouvelée à chaque époque et qui résonne au cœur de la modernité par son actualité, en témoignant du jaillissement du cœur de Dieu dans le monde d’un flot intarissable d’amour pour le rachat et le salut de sa créature. L’Église orthodoxe est le don, la manifestation, la croissance, la plénitude de cette nouveauté, dans sa fidélité évangélique, apostolique et patristique et dans sa vitalité créatrice, divinement offerte.
L’Orthodoxie est la vraie foi, embrassant par son universalité la vie de tous les peuples et de toutes les nations dans leurs conditionnements culturels, nationales et ethniques, faisant rayonner par sa catholicité la plénitude de la foi dans le Dieu trinitaire en chaque nation qu’elle ensemence de ses dogmes vivifiants. Elle est une source de vie et de fécondité, par sa fidélité à l’Évangile, à l’enseignement des Apôtres et des saints Pères, par sa confession de la foi juste, et la garde des dogmes salutaires dont les hiérarques, le clergé et le peuple des fidèles, moines ou laïcs assurent à chaque moment de son histoire, le dépôt et la sauvegarde contre les déviations et les hérésies. L’Église [orthodoxe] étant catholique dans toutes ses parties, chacun de ses membres – non seulement le clergé, mais aussi chaque laïque – est appelé à confesser et à défendre la vérité de la tradition, […] »[3]. Elle témoigne « unanimement d’une seule Vérité – de ce qui est gardé toujours, en tout lieu et par tous » (Saint 
Vincent de Lérins).




[1] Vladimir Loosky, La Traditions et les traditions, (texte dactylographié)
[2] Emilie van Taack, La fondation de la Paroisse des Trois Saints Hiérarques : les fondements théologiques et spirituels du retour à l’Icône. 1925-1945, in L’Iconographie de l’Église des Trois Saints Hiérarques, page 28, Éditions du Patriarcat de Moscou, Diocèse de Chersonèse, Paris 2001.
[3] En vue de la sauvegarde de la vérité, le peuple des fidèles peut « s’opposer même aux évêques s’ils tombent dans l’hérésie » Vladimir Lossky, Essai sur la théologie mystique de l’Église d’Orient, Introduction, page 14, Les Éditions du Cerf, 1990


L’héritage de la tradition chrétienne orthodoxe dans l’Afrique d’aujourd’hui
 
 
L’Eglise orthodoxe au Togo
 
L’Église orthodoxe, dans sa fidélité à la Tradition de l’Église indivise des premiers siècles, est présente localement en différents lieux et est établie sur le principe d’une communion entre elles et dans l’unique Corps du Christ, des Églises locales qui englobent, chacune, en leur sein plusieurs nations-ethnies[1].
Cet héritage qui s’offre aujourd’hui à l’Afrique et qui est reçu dans un engagement de foi par les peuples de ce continent, est moins un héritage doctrinal qu’un mode de vie, d’une actualité toujours novatrice et créatrice, enracinée dans le terreau de la Tradition conciliaire des premiers siècles de l’Église. L’offrande aux hommes de tous peuples, langues et cultures par l’Orthodoxie, d’une plénitude de vie, reflet de la vie divine et trinitaire, transparaît dans sa liturgie, dans ses rites, ses offices, dans la Parole de l’Évangile toujours continuée dans les écrits des Pères de l’Église, ceux des premiers siècles et ceux que l’Esprit-Saint, dans les périodes les plus actuelles de l’histoire, suscite comme des luminaires porteurs de son Souffle au cœur du monde. 

En considération de cette fidélité créatrice dont elle a toujours témoigné, l’Église orthodoxe par sa spiritualité, son sens du mystère de la divino-humanité, étranger à l’esprit de la rationalité scolastique, et son dynamisme propre, suscite à chaque époque un renouvellement du cœur et du visage des peuples, et tente à la lumière de l’Évangile, d’actualiser le message du Christ au cœur de l’histoire, d’apporter une réponse appropriée aux besoins du monde à chaque étape de son cheminement historique. Un tel renouvellement nécessite de la part des peuples qui accueillent la tradition de foi orthodoxe, « un effort pour être de dignes héritiers du témoignage de l’époque apostolique, […]. Ce renouvellement signifie le renouveau de la vie du Christ en nous. Il nous faudrait arriver à vivre avec le même sentiment de la présence du Christ que les premiers chrétiens. Le Christ nous dit comme à eux : Je suis avec vous pour toujours » (Mt 28, 20).[2]

La tribu Kikuyu a proclamé le métropolite de Nairobi comme son «aîné» (ici)

L’offrande du cœur des enfants d’une nation, dans la foi, la fidélité, les prières d’action de grâces au Dieu glorifié dans la Trinité, suscite en retour une surabondance de bénédictions et de grâces qui affine, dans la lumière, le visage d’une nation. Car Dieu est le « défenseur de ceux qui espèrent en lui […], qui sauve le peuple qui s’humilie, mais humilie les yeux des orgueilleux » (Ps 17, 31, 28). Le Roi David proclame « Bienheureuse la nation qui a pour Dieu le Seigneur, le peuple qu’il s’est choisi en héritage (Ps 32, 12).
La nation est un creuset de fructification des arrhes de l’Esprit que l’Église du Christ, présente au sein de chaque peuple doit porter à maturation dans les âmes de ses enfants. Car « L’Église est l’avènement de l’humain »[3]. C’est en elle que se révèle la beauté lumineuse du visage des hommes et des femmes, beauté qui n’est autre que le resplendissement de l’âme qui communie en Jésus-Christ à la Source de toute beauté dans la création. Si l’Église, en tant que communauté eucharistique, est le lieu où sont administrés par les sacrements, les remèdes salutaires de la guérison de l’homme séparé de Dieu, la nation, en sa qualité de communauté ethnique et linguistique est le creuset dans lequel doivent s’épanouir les valeurs d’union, de communion dans l’amour, de fraternité, de solidarité de ses membres, car elle est appelée en tant qu’icône préfigurative de l’Église, à une vie de vérité, de justice et d’équité.



[1] Canon 57 du Concile de Carthage de l’an 419. Une Église qui s’étend  » d’un bout à l’autre de l’univers  » (expression dans l’offrande de la sainte Eucharistie ; divine liturgie de St Basile le Grand de Césarée).
[2] M.-A. Costa de Beauregard, Dumitru Staniloae « Ose comprendre que je t’aime », page 37, Coll. Témoins spirituels d’aujourd’hui, Éditions du Cerf, 1983.
[3] Marc-Antoine Costa de Beauregard, Dumitru Staniloae « Ose comprendre que Je t’aime », page 14, Coll. Témoins spirituels d’aujourd’hui, Les Éditions du Cerf, Paris 1983.

Voir aussi
 

Historique de l’accueil de la tradition de l’Église orthodoxe dans les pays d’Afrique subsaharienne au début du XXe siècle    
Patriarcat grec Orthodoxe d’Alexandrie et de toute l’Afrique