Εμφάνιση αναρτήσεων με ετικέτα Jesus Prayer. Εμφάνιση όλων των αναρτήσεων
Εμφάνιση αναρτήσεων με ετικέτα Jesus Prayer. Εμφάνιση όλων των αναρτήσεων

Σάββατο 13 Αυγούστου 2016

La Prière de Jésus - Prière du coeur ou encore la prière d'une pensée unique.


 
Les photos du site web de Métropolis Cameroun
Fr.Orthodoxwiki


















La Prière de Jésus est aussi parfois appelée Prière du coeur ou encore la prière d'une pensée unique. Si la forme et les mots exacts de cette prière peuvent varier, cette prière est toujours simple et courte, afin qu'elle puisse être répétée en permanence, sans distraction de l'esprit.

Cette prière a une importance particulièrment dans l'Orthodoxie. Elle été largement utilisée, enseignée et commentée tout au long de l'histoire de la chrétienté orientale. En sa simplicité, elle forme la clef de voûte de la pratique spirituelle et mystique de l'Église d'Orient, dont la finalité est l'union à Dieu, ou selon la terminologie palamite la parcipation aux énergies incréées de Dieu.

La Prière de Jésus

Si les mots de cette prière peuvent varier, une forme simple en constitue le plus souvent l'armature :
  • en grec Kyrie Eleison
  • selon une ancienne traduction qui demeure la plus connue en France : « Seigneur, aie pitié »
  • ou comme préfère désormais traduire l'Église orthodoxe : « Seigneur, fais-nous miséricorde »
Une forme élargie porte le nom habituel de Prière de Jésus :
« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, fais-moi miséricorde. »
Cette prière est la forme la plus usitée sur le Mont Athos (haut lieu du monachisme orthodoxe) et dans la pratique de vie spirituelle connue sous le nom d'hésychasme.
Sa préférence vient de plusieurs points :
  • elle est trinitaire : Jésus y est dit Fils de Dieu (c'est-à-dire comme étant la deuxième personne de la Sainte Trinité) et comme étant le Christ, c'est-à-dire oint de l'Esprit Saint.
  • elle permet de concentrer son esprit sur le Nom de Jésus, au son duquel St Paul dit que tout genou fléchit au Ciel et sur la Terre.
  • elle est la prière du Publicain, donnée en exemple par Jésus-Christ dans la parabole dite du Pharisien et du Publicain. Dans cette parabole, le Christ montre en effet la bonne façon de prier. Le pharisien par sa longue prière, de son côté prie mal, en se félicitant devant Dieu de n'être pas un pécheur comme le publicain ; tandis que le publicain n'ose pas lever les yeux vers Dieu, plein d'humilité, il se contente de dire, avec justesse, cette seule phrase : « Seigneur, fais-moi miséricorde (ou encore "aïe pitié de moi"), pécheur ». Le Christ conclue cette parabole en disant que le publicain rentre chez lui justifié et non pas le pharisien. (Luc 18:10-14). 
 

D'autres exemples de prière courte sont citées dans les Evangiles, comme lorsque Pierre crie, au moment où il s'enfance dans les eaux : « Seigneur, sauve-moi. » Dans tous les cas, il s'agit d'une prière simple, qui peut nous accompagner dans toutes nos activités et ainsi être prononcée intérieurement en permanence, sans interruption, afin de répondre à l'exhortation de St Paul de « prier sans cesse » (I Thessaloniciens 5:17). Cette prière devient perpétuelle, selon le témoignage des moines, si bien que même la nuit, selon une expression du Cantique des cantiques que les moines orthodoxes prennent comme devise : « Mon corps dort mais mon cœur veille ». Les moines ont souvent à cette fin de longues sessions de prière où ils s'exercent à cette seule prière dans le cadre de leur discipline, souvent à l'aide d'un chapelet en laine ou en corde et sous la direction d'un aîné (un "ancien"), parfois appelé « starets ».
La simplicité de cette prière a par ailleurs l'avantage d'éviter la distraction et de simplifier l'esprit afin de le concentrer sur la présence de Dieu. En ce sens la prière de Jésus est parfois décrite non comme une finalité, mais comme un chemin vers la prière pure, sans parole, dans le cœur à cœur avec Dieu. En ce sens, il est possible de distinguer la prière de Jésus et la prière du Coeur, même si ces deux sont souvent prises comme synonyme, en ce que la première serait une voie menant à la seconde, qui serait son accomplissement.
La prière de Jésus peut être accompagnée de prosternations (métanies) et de signes de croix. Elle est utilisée comme un moyen pour trouver la contrition et d'inscrire profondément l'humilité dans le cœur le plus intérieur de l'individu. L'un des fruits de cette prière doit être, selon une parole biblique, de transformer notre « cœur de pierre », en un « cœur de chair » sensible et ouvert à la grâce de l'amour divin.
À la fin de la prière sont parfois ajoutés le mot « pécheur » ou encore « le pécheur » comme s'il n'existait pas d'autre pécheur que l'orant.
Elle est, pour les orthodoxes, l'une des plus profondes et mystiques des prières et sa répétition incessante est souvent pratiquée même par les laïcs comme pratique ascétique personnelle. En effet, la spiritualité orthodoxe insiste sur l'appel de tout homme, laïc comme consacré, à la sanctification et l'union à Dieu. C'est ainsi qu'une des théologiens les plus important du Christianisme orthodoxe, St Grégoire Palamas (photo) affirmait :
"Qu'on n'aille pas penser, frères chrétiens, que seuls les prêtres et les moines ont le devoir de prier continuellement, et non les laïcs. Non, non. Tous les chrétiens ont en commun le devoir de se trouver toujours en prière."
Il y a eu aussi un certain nombre textes catholiques sur ce sujet, mais son utilisation n'a jamais atteint le même degré de dévotion que dans l'Église d'Orient. Une version plus élaborée connue de certains catholiques romains sous le même nom est : « O mon Jésus, pardonne-nous nos péchés, sauve-nous du feu de l'Enfer, et conduit toutes les âmes au Ciel, en particulier ceux qui ont le plus besoin de Votre miséricorde. »

Voir aussi

Hésychasme — la paix de l'âme ou le silence en Dieu

African Saints (tag)   Poverty, animism, bandits & Panayiotis, a boy who «ceased coming to church»
 
Bilbiographie
  • Briantchaninov, Ignace (Saint), Approches de la prière de Jésus, éd. Bellefontaine, 1983.
  • Coutu, Lucien, La méditation hésychaste : à la découverte d'une grande tradition de l'Orient, éd. Fides, 1996.
  • l'Higoumène Chariton, L'art de la prière : Anthologie de textes spirituels sur la prière du cœur. Bellefontaine, 1976. Présentation par l'Archimandrite Kallistos Ware. Réflexions et conseils pour approfondir la pratique de la prière du cœur, et ainsi toute la vie spirituelle, tirés notamment des écrits de Saint Théophane le Reclus (1815-1894) et Saint Ignace Briantchaninov (1807-1867).
  • Récits d'un pélerin russe, Anonyme, trad. de Jean Laloy, éd Seuil (Points/Sagesses, 14), 1978.
  • Un Moine de l'Église d'Orient (P. Lev Gillet), La prière de Jésus, éd. Chevetogne/Seuil (Livre de Vie, 122), 1974.
  • Serr, Jacques, et Clément, Olivier, La prière du cœur, éd. Bellefontaine, 1977.
  • Sophrony (Archimandrite), Starets Silouane : Moine du Mont-Athos. Vie - Doctrine - Écrits, éd. Présence, 1973.
  • Vlachos, Archimandrite Hiérothée, Entretiens avec un ermite de la sainte Montagne sur la prière du cœur, éd. Seuil, 1988.
 
Cet article fait partie de la série
Spiritualité Orthodoxe


Saints Mystères
Baptême - Chrismation Eucharistie - Confession Mariage - Ordination Sainte Onction
Trois étapes
Catharsis/Purification Theoria/Illumination Théosis/Divinisation
Hésychasme
Nepsis - Metanoia Hesychia - Phronema Mysticisme - Nous
Ascéticisme
La Chasteté - L'Obéissance
La Stabilité - Le Jeûne
La Pauvreté - Le Monachisme
Vertus
Humilité - Générosité Chasteté - Douceur Tempérance - Contentement Diligence
Prière
Culte - Vénération Règle de Prière - Prière de Jésus Reliques - Signe de la Croix
Pères de l'Eglise
Pères Apostoliques Pères du désert Cappadociens La Philocalie des Pères neptiques L'échelle sainte

Modifier ce sommaire

 

Παρασκευή 12 Αυγούστου 2016

Hésychasme — la paix de l'âme ou le silence en Dieu

« Acquiers la paix intérieure, et des âmes par milliers trouveront le salut auprès de toi. » Saint Séraphim de Sarov.
Saint Séraphim de Sarov
Fr. Orthodoxwiki
 
L'hésychasme (prononcé hésykaste, du grec ησυχασμός/hesychasmos de ησυχία/hesychia, "l'immobilité, le repos, calme, le silence") est une pratique spirituelle mystique enracinée dans la tradition de l'Église orthodoxe, pratiquée (en grec ησυχάζω/hesychamo, ce qui signifie : "être en paix, garder le silence") par l'hésychaste. Comme son nom l'indique, elle vise la paix de l'âme ou le silence en Dieu. Cette tradition trouve son expression dans la Philocalie des Pères Neptiques, recueil de traités et de conseils concernant la vie spirituelle et la pratique de la prière.
La recherche de l'hésychia peut être comprise en plusieurs sens : comme une recherche de ses conditions extérieurs ou de l'état intérieur lui correspondant. Le premier, le plus littéral, signifie "fuir les hommes" (selon la Parole donnée à Arsène, lorsqu'il demande les conditions du salut : "fuis les hommes, demeure en silence, tiens-toi en repos"<ref: En ce temps-là, Abba Arsène habite encore dans le palais du roi. Il fait cette prière à Dieu : "Seigneur, conduis-moi sur le chemin où je serai sauvé". Une voix lui répond : "Arsène, fuis loin des hommes et tu seras sauvé". Arsène part loin des hommes. Il vit seul. Il recommence la même prière : "Seigneur, conduis-moi sur le chemin où je serai sauvé". Il entend une voix. Elle dit : "Arsène, fuis, tais-toi, demeure en repos. Voilà les racines d'une vie sans péché".)>, s’éloigner des tentations mondaines : c’est la voie des moines, lieu par excellence de l'épanouissement de la spiritualité hésychaste.
Cependant l’hésychasme n’est pas une spiritualité réservée aux moines : les grands théologiens de l’hésychasme, comme le moine Grégoire Palamas, ont toujours insisté sur l’obligation commune aux laïcs et aux moines de prier sans cesse. La vocation de l’homme, sa divinisation, est unique et universelle, c'est-à-dire qu'elle est la même pour tous les êtres humains, quelque soit notre état. La fuite du monde dans un lieu de repos n’est donc pas la fin de la voie hésychaste, elle n’en est que le moyen. Si la fuite du monde est un moyen privilégié, il faut se garder de confondre ce qui n’est qu’un moyen avec la fin véritable de l'hésychasme : le repos de l’âme en Dieu, l’acquisition de la Paix du Christ. « Je vous donne la paix, je vous donne ma paix, non pas comme le monde la donne. » Cette paix s'acquiert par la douce présence du Saint Esprit dans notre cœur, préparé à une si grande visite par la vigilance intérieure de l'âme envers ses pensées (la nepsis).

Histoire de l'hésychasme

Une spiritualité monastique

L’enracinement monastique de la spiritualité chrétienne peut sembler paradoxale, quand l’on sait que les premières communautés chrétienne ignorait le monachisme (alors que ce mode de vie n’était pas inconnu de la culture juive de l’époque). Le désert était considéré comme le lieu du diable, dont Dieu fit sortir Israël. Si les prophètes s’y aventuraient, c’était pour l’affronter, faire reculer son territoire. Le désert qu’affrontaient les chrétiens des premiers siècles, c’était l’hostilité de ce monde. Quand le christianisme, au IVe siècle, est accepté et même honoré par le monde, les anachorètes devinrent plus nombreux [Le premier était dans le désert égyptien]. Ceux-ci continuaient la traversée du désert commencée dès les premiers siècles, contre le risque de l'assoupissement de l'église dans le monde soudain accueillant. L'Église adopta la spiritualité des moines, qui en devinrent l'avant-garde spirituelle.

Antoine le Grand

Prototype de ceux qui partirent au désert pour y affronter le démon, et sortirent de ce combat illuminé d'une grande paix intérieure et d'une capacité de discernement qui attirèrent autour de lui les âmes en quête du salut. 

Photo d'ici

Évagre le pontique

Évagre (346-399) fut formé auprès des Cappadociens, st Basile de Césarée et St Grégoire le Théologien.

Macaire
Saint Diadoque de Photicé
Grégoire de Nysse
St Maxime le Confesseur
St Grégoire Palamas

Grégoire Palamas

L’objectif le plus élevé de la voie hésychaste est la connaissance par expérience de Dieu. Au Modèle:S-, la possibilité de cette expérience de Dieu a été contestée par un moine calabrais, Barlaam, qui bien que membre de l'Église orthodoxe, était fortement influencé par la théologie scolastique occidentale. Barlaam affirmait que notre connaissance de Dieu ne pouvait être que propositionnelle. La pratique de l’hésychasme a été défendu par Saint Grégoire Palamas, dont le nom est fêté le deuxième dimanche du Grand Carême orthodoxe. Il est considéré comme le principal représentant de la tradition hésychaste.
Barlaam le Calabrais évoquant certaines pratiques « psychophysiques » s'était moqué des hésychastes[1], en les traitant d'« omphalopsyques » (dont l'âme est dans le nombril), les accusant de prétendre voir Dieu en contemplant leur nombril [2].

Païssy Vélichkovsky 

La tradition hésychaste dans l’Église d’Occident

Si Saint Jean Cassien n'est pas représenté dans la Philocalie à l'exception de deux brefs extraits, cela est probablement dû au fait qu'il écrivait en latin. Cependant, ses œuvres (Les institutions cénobitiques et les Conférences) sont la transmission des doctrines ascétiques des moines d'Égypte, et en particulier d'Évagre à l'Occident. Ces ouvrages ont constitué la base d'une grande partie de la spiritualité de l'Ordre de saint Benoît et des ordres qui en ont dérivé. Ainsi, la tradition de saint Jean Cassien en Occident concernant la pratique spirituelle de l'ermite peut être considérée comme une tradition parallèle et puisant ses origines dans la même source que celle de hésychasme pour l'Église orthodoxe.
Saint Jean Cassien
Par ailleurs, la théologie catholique enseigne, suivant Thomas d'Aquin, que la grâce divine est toujours créée et que l'essence divine est acte pur, ce qui a pour conséquence d'unir les deux phénomènes en un seul[3]. Ainsi, la distinction entre "essence" et "énergie" en Dieu, exprimée par le saint orthodoxe Grégoire Palamas (dans sa Défense des hésychastes) n'a jamais été reconnue par l'Église catholique. Cette distinction permet de rendre compte, selon l'enseignement de l'Église orthodoxe, de la possibilité pour l'homme de participer aux énergies de Dieu, sans jamais prétendre accéder à son essence, au-delà de toute chose et inconnaissable.
Cependant, et indépendamment de cette distinction - certes essentielle dans la compréhension de l'Église orthodoxe - la spiritualité hésychaste, du fait de sa richesse et de son ampleur, s'est fait connaître en dehors des frontières de l'Église orthodoxe. Elle a pu être appréciée par des spirituels catholiques, particulièrement si l'on en donne une définition élargie comme la « recherche de la paix en Dieu ». C'est ainsi qu'un livre écrit par un frère Carme la comprend comme « voie de la tranquillité ». En ce sens, peut-il écrire sur son universalité :
Aussi, très pédagogiquement, le Christ dit à Arsène : « Reste tranquille ! », ce qui en grec se dit « hésuchasé ! » Cette pratique est à l'origine de l'hésychasme, courant monastique de solitude qui, en réalité se confond avec les origines mêmes du monachisme oriental. Ce fondement se retrouve dans toute vie et recherche authentique de Dieu, en Orient comme en Occident. Il ne peut y avoir de vie monastique, de vie de solitude ou de vie de relation authentique à Dieu sans cette ascèse de la disponibilité à son œuvre créatrice en nous, sans rester tranquille sous sa main puissante.[4]

L'anthropologie hésychaste

Il s'agit, par un certain mode de vie, de rétablir l'homme tel que Dieu l'a créé avant sa chute, à son image et à sa ressemblance (Genèse, 1:26). Il faut ajouter que, selon la voie hésychaste, l'homme peut non seulement rétablir en lui l'image de Dieu, mais devenir comme « participant de la nature divine » (2 Pierre, 1:4). Selon l'Église orthodoxe, en effet, l'Incarnation de Dieu dans le Christ avait comme finalité de permettre à la nature humaine d'être déifiée. La voie hésychaste n'est pas autre chose que la voie de cette déification, voie d'union à Dieu. Cependant, cette union est une union d'amour. Il s'agit d'une voie d'humilité, où l'on demande à Dieu de venir habiter dans notre corps ("temple du Saint Esprit" selon Saint Paul, 1 corinthiens 6:19). Il ne saurait s'agir d'une technique ou d'une méthode permettant d'accéder à la divinité par ses propres forces. Il s'agit au contraire d'apprendre à s'ouvrir la divinité, afin que ce ne soit plus notre volonté propre qui travaille en nous, mais la volonté de Dieu.

La théologie hésychaste

La théologie hésychaste est inséparable d'une ascèse, c'est-à-dire d'une pratique. Devenir réellement théologien, ce n'est pas lire des livres, c'est éprouver la vérité de la théologie dans l'expérience de la prière. C'est ce qu'affirma Évagre : "si tu es théologie, tu prieras vraiment, et si tu pries vraiment, tu es théologien." (Évagre, Chapitres sur la prière, n°61, trad. J. Touraille, in Philocalie des Père Neptiques, tome A1, p.103) La théologie n'est donc pas affaire de spécialistes, d'universitaires, mais l'affaire de tous chrétiens, dont le sens de l'existence est la connaissance de Dieu, une connaissance non pas livresque, mais intime, intérieure, dans le cœur.

La Prière hésychaste

La prière de Jésus et la prière du Cœur

Voir l'article : Prière de Jésus

Une forme de prière spécifique caractérise l'oraison hésychaste : cette forme consiste en l'invocation répétée du nom de Jésus au rythme de la respiration. Cette forme est appelée "prière de Jésus" car il s'agit de faire « descendre Jésus » dans le cœur, réceptacle du Saint-Esprit. Cette forme est privilégiée, car elle permet de rester en prière en permanence, tout le long du jour, au milieu des occupations du monde. Elle permet à la fois une présence continuelle à la prière et le souvenir perpétuel de Dieu. Cependant l'hésychasme ne peut être réduit à une méthode de prière. Il faut par ailleurs remarquer que la prière vocale n'est que la prémisse de la prière véritable, celle de l'union à Dieu, au-delà de toute parole. C'est cette dernière prière que l'orthodoxie nomme prière du cœur.
La prière de Jésus a été rapproché, par plusieurs historiens des religions, de certaines pratiques du souffle orientales[5] comme le mantra hindou ou le Zhikr soufi. Nous parlons plus longuement, plus bas dans cet article, du rapprochement de l'hésychasme à ces prières orientales.
La prière hésychaste est une tradition chrétienne de prière où la participation du corps est importante.

L’attention intérieure comme ascèse de l’esprit

La pratique hésychaste consiste à acquérir la paix et le silence intérieurs et à s'isoler de l'affection des sens physiques. Les hésychastes interprètent l'injonction du Christ dans l'Évangile de Matthieu : « Allez dans votre réduit pour prier », pour signifier qu'il est nécessaire s'isoler des sens extérieur et de se tourner vers l'intérieur. Saint Jean du Sinaï, écrit : «Le vrai solitaire s'efforce de tenir renfermée et comme en prison dans son propre corps la substance incorporelle de son âme — suprême paradoxe." (L'Echelle sainte, degré 27.7) Puis, il décrit ainsi la pratique hésychaste :
Ayez soin de vous tenir sur la partie la plus élevée de vous-même pour voir comment, quand, et d'où viennent les voleurs qui désirent ravager la vigne spirituelle de votre âme, et pour connaître combien ils sont nombreux.
Une âme fatiguée des exercices de piété saura bien se rétablir et vaquer à la prière, et puis après reprendre ses exercices spirituels avec une ardeur toute nouvelle. (L'Echelle sainte degré 27.23-24)
Ce passage montre l'importe, pour Saint Jean Climaque et à sa suite, pour l'hésychasme, d'une ascèse spirituelle, d'une vigilance (en grec, nepsis) permanente à l'égard de nos pensées (les mauvaises pensées, s'introduisant dans notre esprit étant les «voleurs»). La plupart des textes de la Philocalie traitent de cette vigilance et de l'analyse de ces pensées dont il faut apprendre à distinguer l'origine. Cette analyse « psychologique » (dans le sens d'une science de l'âme) doit beaucoup à la description par Évagre le Pontique, dans ses œuvres, des huit passions fondamentales.

La Prière de Jésus

Dans la solitude et retiré du monde, l’hésychaste répète la prière de Jésus: "Seigneur Jésus-Christ, fils de Dieu, fais-moi miséricorde, à moi pécheur." Il est important de signaler que jamais l'hésychaste ne traite la prière de Jésus comme une formule magique, une chaîne de syllabes dont la signification serait secondaire ou peu importante. L’hésychaste doit s'efforcer de réciter la prière de Jésus en portant la plus grande attention à son sens, l'animant d'une intention réelle.
La tradition hésychaste insiste sur l'importance de la vigilance et de l’attention. L’hésychaste doit s’efforcer à une extrême attention à la fois à la conscience de son monde intérieur et à l'expression de la prière de Jésus, sans laisser son esprit vagabonder. Tout en maintenant sa pratique de la Prière de Jésus, qui devient comme naturelle et perpétuelle, récitée vingt-quatre heures par jour, l’hésychaste doit cultiver l'ascèse intérieure qu'est la sobre vigilance (nepsis) à l'égard de ses pensées.
L’hésychaste doit attacher le désir, l’aspiration (Eros) à pratique de la sobriété de façon à surmonter la tentation de l’acédie (paresse). Il se doit également d'user d’une colère extrêmement dirigée et contrôlée contre les pensées de tentation. L’importance de l'humilité est fortement soulignée dans la pratique de la prière de Jésus, de grandes mises en garde sont données dans les textes au sujet du désastre que représenterait pour l’hésychaste d’agir dans l'orgueil, l'arrogance ou la prétention.

La garde du Cœur

L’hésychaste s'efforce, selon le conseil des Pères, de faire descendre son esprit (ou intelligence, en grec noûs) dans son cœur. Si cette descente de l'esprit dans le cœur a pu être comprise d'une façon littérale et non métaphorique, comme se rapportant au cœur physique, ce qui est véritablement recherché, c'est le « lieu du cœur » comme lieu le plus intérieur de la personne, où s'unifie le corps et l'esprit. L'objectif, à ce stade, est de continuer la pratique de la prière de Jésus avec l'esprit dans le cœur, en ayant une pratique libre d'images et d'affections extérieures (voir Pros Theodoulon). Ce qui signifie que par l'exercice de la sobriété (l'ascèse mentale contre les pensées de tentation), l’hésychaste arrive à une pratique incessante, continuelle, de la prière de Jésus avec son esprit et dans son cœur, où sa conscience n'est plus occupée par l’apparition spontanée d’images : son esprit a une certaine immobilité et comme vide, ponctué seulement par la répétition incessante de la prière de Jésus.
Cette étape est appelée la garde du cœur. Il s'agit d'un stade très avancé de la pratique ascétique et spirituelle, et tenter d'y accéder prématurément, surtout avec des techniques psychophysiques, peut provoquer de très graves dangers spirituels et émotionnels. Saint Théophane le Reclus a déjà fait remarquer que la respiration et les postures corporelles techniques ont été pratiquement interdit dans sa jeunesse, puisque au lieu d'avoir l'Esprit de Dieu, les gens n'ont réussi seulement qu'« à ruiner leurs poumons ».

L'expérience de Dieu

La garde de l'âme est l'objectif concret de l’hésychaste. Elle est un effort permanent jusqu’aux derniers instants. C’est dans la garde de l'esprit qu'il est porté à la contemplation par la grâce de Dieu.
Les hésychastes expérimentent généralement la contemplation de Dieu comme lumière (la "Lumière incréée" dont parle en particulier saint Grégoire Palamas). Quand l'hésychaste, par la miséricorde de Dieu, vit une telle expérience, il n'y demeure pas pendant une durée très longue (sauf de rares exceptions, comme par exemple dans la Vie de saint Savas le Fou en Christ, écrite par saint Philotheos Kokkinos au Modèle:S-), mais il retourne dans l'état où il doit continuer d'exercer la garde du cœur.
La tradition orthodoxe met en garde contre toute recherche de l'extase comme fin en soi. L’hésychasme est une tradition complexe de pratiques ascétique ancrées dans la doctrine et la pratique de l'Église orthodoxe et destinés à purifier les membres de l'Église orthodoxe et à les préparer à rencontrer Dieu quand, et si Dieu le veut, et par la grâce de Dieu. Le but est d'acquérir, par le biais de la purification et de la Grâce, l' Esprit Saint et le salut. Tous états extatiques ou autres phénomènes inhabituels qui peuvent se produire dans le courant de la pratique hésychaste sont à l’égard de cette fin considérés comme secondaires et sans importance, voire dangereux. Bien plus, la recherche d'expériences « spirituelles » inhabituelles peut en elle-même causer beaucoup de tort, au détriment de l'âme et de l'esprit du chercheur. Une telle recherche d'expériences « spirituelles » peut conduire à l'illusion spirituelle (en russe prelest, en grec plans), - l'antonyme de la sobriété - dans laquelle une personne se croit déjà sainte, a des hallucinations et « voit » des Anges, le Christ, etc. Cet état d'illusion spirituelle est, d’une manière superficielle et égoïste, agréable, mais peut conduire à la folie et au suicide, et, d'après les pères hésychastes, rend impossible le salut véritable.
Le mont Athos est le centre spirituel de la pratique de l’hésychasme. Saint Païssy Velitchkovsky et ses disciples répandirent l’hésychasme en Russie et en Roumanie, même si la pratque de la prière de Jésus était déjà connu en Russie, comme l’atteste la pratique autonome de saint Séraphin de Sarov.

La méthode hésychaste et les pratiques de méditation orientales

Si la pratique hésychaste peut être comparée - en raison de l'attention accordée aux postures du corps, au rythme de la respiration, à l'invocation perpétuelle - à la prière ou la méditation mystique des religions orientales (bouddhisme, hindouisme, jaïnisme , et en particulier avec le yoga) ou le soufisme ; cette ressemblance doit cependant être nuancée, d'autant plus qu'elle est généralement rejetée par ceux qui s’inscrivent dans la tradition mystique et orthodoxe de l’hésychasme. En effet, les postures corporelles et la maîtrise de la respiration sont considérées toutes deux comme secondaires par les héritiers modernes de la tradition hésychaste au mont Athos (cf. Starets Éphraim de Katounakia, p.114 (édition grecque)) et par les plus anciens textes de la Philocalie (par exemple Sur les Deux méthodes de Prière de saint Grégoire du Sinaï), insistant sur le rôle primordial de la Grâce de Dieu qui précède et amène à leur plein accomplissement nos efforts. En aucun cas, l'hésychasme ne saurait être considéré comme une « méthode » permettant d'arriver à la déification par nos propres moyens.
La pratique hésychaste, telle qu'elle est enracinée dans la tradition orthodoxe, est par ailleurs pleinement intégrée à la vie liturgique et sacramentelle de l'Église orthodoxe, comme le cycle quotidien de la prière de l'Office divin et de la Divine Liturgie. Si l’hésychaste limite ses activités extérieures afin de préserver sa prière, les prières liturgiques ne sont pas considérées comme des activités extérieures, mais au contraire comme un soutien à la prière intérieure. Il est ainsi toujours supposé, dans les textes hésychastes, que celui-ci est un membre de l'Église orthodoxe, et qu'il en respecte les prescriptions.


Références
 
  • Voir par exemple Curiosités théologiques par un bibliophile, Paris, Garnier, s. d., p. 116-117.
  • Marie-Hélène Congourdeau, dans J.-M. Mayeur et al. (dir.), Histoire du christianisme, Desclée-Fayard, t. 6, 1990, p. 560.
  • CATHOLIC ENCYCLOPEDIA: Hesychasm
  • L'Hésychia, Chemin de la tranquillité surnaturelle et de la fécondité ecclésiale, par Un frère Carme, Éditions du Carmel, Toulouse, 2008 
  • Encyclopædia Universalis, art. Hésychasme
  •  
    Bibliographie
    • La spiritualité orthodoxe et la Philocalie, Père Placide Deseille, Bayard éditions, L'aventure intérieure, Paris, 1997.
    • St Grégoire Palamas et la mystique orthodoxe, Jean Meyendorff, Seuil, Maîtres sprituels, Paris, 1994.
    • La Philocalie des Pères Neptiques, trad. Touraille
    • L'échelle sainte, Saint Jean Climaque
    • L'art de la prière, Higoumène Chariton
    • L'Hésychia, chemin de la tranquillité surnaturelle et de la fécondité ecclésiale, par un frère carme, Éditions du Carmel, Toulouse, 2008.
    Voir aussi

    Σάββατο 30 Ιουλίου 2016

    The Jesus Prayer: A Blood-bond


    Photo from here

    "...At the end of the Divine Liturgy, happy to see him again, we asked Panayiotis where he had been for such a long time. ‘I went to the east of the island to find work’, he replied. (...). At that point he removed from his pocket a 200 knot komboskoini that was in shreds. ‘I say the Jesus prayer every day – and I pray for your too’, he said. ‘My komboskoini is in a very bad condition because I use it every day. I need a new one now’..." (From the post Serving the people in Madagascar - Poverty, animism, bandits & Panayiotis, a boy who «ceased coming to church»...)
    I just started reading “On the Prayer of Jesus” by St. Ignatius Brianchaninov.  I got hooked on the work of this 19th century bishop after reading “The Arena” during Great Lent.  Aside from his wise instruction to monastics which are applicable to us in the regular world, Brianchaninov frequently referred back to several African fathers including Macarius, Moses the Black, and Pachomius.  His work was an influence on Fr. Seraphim Rose, whom I greatly admire.  Even as an inquirer into Orthodoxy, I made it a point to avoid the Jesus Prayer (Lord Jesus Christ, Son of God, have mercy on me, a sinner) as it seemed to be a cliché among people interested in the Church.  Since I began making the prayer a part of my personal rule, I do feel myself growing spiritually and have been able to set aside distracting thoughts more quickly. I figure if I am going to use the prayer, I need to get some wise instruction on it.

    St. Ignatius Brianchaninov

    No sooner than I hit the second chapter of the book than this Russian schooled me on a spiritual history that African American Christians have not been exposed to and need to know.  A Roman soldier who was a native of Carthage, Neokorus served in Jerusalem during the same time as the passion and resurrection of Christ.  After hearing the Gospel, he was baptized and shared his faith with is family.  Among those who accepted Christianity was his grandson, Callistratus, who would also serve in the Roman army.  His pagan colleagues noted how he refused to worship idols but spied on him as he prayed repeating the name of the Lord Jesus.  For this, he was martyred.
    Of course, this story is not in the Bible.  Therefore, Western Christians of all races would not have known it nor would consider it very important.  This is a shame.  The Jesus Prayer is one of  the most beloved prayers of the Orthodox faith.  It is the means in which monastics and non-monastics fulfill St. Paul’s call for believers to pray without ceasing.  There are few words in this simple sentence.  It is based on the Lord’s parable of the Pharisee and the Publican to show how humble repentance justifies a man more than a clerical office and obeying laws.  And here is a story of an African who continually prayed on the name of the Lord and refusing the name of any other god and dying for his faith.  Such a story should fit into any black American church.

    A Greek icon of St. Callistratus

    This is especially true as some of our ancestors embraced the suffering Savior who died to this world and was resurrected giving the promise of new life to those who would serve him.  There are stories of slaves who were beaten because they held prayer services or prayed on their own without “permission” from their masters.  There is no doubt that the first prayer our ancestors cried out was, “Oh Lord, have mercy.”  The Jesus Prayer is very relevant to the African-American as we share the historical bond that was made in the blood of St. Callistratus in an army garrison and “Cletus” on a whipping post.


    Lord Jesus Christ, Son of God, have mercy on me, a sinner

    This bond was and is for all humanity.  Christians of all races faced persecution and death for the first 300 years of the Church.  First the Copts and Antiochians, then the Greeks and Serbs were brutalized by the Turks as Byzantium fell.  Ethiopians as well as Russians were oppressed in our modern era by godless communist.  But the simple prayer to our Lord for mercy and confession of our sinfulness helped to carry us through these historic horrors.  All have sinned, all have suffered, all can make the same appeal to the God who conquered death by His death and grants great mercy to all who call on him.  Let us share this blood-bond prayer with all peoples and nations.


    Video from www.agiazoni.gr

    Click:

    “Prayer, the raising of the spirit towards God” (from the Orthodox Church of Zimbabwe)
    African-American Orthodoxy — Eight principal areas of convergence between African spirituality and Ancient Christianity 
    SONGS OF FREEDOM: The Rastafari Road to Orthodoxy
    Native Americans & Orthodoxy  

    We are Going to Live in Paradise: Orthodoxy in Congo

    Orthodox Monasticism 
    LIVE, BEYOND THE LIMITS!

    Theosis (deification): The True Purpose of Human Life
    Travelers on the Way to the Light
    The ancient Christian Church - About Orthodox Church in the West World...
    The Way - An introduction to the Orthodox Faith