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Σάββατο 12 Σεπτεμβρίου 2015

République centrafricaine : Avant, la Centrafrique était une nation paisible. Mais ça, c'était avant...


Des combattants de la Séléka, en juin 2014. REUTERS/Goran Tomasevic 

Des combattants de la Séléka, en juin 2014. REUTERS/Goran Tomasevic

Slate Afrique

La guerre civile et religieuse en Centrafrique a transformé le pays en un endroit où l'avenir s'est mis à l'ombre pour se reposer.
Même pour Bangui, capitale de la République centrafricaine et l'une des villes les plus pauvres du monde, Saïdou est misérable. Contrairement aux quartiers environnants, avec leurs immeubles et leurs lotissements bien rangés derrière des murs et des clôtures, Saïdou, qui s'étend sur un bout de terre oblong à quelques encablures du centre, tient davantage des bidonvilles que l'on retrouve dans d'autres villes africaines moins structurées, comme Kinshasa ou Lagos.
En d'autres termes, on dirait un village. Il n'y a pas de murs, pas de portails. Des maisons basses en parpaings se font face les unes aux autres selon des angles bizarres. Les rues sont ici des chemins de terre, des broussailles, des ruisseaux d'eau grise. Pour arriver à Saïdou, il vous faut couper par l'Avenue des Martyrs et vous engouffrer entre deux gratte-ciels. Les immeubles tombent en ruine et leurs habitants sont eux aussi très pauvres, mais ils peuvent regarder Saïdou de haut et remercier Dieu (et les martyrs) de leur avoir donné une telle chance.   
C'est dans l'une de ces maisons en parpaings que Lamove et Serge Kamouss sont nés. Ils y ont grandi avant de fonder leur famille un peu plus loin dans Saïdou. Et, au début de l'année, c'est dans leur maison natale, où leur mère vit désormais seule, qu'ils sont tous les deux revenus un après-midi. Sous un épais brouillard de haine et de honte, ils ne savaient pas qu'ils allaient se retrouver. 
En 2013, la République centrafricaine tombe entre les mains de la Séléka, une milice insurrectionnelle d'obédience musulmane. Bangui est mise à sac, ses habitants tués et brutalisés. Lamove, l'aîné des deux frères, a la Séléka en horreur, mais il n'a pas de travail –il n'en a jamais eu de toute sa vie d'adulte– et le nouveau régime a besoin d'hommes. Alors, quand la Séléka lui offre un poste de soldat, il l'accepte. Serge n'a pas eu autant de chance. La Séléka a coulé son entreprise, l'a jeté en prison et passé à tabac. Lamove, qui craignait pour son nouvel emploi et pour sa vie, n'a pas voulu venir en aide à son frère. Ce jour-là, à Saïdou, cela faisait des mois qu'ils ne s'étaient pas vus.
Lamove est arrivé en premier pour trouver sa mère en train de faire la lessive. Il sait qu'elle réprouve son engagement dans la Séléka et il fait tout son possible pour ne pas en parler avec elle. Mais, inévitablement, le sujet arrive sur la table. Lamove lui rappelle combien il était désespéré, lui parle de ses enfants qu'il n'avait pas les moyens de nourrir. Pour Madame Kamouss, cela n'a aucune importance. Elle lui dit que la Séléka a ruiné leur pays. Ses mercenaires ont tué et violé des membres de leur famille.
A un moment, ils entendent la voix de Serge venant du dehors. Madame Kamouss, qui n'attendait pas de visite de son plus jeune fils, prend peur. Elle n'a pas vu Serge depuis des semaines et craint qu'à sa sortie de prison, il ait rejoint les anti-balaka, une milice d'obédience chrétienne créée pour lutter contre la Séléka. Leurs combats ont entraîné la République centrafricaine dans une guerre civile et religieuse faisant encore rage ce jour-là.
Même s'il est le cadet, Serge a toujours été plus fort que Lamove et, durant sa jeunesse, tout Saïdou le connaissait pour son sang chaud et son goût pour la bagarre. Madame Kamouss sait qu'il en veut à mort à Lamove qui ne l'a pas aidé contre les Séléka et elle redoute sa réaction s'il vient à le trouver dans la maison. Elle décide alors de cacher Lamove dans la chambre à coucher.
Serge est venu accompagné d'amis que sa mère n'a jamais vus, mais il ne les fait pas entrer dans la maison. Il passe la porte seul et, après les embrassades, sa mère lui demande de ses nouvelles. Il admet avoir rejoint les combattants des anti-balaka. Les angoisses de Madame Kamouss étaient justifiées: Serge et Lamove font désormais partie de deux factions ennemies.
«Elle s'est énervée», me dira plus tard Serge.
«Elle m'a dit: “Ils sont dangereux. Les anti-balaka sont dans le camp du mal, ils tuent des gens”. Elle était vraiment en colère.»
Serge lui répond que les anti-balaka cherchent à défendre leur pays contre la Séléka, contre les musulmans et les envahisseurs étrangers qui ont usurpé le pouvoir. Que la Séléka entend réduire les Centrafricains en esclavage et qu'il veut les en empêcher. Qu'en tant que chrétienne, elle devrait comprendre. «Notre but est de reprendre notre pays», lui dit-il.

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Le premier long métrage de Netflix traitera des enfants soldats en Afrique


Capture d'écran du trailer de «Beasts of No Nation».
Capture d'écran du trailer de «Beasts of No Nation».
La star Idris Elba, qui a joué le rôle de Mandela dans «Un long chemin vers la liberté», sera de la partie. 

Slate Afrique

Après avoir produit avec succès des séries déjà cultes, comme «House of Cards» ou «Orange is the New Black», Netflix s'aventure sur un nouveau terrain: celui des longs-métrages. Et pour son premier film, la compagnie américaine a opté pour une thématique africaine en s'inspirant d'un livre devenu un best-seller de l'auteur Nigérian Uzodinma Iweala, qui répond au nom de «Beasts of No Nation». Une oeuvre, «totalement et incroyablement vivante dès son premier paragraphe», analyse The Guardian dans sa critique littéraire.



C'est l'histoire d'un jeune garçon qui se retrouve enfant-soldat au coeur d'une guerre civile qui ravage un pays imaginaire d'Afrique de l'Ouest. S'il s'agit d'une oeuvre de fiction, Uzodinma Iweala, diplômé d'Harvard, connaît parfaitement le sujet pour avoir travaillé dans un programme de réhabilitation d'anciens enfants soldats nigérians. «C'est une nouvelle remarquable pour sa lenteur, son analyse tranquille et sa finesses pour promettre l'espoir et la réhabilitation même après le pire», écrit The Guardian.
Le réalisateur américain Cary Joji Fukunaga, qui a dirigé la première saison de la série «True Detective», est aux manettes de ce premier long-métrage de Netflix.
L'Afrique n'est pas un terrain inconnu pour Netflix, qui avait déjà récolté de nombreuses récompenses pour le documentaire Virunga, qui racontait le combat des rangers du parc national éponyme dans la région volcanique du Kivu en République démocratique du Congo, pour sauver les gorilles des montagnes du braconnage. 
Concernant «Beats of No Nation», Netflix envisage de diffuser simultanément le film dans les salles de cinéma et sur sa plateforme de streaming pour ses abonnés. Une pratique qui remet en question la période de transition de 90 jours, aux Etats-Unis, entre la sortie en salle d'un film et sa diffusion à la télévision, explique le site américain Quartz. Plusieurs compagnies de cinéma, comme AMC, Cinemark ou Carmike, ont déjà annoncé qu'elles boycotteraient «Beast of No Nation» pour cette raison.

Δευτέρα 7 Σεπτεμβρίου 2015

Immigration africaine : Pourquoi quittent-ils leur pays ?

Par IMANI Ghana.
Publié le dans Afrique
Photo: Associated Press / Jasper Juinen
La photo de l'article L’émigration africaine: tensions et solutions (Photo: Associated Press / Jasper Juinen). Afrique Renouveau: January 2006.

L’immigration n’est pas un phénomène nouveau

African migration: from tensions to solutionsDes mouvements migratoires ont toujours existé entre les pays sahéliens et le Maghreb en général ; mais il s’agissait surtout de Maliens, de Nigériens et de Tchadiens, qui s’y rendaient pour des travaux saisonniers, et parfois, pour s’y installer. Mais aujourd’hui, le but a changé : il s’agit d’aller plus loin… en Europe. Le système des visas pour accéder aux pays européens, la difficulté pour les obtenir, et la création de l’espace Schengen, ont contribué au développement de filières migratoires clandestines, surtout en Algérie et au Maroc. Elles sont désormais, pour les candidats à l’émigration, la seule possibilité de réaliser leur projet.
Certes, l’accès en France des ressortissants de l’Afrique Noire relève des conventions de libre circulation des personnes, signées entre la France et la plupart des pays d’Afrique noire, peu après les indépendances. Mais les choses ont changé, et « l’immigration choisie » est loin de répondre aux attentes de tous ceux qui veulent partir.

Le problème aujourd’hui

Dans ces dernières années, l‘océan Atlantique est devenu le cimetière de milliers d’émigrants africains inconnus qui s’y noient en tentant de gagner les Canaries à partir de la Mauritanie. Pour environ mille euros chacun, gagnés dans l’économie souterraine à Nouakchott ou à Nouadhibou, les clandestins venus de divers pays d’Afrique noire se lancent dans la traversée, entassés à 40 ou 50 et parfois 70 sur des barques de pêche relativement robustes. Une panne de moteur ou une trop grosse vague seront souvent mortelles. Ils risquent tout pour ce voyage, et ils savent que leur futur ne sera pas aisé. Certains y laisseront leur vie, d’autres seront renvoyés chez eux et d’autres encore, qui atteindront leur destination, savent que leur existence n’y sera pas forcément plus facile. Mais les difficultés qu’ils rencontrent dans leur pays poussent des milliers de jeunes Africains à préférer l’exode, même clandestin.

Pourquoi veulent-ils quitter leur pays ?

Pourquoi un tel afflux d’immigrés vers l’Occident ? Pourquoi ces gens prennent-ils des risques frôlant le suicide ? Pourquoi ? Ils se retrouvent face à un choix difficile : « Avancer, c’est mourir ; reculer, c’est mourir. Alors, mieux vaut avancer et mourir. »
Pourquoi quittent-ils alors leurs pays ? Aucun homme ne quitte son pays pour le plaisir d’immigrer. « Mes oreilles résonnent encore d’un mot que prononçaient inlassablement les clandestins que j’ai côtoyés : le bonheur. Vouloir être heureux à tout prix, mettre sa vie en jeu et ne pas renoncer… Quelle que soit la difficulté. Quel que soit le temps qu’il faudra y consacrer. Un quitte ou double que nous n’osons plus regarder en face… » (Serge Daniel) « Nous sommes sortis de nos familles et de nos pays la rage au cœur avec l’envie de réussir… », affirme un jeune Camerounais. Pour lui, le chômage et la pauvreté constituent la principale cause de l’immigration, et le rêve et le mirage de l’eldorado occidental.
  • L’économie
Depuis la décolonisation, on voit l’accentuation du sous-développement. L’Afrique subsaharienne doit importer la majorité des produits industriels et de consommation dont elle a besoin. Ceux-ci ont des coûts de plus en plus élevés, en raison de la forte dévaluation de la plupart des monnaies. Aussi la dette extérieure augmente dangereusement. De plus, les cultures vivrières qui doivent alimenter les populations sont sacrifiées au bénéfice de cultures d’exportation, au nom de l’impératif du développement. Or, les pays du Sud n’ont aucune prise sur la fluctuation des cours de ces cultures qui sont fixés unilatéralement par les pays industriels occidentaux. Devant faire face à la faim, la population doit chercher un endroit où le manger ne fera pas partie de la préoccupation quotidienne. Une sorte de terre promise, pays du salut. Et cet endroit, c’est l’Occident.
  • La politique
La seconde cause de migration est bien sûr l’injustice sociale et la grande précarité. Depuis la fin de la guerre froide, les aides se sont effondrées à des niveaux jamais connus. L’Afrique ne joue plus son rôle de partenaire, et elle doit traiter à leurs conditions avec les grandes multinationales occidentales, et les institutions financières internationales. La lutte pour le pouvoir et l’accès aux richesses a ouvert des conflits intérieurs et extérieurs de plus en plus dévastateurs. Un Africain sur cinq vit une situation de guerre ; et la violence est en train de devenir le mode usuel des relations sociales entre cadets et aînés, riches et pauvres, ethnies et religions différentes.
  • Et tous les autres maux dont souffre l’Afrique sub-saharienne
Le sida qui continue ses ravages (en 2007, 22,5 millions de sub-sahariens vivent avec le VIH) ; la faim (200 millions d’Africains ont faim, car l’Afrique demeure le continent le plus touché par la faim et la malnutrition) ; l’eau (malgré des réserves d’eau douce qui sont parmi les plus importantes du monde, 450 millions d’Africains souffrent toujours du manque d’eau courante et potable) ; le chômage (les emplois sont rares et les salaires trop maigres).

Contre eux, une politique de refus

Bien des voix se lèvent pour dénoncer la victoire des partis d’extrême droite dans beaucoup de pays d’Europe et le renforcement des lois sur l’immigration. La xénophobie augmente, les immigrés sont montrés du doigt… Mais peut-on honnêtement accuser les immigrés d’être la cause du chômage, de l’insécurité, de l’insalubrité ?
On ne peut nier que l’immigration irrégulière constitue l’une des principales préoccupations des pouvoirs publics et des citoyens des pays industrialisés. Les moyens sont nombreux pour détourner la loi : entrée illégale dans les pays de destination, mariages blancs, dépassement des séjours autorisés, interprétation abusive du droit d’asile. On connaît aussi la difficulté à renvoyer les candidats non désirés.
Aussi tout est fait pour accroître le contrôle des frontières. Le 26 octobre 2004, l’Union Européenne crée Frontex (agence européenne pour gérer les frontières extérieures de l’Union Européenne). Certes, plus ces contrôles sont renforcés, plus il est difficile et risqué pour les clandestins de les franchir. Cela se traduit par plus de morts et de souffrances parmi ceux qui cherchent désespérément un avenir meilleur. Même ceux qui réussissent à passer ne sont pas pour autant sortis d’affaire. Ils sont souvent arrêtés et renvoyés dans leur pays, quand ils ne finissent pas dans des centres de rétention.
« Nous ne pouvons ignorer les véritables problèmes politiques que pose l’émigration, comme nous ne pouvons non plus perdre de vue les formidables perspectives qu’offre celle-ci aux émigrants, aux pays qu’ils quittent et ceux où ils se rendent. » (Kofi Annan, ancien Secrétaire général de l’ONU)

Et pourtant !

Il faut reconnaître que les migrations venant des pays du Sud sont d’abord une conséquence de la surexploitation des écosystèmes et d’une main-d’œuvre pauvre, insuffisamment protégée et non organisée. Piller les ressources naturelles d’une population, abuser de sa faiblesse pour lui faire extraire des minerais, cultiver des denrées alimentaires à vil prix, c’est exercer contre elle une véritable violence économique.
Chez nous, miser essentiellement sur « la sécurité » favorise le travail au noir et la clandestinité. Et ces clandestins, dont la fragilité fait l’affaire des trafiquants, sont évidemment perçus comme une concurrence déloyale par les travailleurs européens les plus exposés. C’est pour cette raison que l’économie souterraine doit être régularisée, comme les travailleurs sans papiers, afin de ramener l’argent noir vers les cotisations sociales. Et alimenter ainsi la solidarité, plutôt que les peurs et la répression.
Car cela nous regarde tous… L’Europe va perdre 66 millions d’actifs d’ici 40 ans. Et parce que sa population est vieillissante, elle ne pourra remédier à son déclin qu’en recourant à l’immigration.
C’est là une chance pour les populations des pays d’émigration, qui pourraient profiter de cette opportunité pour se développer et mieux se faire respecter. Enfin, parce que le métissage culturel est une richesse, les migrations doivent aussi être considérées comme une chance à saisir.


Quelles solutions ?

Si même le risque de mort ne dissuade pas les clandestins, comment agir ? La prison ? Ils s’en moquent. Le renvoi dans leur pays ? Ça coûte cher et ils reviennent. Surveiller les frontières, encore plus ? Coût trop élevé et impossible mission… Alors que faire ?
Il nous faut d’abord prendre davantage conscience des nombreuses difficultés que les migrants rencontrent au quotidien, bien qu’elles ne soient pas forcément les mêmes pour tous au même titre : une grande précarité au plan matériel (nourriture, entretien personnel, logement) et des difficultés d’accès aux soins ; peu et parfois pas du tout de travail, et un travail mal rémunéré ; l’attitude inamicale d’une bonne partie de la population locale ; un sentiment d’abandon et d’isolement, du fait qu’ils sont des clandestins ; souvent l’abus de pouvoir de la part des forces de l’ordre ; des conditions de refoulement très dures, voire inhumaines. Et tout cela est encore plus lourd pour les femmes et les enfants.
Il est certain que la plupart des migrants préféreraient rester dans leur pays d’origine, parce qu’ils y ont leur famille, leur culture, leurs racines. Il est donc urgent d’aider au développement des droits humains, de la démocratie, du syndicalisme et de la protection de l’environnement dans les pays africains. Mais il est vrai que les Occidentaux doivent aussi aider à créer de l’emploi chez eux, en investissant dans l’industrie, le textile, l’agriculture, la pêche, l’élevage… Réduire la pauvreté en Afrique est le moyen le plus efficace pour lutter contre l’immigration clandestine.
Les États d’Afrique doivent cesser d’agir comme dans les années de prospérité où l’Europe, en plein boom industriel et immobilier, avait besoin d’une main-d’œuvre africaine bon marché. Les temps ont changé, l’économie moderne emploie peu de travailleurs, et les syndicats européens eux-mêmes en sont les premières victimes.

Pour conclure

On peut reprendre les paroles de la Ligue des Droits de l’Homme :
« Migrer, quitter son pays, quel qu’en soit le motif, est toujours un choix douloureux, mais un choix dont le droit est inscrit dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme à l’article 13. Migrer est un choix personnel, aucune mesure étatique dans un monde où existe la liberté de circulation des marchandises, des services et des capitaux, ne pourra empêcher les personnes de circuler. S’il est légitime que les États contrôlent les entrées et les sorties à leurs frontières, il n’est pas légitime que les États considèrent les personnes qui se présentent à leurs frontières comme des criminels.
Les femmes et les hommes qui veulent venir en Europe ont le droit d’être accueillis, de faire valoir les raisons de leur venue. Faire croire aux citoyens européens que des mesures de contrôle aux frontières et bien au delà des frontières « protégeraient » l’Europe de l’immigration, que des morts en Méditerranée et ailleurs en seraient le prix à payer est un mythe dangereux, quand l’Union européenne évalue elle-même son solde migratoire à plus d’un million de personnes. »
Des hommes ont faim. Rien ne les empêchera d’aller dans les pays où ils pensent qu’on ne connaît ni la faim ni l’arbitraire. L’Afrique doit en tirer ses leçons.
L’Afrique est un continent si riche en ressources humaines ainsi que naturelles ; pourquoi donc refuser la liberté économique aux Africains ? « Nous sommes une génération qui croyons que le présent, c’était hier et aujourd’hui nous sommes déjà en retard. L’avenir nous appartient ! À nous de le posséder… »
 
Voir aussi
 
Les migrants, prétexte à une nouvelle donne économique
Pourquoi tant de réfugiés meurent noyés ?


Fr. Eustratios Demou (papa Stratis), a Good Samaritan of migrants in Greece († September 2, 2015). Memory Eternal!
 
 
Photo à partir d'ici

Σάββατο 5 Σεπτεμβρίου 2015

L'Afrique de l'Ouest et ses guerres civiles

LiberationAfrica4

Le concept de "guerres nomades" a été avancé pour évoquer les conflits en Afrique de l'Ouest depuis les années 1990. De la crise du Biafra en 1967 à la guerre au Mali aujourd'hui, questions à Kouassi Yao, maître de conférence en histoire à l'Université Félix Houphouët-Boigny et auteur d'un doctorat d’État sur les guerres civiles en Afrique de 1955 à 2002. 


Soldat Ibo pendant la guerre du Biafra,
1968 (photo de Gilles Caron)
 
La crise du Biafra (1967-1970) peut-elle être considérée comme la première grande guerre civile d’Afrique de l’Ouest au lendemain des indépendances ?

La guerre de sécession de la Province orientale du Nigeria qui s’est déroulée entre 1967 et 1970 n’est pas la première guerre civile d’Afrique. En effet, avant qu’elle n’éclate à partir de juin 1967, l’Afrique avait connu déjà des guerres civiles. Il s’agit de la rébellion armée des Noirs du Sud Soudan contre les Arabo-musulmans du Nord qui a éclaté en août 1955, soit cinq mois avant la proclamation de l’indépendance intervenue le 1er janvier 1956. Les Noirs du Sud qui ont souffert des razzias des marchands d’esclaves du Nord et des atermoiements de la politique britannique qui n’a profité qu’aux élites arabo-musulmanes du Nord, ne veulent plus de cette domination après la fin annoncée de la colonisation britannique. Cette guerre civile opposant le Nord au Sud s’achève après 17 ans de combats par les accords d’Addis-Abeba de mars 1972.
Nous avons ensuite la sécession du Katanga (1960-1963) dans l’ex-Congo belge qui est lié aux conditions de naissance de l’État. Le désordre et le chaos qui s’installent dès la proclamation de l’indépendance précipitent la sécession du Katanga soutenue par les milieux coloniaux belges et la Belgique officielle. Dans la Corne de l’Afrique, le refus de l’ONU d’accorder l’indépendance immédiate à l’ancienne colonie italienne de l’Érythrée, pour satisfaire les intérêts géopolitiques de l’Éthiopie et des États-Unis, précipite le déclenchement de la guerre civile (1960) par les nationalistes après l’annexion de l’Érythrée par l’Éthiopie. Enfin, le Tchad où la politique inégale de mise en valeur du territoire par la France a donné à l’État une coloration Sara, les populations islamisées du Nord se soulèvent du contre « l’État Sara ». Pendant ces sept premières années « d’indépendance », où l’instabilité s’installe progressivement en Afrique, l’Afrique de l’Ouest ressemble à une « oasis de paix », troublée de temps à autre par la guérilla du parti africain pour l’indépendance de la Guinée Bissau et des îles du Cap-Vert (PAIGC) contre la domination portugaise. Aussi, quand éclate la guerre civile du Nigeria, c’est la stupéfaction en Afrique, surtout qu’elle survient dans le pays le plus peuplé d’Afrique.
Du point de vue des caractéristiques, la tentative de sécession de la Province orientale du Nigeria peut être considérée comme la plus grande guerre civile d’Afrique de l’Ouest depuis cinquante ans.
En effet, du point de vue militaire, ce fut un affrontement de type conventionnel tant au niveau des forces que des combats et du matériel utilisé. Alors que l’armée fédérale aligne 120000 hommes, 180 officiers, trois divisions, plusieurs bataillons, des blindés de fabrication britannique, des Mig soviétiques et des canons d’origine américaine, le Biafra lui oppose 50000 hommes, 60 officiers, plusieurs bataillons (au moins 8) et brigades, et des avions bombardiers.
Sur le plan des combats, les deux belligérants mettent en œuvre des techniques et stratégies militaires éprouvées comme le blocus, les bombardements aériens, l’encerclement, les opérations commandos, les attaques terrestres simultanées, offensives et contre-offensives…
Du point des acteurs, outre les soldats nigérians et biafrais (au total 170000 soldats), on a noté la participation de conseillers militaires britanniques, soviétiques, de mercenaires originaires de plusieurs pays, de marchands d’armes occidentaux… Pendant la guerre, les Fédéraux ont reçu, pour des raisons différentes, le soutien des États-Unis, de l’URSS et de la quasi-totalité des pays du monde contre de modestes soutiens pour le Biafra de la part de la Côte d’Ivoire, de la Tanzanie du Gabon, de la Zambie, du Portugal. Du point de vue de la variété des acteurs, la guerre du Biafra, est un modèle de guerre civile internationalisée.
Du point de vue des pertes humaines, ce fut une vraie « boucherie ». Pour deux ans de guerre, on a enregistré près de 2 à 3 millions de morts dus en grande partie aux massacres commis par les soldats fédéraux, les effets du blocus de la Marine nigériane et de la famine qui en a résulté (le chiffre d’un million de morts biafrais tient lieu d’horizon traditionnel de cette crise ndlr). En additionnant le nombre de morts de toutes les guerres civiles que l’Afrique de l’Ouest a connu de 1982 à 2002, elle reste éloignée de la « boucherie » biafraise dont le vrai équivalent reste les guerres du Congo-Zaïre de 1996 à 2000 avec ses 5 à 6 millions de morts !
Enfin, du point de vue de la propagande, l’opposition entre Enugu et Lagos donna lieu à une véritable guerre de communication avant « l’ère de la communication). En effet, le Biafra et ses puissants réseaux médiatiques, politiques, religieux et humanitaires jouaient la carte du « génocide Ibo » tandis que les Fédéraux défendaient la légalité, la souveraineté et l’intégrité du Nigéria et dénonçaient les soutiens biafrais. Cinquante ans après le déclenchement de la sécession biafraise, il est difficile de trouver de trouver en Afrique de l’Ouest, une guerre civile avec de telles caractéristiques… 

Quelles places occupent les guerres du Liberia et du Sierra Leone, marquées notamment par les Blood Diamonds ? Le terme de «guerre nomade» a été forgé pour illustrer leurs lourdes conséquences dans la sous-région.

Les guerres civiles du Liberia et de la Sierra Leone ont marqué durablement l’opinion publique africaine en général et ouest africaine en particulier parce que les atrocités et violences commises par les hordes sauvages de « combattants » drogués et ignorant tout des us et coutumes de la guerre dépassaient l’entendement humain. Ces orgies criminelles avec leurs éventrations, décapitations, sectionnement des membres, viol massif des femmes par des hommes ou avec des objets tranchants, ont bénéficié d’une couverture médiatique exceptionnelle par les média à la recherche de « sensations fortes ». En raison de la banalisation des horreurs, des pillages, des enlèvements, on a assisté à des départs massifs de réfugiés Liberiens et Sierra Leonais vers les pays voisins. Ces migrations forcées ont, à leur tour, failli déstabiliser les pays d’accueil comme la Côte d’Ivoire et la Guinée, en raisons des liens linguistiques, ethniques et familiaux que certaines de ces populations en détresse entretenaient avec les peuples frontaliers et la propension de certaines milices à exporter leur guerre chez les voisins qui en ont payé le prix fort avec des pertes en vies humaines. Si on ajoute à ces caractéristiques macabres, le recrutement d’enfant-soldats et les différents trafics auxquels ces « guerres nomades » ont donné lieu, elles méritent bien leur appellation de « guerres civiles modèles » africaines des années 1990.
Le problème est qu’en surmédiatisant ces guerres civiles, on a fini par leur donner une autre image en faisant croire qu’il s’agissait de guerres de prédation dont la finalité était l’enrichissement au moyen des ressources naturelles monnayables comme le fer, le bois pour le Liberia et le diamant pour la Sierra Leone. Il est vrai que les trafics et réseaux mafieux de toutes sortes ont permis à des mouvements rebelles armés, des individus, des combattants, des multinationales, des mercenaires et des États de s’enrichir des « Blood Diamonds ». Mais la conquête des zones diamantifères n’était pas la finalité du combat du RUF (Revolutionary United Front) ou du NPFL (National Patriotic Front of Liberia) parce qu’elles servaient en premier lieu de moyen de financement de la guerre. La preuve, après six mois de combats, le NPFL était sur le point de s’emparer du Palais présidentiel, « l’Eexcutive Mansion » n’eût été l’intervention énergique de l’Ecomog ! De même, en Sierra Leone, Le RUF après avoir conquis les mines de diamant, a tenté à deux reprises de s’emparer de Freetown, siège du pouvoir politique, n’eût été la réaction désespérée du gouvernement qui a fait appel aux mercenaires d’Executive Outcomes (mars 1995) et l’Ecomog qui a chassé le RUF de Freetown en janvier 1999 ! Réduire donc les motivations des groupes armés à des préoccupations essentiellement mercantiles comme le contrôle des Blood Diamonds, n’est pas juste car il évacue maladroitement les causes véritables de certaines guerres civiles. 


Graffiti à Aspen (Colorado, États-Unis)

Comment interpréter les conflits armés survenus depuis les années 2000 (crises ivoiriennes depuis 2002, guerre au Mali depuis 2013) : participent-ils de crises internes de régime ou de crises internationalisées ?

Comme facteurs explicatifs des crises ivoiriennes et maliennes, on peut retenir les deux à savoir, la crise interne de régime et l’influence de l’extérieur. Concernant le premier point une constante dans l’analyse des guerres civiles en Afrique est à souligner : il s’agit de la place et du rôle de l’État dans le la formation des guerres civiles. Avant 1990, l’État africain contrôlé par des dictateurs comme Siad Barré, Idi Amin, Gaafar Nimeiry, François Tombalbaye, Mobutu Sese Seko, Jean-Bedel Bokassa, Samuel Doe ou Mengistu Hailé Mariam utilisaient la toute puissance de l’État pour écraser, tuer et réduire au silence les peuples et les « déstabilisateurs ». Ils bénéficiaient du soutien de Paris, de Washington, de Londres ou de Moscou qui avaient besoin de ces « hommes forts » pour ancrer solidement leurs pays dans le « bon camp » ! Guerre froide oblige. La politique de ces dictatures qui violaient massivement les droits de l’homme finit par entraîner le déclenchement de rébellions armées contre ce qu’on pourrait appeler le « trop d’État ».
Après 1990, c’est le phénomène inverse. Les États laminés par la crise économique sont déliquescents et ne peuvent plus assumer leurs missions régaliennes à savoir assurer la sécurité, faciliter l’accès à l’eau potable, à l’éducation, à la santé. Gangrénés par la corruption d’État qui permet l’évasion fiscale et le détournement des ressources nationales au profit de quelques privilégiés. Les États s’enfoncent dans la pauvreté généralisée et ne sont plus que des coquilles vides à l’image du Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire ou du Mali, méritant bien l’appellation de « Failed states ». Cette situation favorise la naissance de groupes hostiles à l’État (bandes armées du RUF) qui croient trouver dans la violence, le moyen d’imposer une nouvelle donne politique et sociale à même de relever leur pays. D’autres croient trouver la solution dans l’affirmation de leur identité qui doit précéder une réforme profonde de l’État et une nouvelle approche de la citoyenneté (rébellions armées touarègues du Mali et du Niger). Enfin, des États croient trouver la solution à la crise dans une sorte de repli nationaliste aux contours flous (Côte d’Ivoire). La réponse est maladroite car, elle ne fait qu’exacerber les passions ethniques et religieuses. Ici, c’est « l’absence d’État » qui explique la violence.
Ainsi, que ce soit avant ou après 1990, l’État africain se présente come un facteur structurel de conflictualité. Cette situation, et c’est le deuxième point, est aggravée par l’incapacité de l’Etat à prévenir ou à gérer les conséquences de certaines crises politiques et sécuritaires qui se déroulent à ses portes. C’est le cas de l’État du Mali dont la faiblesse ne lui a pas permis d’empêcher l’installation progressive de jihadistes dans le Nord Mali (Aqmi, Mujao et Ansar-dine), des circuits mafieux de la drogue organisés par les cartels colombiens, le retour en force des mouvements rebelles touarègues et l’entrée massive des armes au Nord Mali, suite à l’implosion de la Lybie en 2011. Plutôt que de parler de crises internationalisées, il serait plus juste de parler de crises de régime, de crise de l’État dont les facteurs explicatifs se déclinent en facteurs endogènes et exogènes. 

L'Afrique et ses guerres qui n'en finissent pas


Pourquoi certains conflits semblent ne jamais cesser
 
Jeffrey Gettleman
Monde 06.04.2010 - Slate.fr

See in English Africa's forever wars

 

Soldats du gouvernement soudanais, en 2005. (REUTERS/Radu Sigheti)

Pourquoi certaines des guerres les plus sanglantes et brutales du continent africain semblent-elles ne jamais vouloir se terminer? La raison est simple: ce ne sont pas vraiment des guerres. Du moins pas au sens commun du terme. Les combattants n'ont ni idéologie ni objectifs clairement définis. Prendre le pouvoir dans les capitales ou les grandes villes? Ce n'est pas ce qui les intéresse.

Ils préfèrent en fait la brousse, les crimes y sont plus faciles à perpétrer. Les rebelles d'aujourd'hui ne cherchent pas particulièrement à rallier des partisans: ils volent plutôt les enfants des autres, leur collent une Kalachnikov ou une hache entre les mains et les laissent tuer pour eux. C'est ainsi que se déroulent certains des conflits les plus inextricables du continent, depuis les criques pleines de rebelles du delta du Niger au brasier de la République démocratique du Congo.

Nous assistons au déclin du mouvement de libération de l'Afrique tel que nous le connaissions jusqu'à présent et au développement de quelque chose de plus sauvage, moins bien organisé, plus violent et plus difficile à cerner. Si vous voulez appeler cela une guerre, d'accord. Mais la pandémie qui gagne l'Afrique n'est en réalité que du banditisme opportuniste et lourdement armé. Mon travail de chef du service Afrique de l'Est au New York Times est de couvrir douze pays. Mais je passe en fait mon temps plongé dans ces guerres qui n'en sont pas vraiment.
 

Prédateurs et sadiques

J'ai assisté — souvent de bien trop près — à la transformation des combats de soldat contre soldat (désormais rares en Afrique) à soldat contre civil. La plupart des combattants africains d'aujourd'hui ne sont pas des rebelles attachés à une cause; ce sont des prédateurs. Ce qui explique pourquoi on en arrive à des atrocités comme cette épidémie de viols dans l'Est du Congo. Ces dernières années, des groupes armés ont sexuellement agressé des centaines de milliers de femmes, souvent de façon si sadique que les victimes sont incontinentes à vie.

Y a-t-il un intérêt militaire ou politique à pénétrer une femme avec un fusil d'assaut et appuyer sur la détente? La terreur est devenue un but plutôt qu'un moyen.

C'est la même histoire dans quasi toute l'Afrique. Près de la moitié des 53 pays du continent sont le théâtre d'un conflit actif ou récemment terminé. Les endroits calmes comme la Tanzanie sont des exceptions; même l'accueillant et très touristique Kenya a sombré dans la violence en 2008. Rien que dans la douzaine de pays que je couvre, on totalise plusieurs dizaines de milliers de civils tués tous les ans. Plus de 5 millions de personnes sont mortes au Congo depuis 1998, d'après une estimation de l'International Rescue Committee.

Certes, la plupart des conflits d'indépendance de la génération précédente étaient également sanglants. La rébellion du Sud-Soudan, qui a duré plusieurs décennies, aurait coûté plus de 2 millions de vies. Mais il n'y a pas que les chiffres qui donnent froid dans le dos, il y a surtout les méthodes, les objectifs, et les dirigeants qui les définissent. Yoweri Museveni, le chef de la guérilla en Ouganda dans les années 1980, motivait ses rebelles en leur expliquant qu'ils étaient sur le point de bâtir une armée nationale populaire. Museveni est devenu président en 1986, il est toujours en fonction. (Ça c'est un autre problème.) Mais ses mots sonnent franchement nobles comparés à ceux de Joseph Kony, le principal rebelle du pays aujourd'hui — qui ordonne simplement de tout brûler.

Même si l'on pouvait persuader ces hommes de sortir de la jungle et de s'asseoir à la table des négociations, je ne vois pas ce qui pourrait leur être offert. Ils ne veulent pas de ministères ou de terres à gouverner. Leurs armées sont souvent composées d'enfants traumatisés, dont l'expérience et les compétences (si on peut appeler ça comme ça) sont totalement inadaptées à la vie civile. Tout ce qu'ils veulent c'est de l'argent, des armes, et le droit de tout saccager. Et ils ont déjà les trois.

Alors, comment voulez-vous négocier? 


Pourparlers stériles

La réponse est simple: il n'y a pas de négociations. La seule façon d'arrêter vraiment les rebelles d'aujourd'hui est de capturer ou tuer leurs chefs. La plupart de ceux-ci ne sont que des personnalités dérangées et leurs organisations disparaîtraient très probablement avec eux. C'est ce qui s'est passé en Angola quand Jonas Savimbi, chef rebelle et trafiquant de diamants, a été abattu: sa mort a mis fin à l'un des plus intenses conflits de la Guerre froide.

En 2006 au Liberia, à la minute où Charles Taylor, le chef de guerre devenu président, a été arrêté, c'en était fini de cet effroyable spectacle d'enfants de 10 ans assassinant la population cachés derrière des masques d'Halloween. Combien de dollars, d'heures et de vies ont été gâchés dans des séries de pourparlers stériles qui ne parviennent jamais à un tel résultat? On pourrait en dire autant des poursuites pour crimes contre l'humanité contre les chefs rebelles devant la Cour pénale internationale. La perspective d'un procès motive peu les chefs de guerre à cesser de se battre.

Comment en est-on arrivé là? C'est peut-être de la pure nostalgie, mais il me semble que les rebelles africains d'antan avaient un peu plus de classe. Ils se battaient contre le colonialisme, la tyrannie ou l'apartheid. Les insurrections victorieuses étaient souvent menées par un chef à la rhétorique persuasive, charmant et intelligent. Des hommes comme John Garang, qui a dirigé la rébellion au Sud-Soudan avec son Armée populaire de libération du Soudan. Il compte parmi les rares chefs de guérilla à avoir gagné pour son peuple. Grâce à sa ténacité notamment, un référendum sera organisé l'an prochain au Sud-Soudan pour faire sécession du Nord.

John Garang est mort dans un accident d'hélicoptère en 2005, mais les gens parlent toujours de lui comme d'un dieu. Sans lui malheureusement, la région semble abandonnée par Dieu. J'ai parcouru le Sud-Soudan en novembre pour comprendre comment les milices ethniques qui se sont formées suite au nouveau vide de pouvoir se sont mises à massacrer des civils par milliers. 


Des chefs charismatiques aux guérilleros sans vision

Même Robert Mugabe, le dictateur du Zimbabwe, était autrefois un guérilléro doté d'un plan. La Rhodésie était gouvernée par la minorité blanche: il en a fait le Zimbabwe, dirigé par la majorité noire. Puis il a transformé son pays en l'une des économies les plus dynamiques et diversifiées du sud du Sahara. Ca, c'était pendant sa première décennie de pouvoir. Son statut de héros de guerre et l'aide qu'il a apportée aux autres mouvements de libération africains dans les années 1980 expliquent largement pourquoi beaucoup de dirigeants du continent hésitent à le critiquer aujourd'hui, même s'il a conduit le Zimbabwe en enfer.

Ces hommes sont les reliques de chair et d'os d'un passé dont il ne reste pas grand chose. Le très éduqué John Garang et le vieux Mugabe n'ont quasi rien en commun avec les chefs rebelles d'aujourd'hui, des guérilleros sans vision. Parmi ce qui a changé en une génération: le monde lui-même. La fin de la Guerre froide a provoqué le chaos et l'effondrement de certains Etats. Des pays jadis vus comme des dominos qui ne devaient pas tomber et dans lesquels les grandes puissances s'impliquaient sont devenus soudain sans intérêt. (A l'exception bien sûr des ressources naturelles, qui ont pu continuer à être achetées toujours aussi facilement, et à bon prix, à divers groupes armés.)

Subitement, la seule chose dont vous aviez besoin pour avoir du pouvoir était une arme, et il s'est avéré qu'il en circulait partout. Des AK-47 et des munitions bon marché ont plu du bloc de l'Est éclaté jusqu'à dans les coins les plus reculés d'Afrique. Une opportunité parfaite pour des hommes charismatiques et sans grande morale. 


Des revendications légitimes aux effusions de sang avides de profit

Le Congo a connu des dizaines d'hommes comme ça depuis 1996, date à laquelle les rebelles se sont insurgés contre Mobutu Sese Seko, le dictateur à la toque de léopard, probablement l'homme le plus corrompu dans l'histoire de ce continent le plus corrompu. Après la chute de Mobutu, personne n'a vraiment reconstruit d'Etat. Dans l'anarchie qui a alors régné, les chefs rebelles se sont taillé des fiefs riches en or, diamants, cuivre, étain et autres minerais. Parmi ces dangereux profiteurs: Laurent Nkunda, Bosco Ntaganda, Thomas Lubanga, des commandants Maï-Maï, des génocidaires rwandais, et les dirigeants complètement fous d'un groupe des plus cruels appelé «les Rastas».

J'ai rencontré Laurent Nkunda en 2008, dans sa planque dans la montagne, après avoir escaladé des heures durant une route boueuse jalonnée de soldats au visage d'enfant. J'ai eu droit à une envolée lyrique de ce général tout maigre sur l'oppression de la minorité tutsie qu'il dit représenter, mais son poil s'est hérissé lorsque je lui ai parlé des taxes dignes d'un chef de guerre qu'il imposait et de toutes ces femmes violées par ses soldats. Mes questions n'ont toutefois pas eu l'air de le perturber beaucoup et il a vite retrouvé sa bonne humeur. Sa ferme comptait de nombreuses chambres d'amis, alors pourquoi ne suis-je pas resté pour la nuit?

Laurent Nkunda n'a pas complètement tort quand il parle du désordre qui règne au Congo. Les tensions ethniques sont une des raisons du conflit, au même titre que les disputes territoriales, les refugiés et les interférences des pays voisins. Mais ce que j'ai fini par comprendre dans ces Etats défaillants ou sur le point de l'être, c'est la rapidité avec laquelle des revendications légitimes dégénèrent en effusions de sang avides de profit. On se révolte aujourd'hui au Congo contre l'exploitation des ressources naturelles, et dans ce contexte, un vague sentiment anti-gouvernemental se transforme en prétexte pour voler des biens publics.

Les nombreuses richesses du Congo appartiennent aux 70 millions de Congolais, mais durant les 10 ou 15 dernières années, ces trésors ont été piratés par une vingtaine de commandants rebelles pour acheter encore plus d'armes et causer toujours plus de dégâts. 


Plus besoin de ralliement populaire

Exemple probablement le plus troublant de ces guerres à l'africaine: l'Armée de résistance du seigneur (LRA), un mouvement rebelle né dans le Nord de l'Ouganda dans l'anarchie des années 1980. Comme les gangs du pétrolifère delta du Niger, la LRA avait à l'origine des revendications légitimes — à savoir la pauvreté et la marginalisation des terres de l'ethnie Acholi. Le dirigeant du mouvement, Joseph Kony, était un jeune illuminé qui s'exprimait dans un drôle de langage, un soi-disant prophète ayant embrassé les Dix commandements. Rapidement, il les a tous enfreints. Il a utilisé ses supposés pouvoirs magiques (et des drogues) pour entraîner ses partisans dans une véritable frénésie et les lâcher sur les Acholis qu'il était censé protéger.

La LRA s'est littéralement taillé un chemin à travers la région, semant derrière elle des membres tailladés et des oreilles coupées. Elle ne parle plus des Dix commandements, et certains de ceux qu'elle a rencontrés ne peuvent d'ailleurs plus parler du tout. Je n'oublierai jamais ma visite il y a quelques années en Ouganda et ma rencontre avec ce groupe de femmes dont les lèvres avaient été découpées par les malades de Kony. Leur bouche était constamment ouverte, laissant toujours voir leurs dents. Quand l'Ouganda s'est finalement repris en main à la fin des années 1990 et a sévi, Kony et ses hommes ont simplement poursuivi leur route. Aujourd'hui, leur fléau a gagné l'une des régions les plus anarchiques du monde: la frontière entre le Soudan, le Congo et la République centrafricaine.

Les enfants soldats sont une composante inextricable de ces mouvements. La LRA par exemple ne s'est jamais emparée de territoires, elle s'est emparée d'enfants. Dans ses rangs: des garçons et des filles endoctrinés qui pillent des villages et broient des nouveaux nés dans des mortiers en bois. Au Congo, un tiers des combattants ont moins de 18 ans. Ces guérillas prédatrices d'un nouveau genre étant motivées et financées par le crime, les rebelles n'ont pas besoin du support populaire.

L'inconvénient quand on ne se soucie pas de rallier à soi les populations, c'est qu'on n'attire pas de nouvelles recrues. Kidnapper et manipuler les enfants devient par conséquent la seule façon de poursuivre ce banditisme organisé. Les enfants sont des armes idéales: facilement endoctrinables, extrêmement loyaux, ils ne connaissent pas la peur et, plus important encore, constituent une ressource illimitée.

Dans ce nouveau paysage de guerres qui n'en finissent pas, même la Somalie a l'air d'avoir changé. Ce pays est dans les esprits l'incarnation du chaos africain — un chaos qui apparaît comme exceptionnel même au cœur d'une région où les conflits sans fin sont la règle. Et si la Somalie n'était pas une exception, mais plutôt une terrifiante image de ce que vers quoi les guerres africaines se dirigent?
 

La «somalisation» de certains Etats

Au premier abord, la Somalie parait déchirée par une guerre civile religieuse qui oppose un gouvernement transitoire incompétent mais soutenu par la communauté internationale et la milice islamiste al-Shabab. En réalité, le conflit se nourrit d'un vieux problème somalien qui poursuit ce pays désespérément pauvre depuis 1991: le warlordism, c'est-à-dire le poids de seigneurs de guerre. Beaucoup de ceux qui commandent ou financent les milices de Somalie ont dépecé le pays ces vingt dernières années dans leur lutte pour contrôler les quelques ressources restantes - le port, l'aéroport, les poteaux téléphoniques et les pâturages.

Les Somaliens en ont assez du Shabab et de ses règles draconiennes — pas de musique, pas de dents en or, même pas de soutiens-gorges. Mais ce qui les empêche de se soulever contre les terroristes étrangers, c'est cette habitude profondément ancrée dans le pays de profiter de la guerre. Le monde a trop longtemps laissé la Somalie s'enliser sans gouvernement permanent. Maintenant, beaucoup de puissants somaliens trouvent leur intérêt dans le chaos. Un exportateur d'huile d'olive à Mogadiscio m'a dit qu'avec quelques amis dans les affaires, il avait acheté une caisse de missiles pour tirer sur les soldats du gouvernement, parce que «les taxes, c'est pénible».

Le plus effrayant, c'est que beaucoup d'Etats défaillants — le Congo par exemple — montrent maintenant des symptômes semblables à ceux de la Somalie. Chaque fois qu'un chef potentiel émerge pour ramener l'ordre à Mogadiscio, les réseaux criminels se mobilisent pour financer son adversaire, peu importe qui il est. Plus ces régions restent sans gouvernement, plus il est dur d'en revenir à ce mal nécessaire qu'est le gouvernement.

Tout cela peut sembler très simplifié car tous les conflits africains n'entrent pas dans ce nouveau paradigme. Le bon vieux coup d'état militaire est toujours utilisé — la Guinée a pu s'en rendre compte en 2008 et Madagascar peu après. J'ai aussi rencontré quelques rebelles qui n'étaient pas des truands et dont les motivations semblaient légitimes, comme certains des chefs du Darfour, au Soudan. Mais même si leurs revendications politiques sont claires, les organisations qu'ils «dirigent» ne le sont pas.

Les rebelles africains de l'ancienne école passaient des années dans la brousse à aiguiser leurs talents de dirigeants, à affiner leur idéologie et à apprendre à se rendre utile avant même de se mettre à rencontrer des diplomates occidentaux ou de donner des interviews télévisées. Aujourd'hui, les rebelles sortent de l'ombre dès qu'ils ont un site Internet et un «service de presse» (comprendre: un téléphone satellitaire). Je suis allé en Lybie en 2007 pour une conférence sur la paix au Darfour. J'ai vite compris que ce qui intéressait surtout ces «chefs» rebelles n'était pas les sessions de négociations, mais le buffet à volonté.
 

Pourquoi?

Pour le reste, il y a ces guerres d'un nouveau genre, ces conflits interminables que je passe mes journées à cataloguer alors qu'ils se poursuivent inexorablement, hachant des vies and recrachant des corps. J'étais récemment au Sud-Soudan pour un article sur la traque de Joseph Kony par l'armée ougandaise et j'ai rencontré une jeune femme appelée Flo. Elle avait été esclave dans la LRA pendant quinze ans et s'était récemment échappée. Elle avait les tibias marqués par les cicatrices et des yeux pierreux. Il y avait souvent de longs silences après mes questions, Flo fixait l'horizon. «Je pense juste à la route pour rentrer à la maison», m'a-t-elle dit. Elle n'a jamais compris pourquoi la LRA se battait. Elle avait l'impression que celle-ci errait sans but dans la jungle et tournait en rond.

Voilà ce que beaucoup de conflits en Afrique sont désormais — des cercles de violence dans la brousse, sans objectif à l'horizon.

Jeffrey Gettleman

Traduit par Aurélie Blondel

Photos, de haut en bas: soldats du gouvernement soudanais en 2005 (REUTERS/Radu Sigheti) - Réfugiés sur une route de Goma, au RD Congo en 2008 (REUTERS) - Un petit réfugié du Darfour dans un camp au Tchad (REUTERS).

Liste des guerres modernes

fr.wikipedia.org

Guerres et conflits en cours en 2015 :
  •      Guerres majeures, plus de 10 000 morts par an
  •      Guerres et conflits, entre 1 000 et 9 999 morts par an
  •      Conflits mineurs, moins de 1 000 morts par an

Cette liste des guerres modernes comprend l'ensemble des guerres qui se sont déroulées après la fin de la Seconde Guerre mondiale en septembre 1945.

Sommaire

Conflits en cours en 2015

Début Guerre/Conflit Lieu Nombre de victimes
Conflits causant plus de 1 000 morts par an
1947 Guerre civile birmane Drapeau de la Birmanie Birmanie 500 000
1960 Conflit de Papouasie occidentale Flag of Indonesia.svg Papouasie occidentale (Indonésie) 400 000
1964 Conflit armé colombien Drapeau de la Colombie Colombie 230 000
1969 Insurrection islamique aux Philippines Drapeau des Philippines Philippines 160 592
1975 Conflit hmong Drapeau du Laos Laos et Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam + de 100 000
1980 Conflit armé péruvien Drapeau du Pérou Pérou 70 000
1989 Insurrection au Jammu-et-Cachemire Drapeau de l'Inde Inde 60 000
1991 Guerre civile somalienne Drapeau de la Somalie Somalie 500 000
2003 Guerre civile au Darfour Drapeau du Soudan Soudan 300 000
2004 Guerre au nord-ouest du Pakistan Drapeau du Pakistan Pakistan 54 492
2004 Guerre du Saada Drapeau du Yémen Yémen 25 000
2006 Guerre de la drogue au Mexique Drapeau du Mexique Mexique 120 000
2009 Rébellion islamiste au Nigeria Drapeau du Nigeria Nigeria 15 000
2011 Guerre civile syrienne Drapeau de la Syrie Syrie 230 618 à 320 000
2011 Conflit inter-soudanais Drapeau du Soudan du Sud Soudan du Sud 15 000
2011 Guerre civile irakienne Drapeau de l'Irak Irak 26 631
2013 Troisième guerre civile centrafricaine Drapeau de la République centrafricaine République centrafricaine 7 472
2013 Guerre civile sud-soudanaise Drapeau du Soudan du Sud Soudan du Sud 50 000
2014 Guerre du Donbass Drapeau de l'Ukraine Ukraine 8 000
2014 Guerre contre l'Etat islamique Drapeau de l'Irak Irak, Drapeau de la Syrie Syrie 10 000
2014 Seconde guerre civile libyenne Drapeau de la Libye Libye 3 500
2015 Guerre d'Afghanistan (depuis 2015) Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan + de 2 000
Conflits causant moins de 1 000 morts par an
1948 Conflit israélo-palestinien Drapeau d’Israël Israël et Drapeau de la Palestine Palestine 22 000
1955 Conflit de Xinjiang Drapeau de la République populaire de Chine Chine + de 2 500
1964 Insurrection en Assam Drapeau de l'Inde Inde 10 000
1967 Rébellion naxalite Drapeau de l'Inde Inde 6 000
1975 Conflit de la Cabinda Drapeau de l'Angola Angola 2 000 à 2 500
1984 Conflit kurde en Turquie Drapeau de la Turquie Turquie 40 000
1995 Insurrection dans l'Ogaden Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie 2 000
1996 Guerre du Crabe Drapeau de la Corée du Nord Corée du Nord et Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud 100
2000 Guérilla en Ciscaucasie Drapeau de la Russie Russie 2 733
2004 Crise dans le delta du Niger Drapeau du Nigeria Nigeria 4 500
2004 Guerres baloutches Drapeau du Pakistan Pakistan 3 679
2004 Conflit dans le Sud de la Thaïlande Drapeau de la Thaïlande Thaïlande 4 500
2011 Conflit au Liban Drapeau du Liban Liban 681
2011 Insurrection du Sinaï Drapeau de l'Égypte Égypte 1 666
2012 Guerre du Mali Drapeau du Mali Mali 2 000

Conflits terminés

1945-1991

Début Fin Guerre/Conflit Lieu Nombre de victimes
1945 1946 Crise irano-soviétique Drapeau de l'Iran Iran 2 000
1945 1949 Révolution nationale indonésienne Drapeau des Indes orientales néerlandaises Indes orientales néerlandaises 75 000 à 200 000
1945 1945 Massacre de Sétif, Guelma et Kherrata Drapeau de la France Algérie française 8 000 à 15 000
1946 1949 Guerre civile chinoise Drapeau de la République de Chine République de Chine 1 200 000
1946 1949 Guerre civile grecque Drapeau de la Grèce Grèce 158 000
1946 1954 Guerre d'Indochine Drapeau de l'Indochine française Indochine française + de 500 000
1947 1947 Insurrection malgache de 1947 Flag of France.svg Colonie de Madagascar et dépendances 89 000
1947 1947 Guerre civile paraguayenne Drapeau du Paraguay Paraguay
1947 1948 Guerre civile de 1947-1948 en Palestine mandataire Drapeau de la Palestine Palestine 5 000
1947 1948 Première guerre indo-pakistanaise Drapeau de l'Inde Inde et Drapeau du Pakistan Pakistan 2 604
1948 1958 La Violencia Drapeau de la Colombie Colombie 200 000
1948 1948 Opération Polo Drapeau de l'Inde Inde 28 400 à 200 000
1948 1960 Insurrection communiste malaise Drapeau de la Malaisie Malaisie 11 053
1948 1949 Guerre israélo-arabe de 1948-1949 Drapeau d’Israël Israël 18 400 à 26 400
1950 1953 Guerre de Corée Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud et Drapeau de la Corée du Nord Corée du Nord 4 500 000
1950 1951 Intervention militaire chinoise au Tibet Drapeau du Tibet Tibet + de 5 000
1952 1960 Révolte des Mau Mau Drapeau du Kenya Kenya + de 22 000
1953 1975 Guerre civile au Laos Drapeau du Laos Laos 20 000 à 70 000
1953 1953 Opération Ajax Drapeau de l'Iran Iran 800
1953 1953 Insurrection de juin 1953 en Allemagne de l'Est Drapeau de l'Allemagne de l'Est Allemagne de l'Est 100
1953 1959 Révolution Cubaine Drapeau de Cuba Cuba 5 000
1954 1962 Guerre d'Algérie Drapeau de la France Algérie française et Drapeau de la France France 800 000 à 1 500 000
1955 1972 Première guerre civile soudanaise Drapeau du Soudan Soudan 500 000
1955 1967 Violences inter-ethniques a Chypre Drapeau de Chypre Chypre 647
1956 1956 Insurrection de Budapest Drapeau de la Hongrie Hongrie 3 500
1956 1957 Crise du canal de Suez Drapeau de l'Égypte Égypte 14 000
1957 1958 Guerre d'Ifni Drapeau du Maroc Maroc 8 400
1958 1958 Crise de 1958 au Liban Drapeau du Liban Liban 1300 à 2000
1959 1975 Guerre du Viêt Nam Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam 5 000 000
1959 1959 Soulèvement tibétain de 1959 Drapeau du Tibet Tibet 85 000 à 87 000
1959 2011 Conflit Basque Drapeau du Pays basque Pays basque 1 300
1960 1965 Crise Congolaise Drapeau de la République du Congo-Léopoldville République du Congo-Léopoldville 100 000
1960 1996 Conflit armé guatémaltèque Drapeau du Guatemala Guatemala 140 000 à 200 000
1961 1990 Révolution sandiniste Drapeau du Nicaragua Nicaragua 30 000
1961 1961 Crise de Bizerte Drapeau de la Tunisie Tunisie + de 650
1961 1991 Guerre d'indépendance de l'Erythrée Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie 230 000 à 655 000
1961 1975 Guerre d'indépendance de l'Angola Drapeau de l'Angola Angola 53 000
1961 1961 Débarquement de la baie des Cochons Drapeau de Cuba Cuba 294
1961 1961 Invasion de Goa Drapeau de l'Inde Inde 54
1962 1962 Crise de l'été 1962 Drapeau de l'Algérie Algérie 1 000
1962 1964 Rébellion touarègue de 1962-1964 Drapeau du Mali Mali
1962 1966 Konfrontasi Drapeau de la Malaisie Malaisie 704
1962 1970 Guerre civile du Yémen du Nord Drapeau de la République arabe du Yémen Yémen du Nord 100 000 à 200 000
1962 1962 Guerre sino-indienne Drapeau de l'Inde Inde 3 005
1963 1963 Guerre des Sables Drapeau de l'Algérie Algérie et Drapeau du Maroc Maroc 339
1963 1974 Guerre d'indépendance de la Guinée-Bissau Drapeau de la Guinée-Bissau Guinée-Bissau 13 000
1964 1975 Guerre d'indépendance du Mozambique Drapeau du Mozambique Mozambique 13 500
1964 1964 Révolution de Zanzibar Drapeau de Zanzibar Zanzibar 80
1964 1976 Guerre du Dhofar Drapeau d'Oman Oman 2 524
1965 1979 Guerre civile tchadienne Drapeau du Tchad Tchad 3500
1965 1965 Massacres de 1965 en Indonésie Drapeau de l'Indonésie Indonésie 500 000 à 1 000 000
1965 1965 Deuxième guerre indo-pakistanaise Drapeau de l'Inde Inde et Drapeau du Pakistan Pakistan + de 7 000
1965 1966 Occupation de la République Dominicaine par les USA Drapeau de la République dominicaine République dominicaine + de 2 700
1966 1988 Guerre sud-africaine de la frontière Drapeau de l'Angola Angola et Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud 15 000 à 18 000
1966 1967 Guérilla en Bolivie Drapeau de la Bolivie Bolivie
1968 1968 Années de Plomb Europe Europe + de 1 000
1967 1967 Guerre des Six Jours Drapeau de l'Égypte Égypte et Drapeau d’Israël Israël 14 000 à 24 000
1967 1975 Guerre civile cambodgienne Drapeau du Cambodge Cambodge 600 000
1967 1970 Guerre du Biafra Drapeau du Nigeria Nigeria 1 000 000 à 3 100 000
1967 1974 Guérilla de l'Araguaia Drapeau du Brésil Brésil 100
1967 1970 Guerre d'usure Drapeau d’Israël Israël 13 925 à 14 755
1968 1968 Invasion de la Tchécoslovaquie Drapeau de la Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie 220
1969 1998 Conflit nord-irlandais Drapeau de l'Irlande du Nord Irlande du Nord 3 000
1969 1969 Conflit frontalier sino-soviétique Drapeau de l'URSS Union soviétique et Drapeau de la République populaire de Chine Chine 160
1969 1969 Guerre du Football Drapeau du Salvador Salvador et Drapeau du Honduras Honduras 3 000
1970 1971 Septembre Noir Drapeau de la Jordanie Jordanie 20 600
1971 1971 Troisième guerre indo-pakistanaise Drapeau du Bangladesh Bangladesh 512 000 à 3 000 000
1971 1971 Guerre de libération du Bangladesh Drapeau du Bangladesh Bangladesh 300 000
1972 1979 Guerre du Bush Drapeau de Rhodésie Rhodésie 20 000
1973 1973 Guerre du Kippour Drapeau d’Israël Israël et Drapeau de l'Égypte Égypte 20 000
1974 1974 Invasion turque de Chypre Drapeau de Chypre Chypre 895
1974 1991 Guerres civiles en Éthiopie Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie 230 000 à 1 400 000
1975 1990 Guerre du Liban Drapeau du Liban Liban 140 000
1975 1991 Guerre du Sahara Occidental Sahara occidental 13 000
1975 1976 Invasion du Timor Oriental Drapeau du Timor oriental Timor oriental 91 800 à 203 000
1975 2002 Guerre civile angolaise Drapeau de l'Angola Angola 1 000 000
1976 1982 Insurrection des Frères musulmans en Syrie Drapeau de la Syrie Syrie 20 000 à 80 000
1976 1983 Guerre sale Drapeau de l’Argentine Argentine 30 000
1977 1978 Guerre de l'Ogaden Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie 15 000
1977 1977 Première Guerre du Shaba Drapeau du Zaïre Zaïre
1977 1977 Guerre égypto-libyenne Drapeau de l'Égypte Égypte et Drapeau de la Libye Libye 5000
1977 1992 Guerre civile au Mozambique Drapeau du Mozambique Mozambique 900 000
1978 1987 Guerre tchado-libyenne Drapeau du Tchad Tchad 8500
1978 1978 Seconde Guerre du Shaba Drapeau du Zaïre Zaïre 900
1978 1979 Guerre ougando-tanzanienne Drapeau de l'Ouganda Ouganda 4000
1978 1989 Guerre Cambodge-Vietnam Drapeau du Kampuchéa démocratique Kampuchéa démocratique et Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam 175 000 à 200 000
1978 1979 Révolution iranienne Drapeau de l'Iran Iran 532 à 2 781
1979 1979 Guerre sino-vietnamienne Drapeau de la République populaire de Chine Chine et Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam 300 000
1979 1979 Révolte du Khouzistan de 1979 Drapeau de l'Iran Iran 25 à 112
1979 1989 Guerre d'Afghanistan (1979-1989) Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan 1 000 000
1979 1992 Guerre civile au Salvador Drapeau du Salvador Salvador 27 000
1979 1979 Prise de la Grande Mosquée de la Mecque Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite 312
1980 1988 Guerre Iran-Irak Drapeau de l'Iran Iran et Drapeau de l'Irak Irak 1 000 000
1980 2005 Conflit en Casamance Sénégal Sénégal 1 000
1981 1986 Guerre de brousse en Ouganda Drapeau de l'Ouganda Ouganda 100 000 à 500 000
1982 1982 Guerre des Îles Malouines Drapeau des Îles Malouines Malouines 907
1983 1983 Invasion de la Grenade Drapeau de Grenade Grenade 115
1983 2009 Guerre civile du Sri Lanka Drapeau du Sri Lanka Sri Lanka 50 000
1983 2005 Seconde guerre civile du Soudan Drapeau du Soudan Soudan 1 000 000 à 2 000 000
1985 1985 Guerre de la bande d'Agacher Drapeau du Burkina Faso Burkina Faso et Drapeau du Mali Mali 179
1986 1992 Guerre civile du Suriname Drapeau du Suriname Suriname 427
1987 2009 Insurrection de l'Armée de Résistance du Seigneur Drapeau de l'Ouganda Ouganda 12 000
1987 1988 Conflit frontalier entre le Laos et la Thaïlande Drapeau du Laos Laos et Drapeau de la Thaïlande Thaïlande 1 000
1987 1993 Première Intifada Drapeau de la Palestine Palestine 2 304
1988 1994 Guerre du Haut-Karabagh Drapeau de l'Arménie Arménie et Drapeau de l'Azerbaïdjan Azerbaïdjan 17 000
1989 1990 Invasion du Panamá par les États-Unis Drapeau du Panama Panama 5 000
1989 1989 Révolution roumaine de 1989 Drapeau : Roumanie Roumanie 1 104
1989 1997 Première guerre civile libérienne Drapeau du Libéria Liberia 100 000 à 220 000
1989 1991 Conflit sénégalo-mauritanien Sénégal Sénégal et Drapeau de la Mauritanie Mauritanie 400
1990 1991 Guerre du Golfe Drapeau du Koweït Koweït et Drapeau de l'Irak Irak 150 000
1990 1995 Rébellion touarègue de 1990-1995 Drapeau du Mali Mali et Drapeau du Niger Niger

Depuis 1991

Début Fin Guerre/Conflit Lieu Nombre de victimes
1991 1991 Guerre de Slovénie Drapeau de la Slovénie Slovénie et Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie 60
1991 1993 Guerre civile géorgienne Drapeau de la Géorgie Géorgie
1991 1993 Guerre de Croatie Drapeau de la Croatie Croatie 20 000
1991 1994 Guerre civile djiboutienne Drapeau de Djibouti Djibouti
1991 2001 Guerres de Yougoslavie Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie 200 000
1991 2002 Guerre civile algérienne Drapeau de l'Algérie Algérie 150 000
1991 2002 Guerre civile de Sierra Leone Drapeau de Sierra Leone Sierra Leone 75 000
1992 1992 Guerre civile de Moldavie Drapeau de la Moldavie Moldavie 3 500
1992 1995 Guerre de Bosnie-Herzégovine Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine 103 000
1992 1997 Guerre civile du Tadjikistan Drapeau du Tadjikistan Tadjikistan 100 000
1992 1996 Guerre d'Afghanistan Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan
1992 1992 Conflit en Ossétie du Nord Drapeau de la Russie Russie 542
1993 2005 Guerre civile du Burundi Drapeau du Burundi Burundi 300 000
1993 1993 Crise constitutionnelle russe Drapeau de la Russie Russie + de 2 000
1993 1999 Guerre civile du Congo-Brazzaville Drapeau de la République du Congo République du Congo 4 000 à 10 000
1994 1999 Guerre de Caprivi Drapeau de la Namibie Namibie
1994 1996 Première guerre de Tchétchénie Drapeau de la Tchétchénie Tchétchénie 20 000 à 40 000
1994 1994 Guerre civile / Génocide tsutsi Drapeau du Rwanda Rwanda 810 000
1994 1994 Guerre civile de 1994 au Yémen Drapeau du Yémen Yémen 7 444
1995 1995 Guerre du Cenepa Drapeau du Pérou Pérou et Drapeau de l'Équateur Équateur 120 à 500
1996 2006 Guerre civile népalaise Drapeau du Népal Népal 12 200
1996 1997 Première Guerre du Congo Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo 250 000 à 800 000
1996 2014 Révolte au Chiapas Drapeau du Mexique Mexique 118 à 126
1997 1997 Crise cambodgienne de 1997 Drapeau du Cambodge Cambodge 140
1998 2000 Guerre Érythrée-Éthiopie Drapeau de l'Érythrée Érythrée et Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie 150 000
1998 2003 Deuxième guerre du Congo Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo 5 400 000
1998 1998 Guerre d'Abkhazie Drapeau de l'Abkhazie Abkhazie 60 à 495
1998 1999 Guerre civile de Guinée-Bissau Drapeau de la Guinée-Bissau Guinée-Bissau 6 000
1999 1999 Conflit de Kargil Drapeau de l'Inde Inde et Drapeau du Pakistan Pakistan 4 000
1999 1999 Guerre du Kosovo Drapeau de la République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie 10 000
1999 2000 Seconde guerre de Tchétchénie Drapeau de la Tchétchénie Tchétchénie 16 000
1999 2003 Seconde guerre civile libérienne Drapeau du Libéria Liberia 150 000 à 300 000
1999 1999 Conflit de Kargil Drapeau de l'Inde Inde et Drapeau du Pakistan Pakistan 1 000 à 4 000
2000 2005 Seconde Intifada Drapeau de la Palestine Palestine et Drapeau d’Israël Israël 4 183
2001 2001 Conflit de 2001 en Macédoine Drapeau de la Macédoine Macédoine 70
2001 2014 Guerre d'Afghanistan Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan 65 000
2002 2007 Crise politico-militaire en Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire 1 500
2003 2011 Guerre d'Irak Drapeau de l'Irak Irak 155 000 à 1 486 000
2004 2009 Guerre du Kivu Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo 300
2004 2009 Première guerre civile centrafricaine Drapeau de la République centrafricaine République centrafricaine + de 100
2005 2010 Guerre civile tchadienne Drapeau du Tchad Tchad 1 140
2006 2006 Conflit israélo-libanais de 2006 Drapeau du Liban Liban et Drapeau d’Israël Israël 1 600
2007 2009 Rébellion touarègue Drapeau du Mali Mali et Drapeau du Niger Niger 300
2007 2008 Violences postélectorales au Kenya Drapeau du Kenya Kenya 1 500
2008 2008 Deuxième Guerre d'Ossétie du Sud Drapeau de l'Abkhazie Abkhazie et Drapeau de l'Ossétie du Sud Ossétie du Sud 1 600
2008 2009 Guerre de Gaza de 2008-2009 Drapeau de la Palestine Palestine et Drapeau d’Israël Israël 1 340
2008 2008 Guerre djibouto-érythréenne Drapeau de l'Érythrée Érythrée et Drapeau de Djibouti Djibouti 112
2008 2008 Conflit frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande Drapeau du Cambodge Cambodge et Drapeau de la Thaïlande Thaïlande 41
2010 2011 Révolution de Jasmin Drapeau de la Tunisie Tunisie 338
2010 2011 Crise ivoirienne de 2010-2011 Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire 3 000
2011 2011 Révolution égyptienne Drapeau de l'Égypte Égypte 890
2011 2011 Guerre civile libyenne de 2011 Drapeau de la Libye Libye 20 000
2011 2011 Soulèvement bahreïni Drapeau de Bahreïn Bahreïn 100
2012 2013 Rébellion du M23 Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo 241
2012 2013 Deuxième guerre civile centrafricain Drapeau de la République centrafricaine République centrafricaine 565
2012 2012 Guerre de Gaza de 2012 Drapeau de la Palestine Palestine 169
2013 2013 Conflit de Sabah Drapeau de la Malaisie Malaisie 78
2014 2014 Guerre de Gaza de 2014 Drapeau de la Palestine Palestine 2 290

Notes et références

Annexes

Articles connexes