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Κυριακή 10 Δεκεμβρίου 2017

Le chant, l’homme et Dieu


Le chant de Dieu 

P. Steven Freeman

L’homme est une composition musicale, un hymne merveilleusement composé à l’activité créatrice puissante.
Saint Grégoire de Nysse1 (PG 44, 441 B)

Foto d'ici
Dans la pensée de saint Grégoire de Nysse, l’homme n’est pas seulement un chanteur, mais un chant. Nous ne sommes pas seulement chant, mais le chant de Dieu. En effet, dans un thème des Pères (de l’Eglise), toute la création est le chant de Dieu, parlé (ou chanté) et venu à l’existence. «Que la lumière soit», est plus que l’expression d’un commandement : c’est la prononciation d’une phrase qui organise l’univers comme un morceau musical. Dieu chante. Toute la création chante. Le chant de louange qui naît de la création est offert à Dieu, l’Auteur de toutes choses. C’est aussi le chant de la création elle-même, une révélation de la vérité de son être. La musique n’est pas un divertissement : si elle est réalisée correctement, elle est le cœur même de la création.
Les anges dans la vision d’Ésaïe (chapitre 6) s’écriaient mutuellement dans le chant : «Saint, saint, saint, est le Seigneur, Dieu des armées …» Le chant de l’un appelle le chant de l’autre. L’adoration est l’offrande de tout notre être, appelant le chant de toute la création en union avec le chant que Dieu Lui-même chante.
Pour se comprendre comme le chant de Dieu, il y a une phrase dans son hymne à la création, qui affirme tant notre unicité que notre union avec le tout. Notre prière, notre culte, notre vie, sont une offrande du chant que Dieu lui-même a soufflé.
Nos habitudes de pensée fournissent des moyens par lesquels nous nous concevons. Il me semble intéressant de noter que notre concept moderne de l’existence humaine a minimisé le rôle de la musique. La musique est quelque chose que nous faisons, une industrie par laquelle nous gagnons de l’argent. C’est un instrument pour la glorification des ego. La musique est déformée.
Dans le même temps, notre culture a fait de la musique un vaste secteur financier, les gens eux-mêmes sont devenus moins musicaux. La capacité de jouer d’un instrument (autre que l’air-guitare) a diminué profondément. Les programmes de musique au sein des écoles sont jugés trop coûteux à financer. Le nombre de jeunes sans formation ou expérience musicale continue d’augmenter. Les gens chantent rarement ensemble (une coutume autrefois universelle avant la modernité), sauf dans les environnements les plus structurés. La musique folklorique (la musique des peuples) disparaît rapidement (ces choses sont peut-être plus vraies en Amérique qu’en Europe).
Je ne devrais jamais prédire une disparition de la musique – car les êtres humains sont un chant et le chant ne disparaîtra pas. Mais vivre d’une manière qui nous aliène de notre qualité d’être le chant de Dieu est vivre avec un vide existentiel. Si l’homme est un chanteur, alors il doit chanter – et il doit chanter à Dieu.

Source: Glory 2 God for all things.

 
D'ici
1 Grégoire de Nysse (vers 331 à 394) est un intellectuel passionné de rhétorique qui enseigne la philosophie. Son épouse l’adore et c’est réciproque. Quand son grand frère, saint Basile de Césarée, le consacre évêque de Nysse, une petite bourgade rurale de Cappadoce, cet intellectuel le ressent comme un exil, mais il l’accepte par devoir dans un monde si peu chrétien. 
Il se heurte à l’empereur qui soutient l’arianisme et qui l’exile. Il reviendra dans son diocèse à la mort de Valens et se fait le champion de la foi en la Trinité. Il sera l’un des principaux artisans de la victoire de l’orthodoxie au concile de Constantinople en 381. Saint Grégoire de Nysse est sans aucun doute l’un des plus grands théologiens spéculatifs, d’une ouverture d’esprit rarement égalée. Ce maître de la théologie contemplative par ses grands traités spirituels, est en même temps un pasteur et un catéchète soucieux de se faire comprendre par tous. 
Source: nominis.cef.fr


Voir aussi 

LES CHEMINS DE LA CONVERSION (Saint Jean Chrysostome)
L’Eglise Orthodoxe à La Réunion 

Σάββατο 4 Μαρτίου 2017

Nouveau diacre pour l'Eglise orthodoxe à l'Ile Maurice


 

Avec la bénédiction du pape orthodoxe et Patriarche d'Alexandrie et de toute l'Afrique,Théodore II, venerable mitropolite de Madagascar Ignatius a ordonné un chrétien orthodoxe français diacre.

Le nouveau diacre, médecin de profession, Jean Cleper sert maintenant la paroisse orthodoxe grecque de l'île Maurice, dans l'Eglise  de la Transfiguration du Crist.

Le diacre et diaconesse épouse Sophia vont offrir leurs services aux côtés de l'Ancien chef p. Mattey, qui est d'origine suisse.

Une nouvelle présence orthodoxe brillera aujourd'hui dans le pays missionnaire Indien, près d'un autre noyau ecclésiastique vivant dans l'île de la Réunion.

In English here.
Traduction du grec en français par notre soeur N. K.

Sources:
Ορθόδοξη Ιεραποστολή – Orthodox Mission – Mission Οrthodoxe – Misión Ortodoxa – Missão Ortodoxa – Missione Ortodossa – православная миссия – Misiunea Ortodoxă – 东正教使命 – रूढ़िवादी मिशन 

D'ici
 

Σάββατο 28 Ιανουαρίου 2017

Mauritius: a new Deacon (& doctor) in the Orthodox Church




With the blessings of the Orthodox Pope and Patriarch of Alexandria and All Africa Theodore II, the Very Reverend Metropolitan Ignatius of Madagascar ordained an Orthodox Christian Frenchman as Deacon. 
The new Deacon - a doctor by profession - Jean Cleper, will henceforth serve the Greek Orthodox Parish of Mauritius, in the exquisite Sacred Temple of the Transfiguration of the Saviour.
The Deacon and his wife, deaconess Sophia will be offering their services alongside the Head Presbyter, Fr. Mattey, who is of Swiss origin.
A new Orthodox presence will be shining even more from now on, in the Missionary land that is situated in the Indian Ocean and close to another, vibrant ecclesiastic nucleus - in the French-speaking island of Réunion.



Sources: Ορθόδοξη Ιεραποστολή – Orthodox Mission – Mission Οrthodoxe – Misión Ortodoxa – Missão Ortodoxa – Missione Ortodossa – православная миссия – Misiunea Ortodoxă – 东正教使命 – रूढ़िवादी मिशन
Translation from Greek by our sister A.N.

Click: 


Map from here




Παρασκευή 27 Ιανουαρίου 2017

With Love to Mauritius, 2004



By Fr. Gregory Horton 


Fr. Gregory & Fr. Markos... Brotherhood Across Cultures
Mission to Mauritius

This is a brief account of the journey that I took with my dear wife, Khouria Cindy (Elizabeth) Horton, to the Island of Mauritius in the Indian Ocean from August 23rd to September 1st, 2004.   We had already been away from home for nearly a month, having participated in an Orthodox Christian Mission trip to East Africa.  Home was very far away and growing farther with each passing airline mile from Nairobi, Kenya into the southern Indian Ocean.  Our four children had not seen us since July 29th and we were now beginning yet another adventure!

Fr. Gregory & Fr. Markos... Brotherhood Across Cultures 


I had wanted to visit the Island ever since reading about it four years before in a magazine published by the Orthodox Christian Mission Center in St. Augustine, Florida.  I had read that a new Orthodox Christian community had been formed by Bishop NEKTARIOS of Madagascar and that the new community was seeking a priest to serve there.  So it was a dream realized for me when I discovered that we could travel to the exotic island following our service on the team in Tanzania.  I wondered what surprises awaited us after having experienced the intense life of the dear people of East Africa.

We were greeted in the early morning hours at the airport by the president of the Orthodox Christian Society of Mauritius, Elena, a Russian émigré who had married a Mauritian man studying to become a doctor in the Soviet Union many years before.  She was accompanied by her husband, Dr. Vasile Badry, and another gentleman, Alex, who had also married a Mauritian native and moved from his native Austria (he is Serbian Orthodox).  We had arrived on �Paradise Island� and were taken directly to our new quarters�a rented house near the northwest corner of the island, just north of the capitol city, Port Louis.  The airport is located at the southeast corner of the island, so this initial drive gave us a pretty good idea of how far it is across the island on the main highway that crosses it diagonally.  The island is only about 50 miles by forty miles at its widest point, yet the population numbers about 1.2 million people.  So, needless to say, there is some congestion, traffic and always lots of people throughout the island.

Our itinerary was a splendid surprise arranged by our Orthodox Christian hosts.  It consisted of daily excursions to all of the far flung sections of the island with a different family from the Orthodox community each day.  We saw everything from gorgeous beaches filled with tourists from Europe and Australia to volcanic craters at the center of the island.  These were hidden in the highest mountains where one could gaze out and see great distances in all directions, beholding the sea far beyond the edge of the island�glorious!  We experienced the hustle bustle of the large city of Port Louis, with its tourist attractions as well as the humble city market that stretches up and down the streets at the city center.  We also drove almost the entire perimeter of the island on consecutive days, taking in a bit more territory each day.  We passed through many villages with exotic French names such as Flic-en-Flac and Curepipe.  The most interesting aspect of our trip was, however, (at least for me), the people and their unique culture.  Bits and pieces of this were shared by our many hosts until we could see the entire picture.



The map from here

The history of Mauritius is not very old because there were no people living on the island before the Europeans arrived.  First came the Dutch and the Portuguese�but both left in short order.  Next came the French and they remained and colonized the island.  They brought slaves from Madagascar and East Africa to work as laborers on the sugar plantations and elsewhere.  The slaves learned French in order to speak to their masters, but they also altered the language a bit in order to be able to speak among themselves without the French overlords understanding.  This was because they had been taken from so many different tribes and places and would not have been able to communicate otherwise.  This is the origin of the Creole language as spoken on Mauritius.  Together with French, it is spoken by the people on the island even today. 

The next to come were the British, who took control from the French and abolished slavery.  They also brought the English language to Mauritius.  English remains the official (but not preferred) language on the island today.  When slavery was abolished, the British imported many hired servants from their Indian colony.  This explains why 50% of the present population is Indian.  The majority of these people practice Hinduism and Hindu shrines and temples dot the countryside everywhere.  As for the rest of the population, about 30% are Roman Catholic Creoles, about 15% (and growing) practice Islam and the remaining 5% are primarily Buddhists from China.  There is a small percentage of Christians who are not Roman Catholic.  There is a tense balance between the various religious and ethnic groups and the government strives very hard to maintain this balance.

We next come to the peculiar caste systems on the island.  First, there is a similar caste system among the Hindu population as exists in India.  There are the Brahmans at the top and the untouchables at the bottom.  It is amazing that the system has been transplanted almost entirely wholesale from the Indian motherland.  The other type of caste system extends beyond the Indian community and was explained to us in terms of �color�.  Simply stated, the lighter a person�s skin, the higher up on the social ladder they are placed.  White Mauritians are the elite, both financially and politically.  There is a small group of white families that controls the majority of wealth on the island.  Foreigners are generally excluded from this caste system and disregarded as mere tourists, but for Mauritians, this color caste is very serious business.  One is strongly encouraged to marry a lighter or similar colored person.  However, there also seems to be a high level of intermarriage between races and religions.  Many people that I spoke with about this consider this practice normal and desirable for Mauritian society. 

The food on Mauritius is strongly influenced by Indian cuisine, although it has a local twist. North American fast food (McDonald�s, KFC, Pizza Hut, etc. is also present on the island alongside street vendors of all sorts and Islamic cuisine (very hot�it made my wife pretty ill).

Another noticeable feature of life on Mauritius is the presence of dogs absolutely everywhere.  They bark all night and the residents consider this to be normal and acceptable.  In fact, one night we were celebrating my wife�s birthday on the beach with several of our hosts, when all of a sudden an enormous canine fight broke out among two of their four dogs on the beach.  Our host proceeded to jump up, grabbed his son�s guitar (after the young man had just played an exquisite concert of varied works with the instrument), and smashed the guitar over the most aggressive dog�s back.  We were wondering if he had ever attended a Jimmy Hendrix concert!  Well, I for one was pretty excited about the festivities, but Khouria Cindy was simply in shock.

Divine Liturgy on the Island of Mauritius 


Orthodox church in Mauritius (from here)

Finally, Sunday arrived and it was time for the Divine Liturgy.  The Orthodox Christians do not gather for services because there is no one to lead them or to sing the services.  In fact, I was the first priest to ever serve in the church (Bishop NEKTARIOS had served several times but never before did a priest serve there).  The church building is a beautiful Byzantine structure financed from abroad through the efforts of Bishop NEKTARIOS.  The community consists of about 40-50 people of all national backgrounds, including several indigenous Mauritians.  We were told that there are several hundred Orthodox Christians (mostly Russians) who would come if a permanent priest is assigned to the island. Khouria Cindy led several singers in the responses during the Liturgy.  The Gospel was read in French and English and the Liturgy was celebrated in these and several other languages.  The atmosphere was festive and enthusiastic.  There is a sense of hope and looking forward to a bright future as the Orthodox community completes the building, matures and acquires a resident priest.  After refreshments, it was time to retire and begin planning for the journey home.

I told the people of the Orthodox Association that I would be submitting a full report to Bishop NEKTARIOS upon arriving home.  Little did any of us know that both the Patriarch (PETROS of Alexandria) and the Bishop (NEKTARIOS of Madagascar) that I commemorated on that Sunday in Mauritius would both leave this life in a helicopter crash a few short weeks later.  The faithful are now devastated and have asked me to recommend a prayer service for them to offer in honor and memory of their beloved founding Bishop.  Khouria and I are still processing the entire trip and seeking to discern how the many varied experiences will affect our lives.  One cannot simply �go for a visit� to these places�the images live within us and will be part of us for many years to come..  


Please, see also
 
Orthodox Church in Mauritius (official website)
Mauritius: the so called “paradises” and Paradise
L'Église orthodoxe de Maurice
Orthodox Mauritius

Orthodox Mission of Madagascar | Facebook
The Orthodox Christian Church in Madagascar
Orthodox Madagascar
L'Eglise Orthodoxe à Madagascar

Orthodox Mission in Tropical Africa (& the Decolonization of Africa)
How “White” is the Orthodox Church?
Ancient Christian faith (Orthodox Church) in Africa
African Initiated Churches in Search of Orthodoxy...

Τρίτη 31 Μαΐου 2016

LES CHEMINS DE LA CONVERSION (Saint Jean Chrysostome)




  Voulez-vous que je vous montre les différents chemins de la conversion ? Ils sont nombreux et variés mais ils conduisent tous au Royaume.
Le premier chemin est la condamnation de ses propres erreurs. Commencez par reconnaître vos erreurs pour être justifiés. C’est ce que le prophète dit : « Je t’ai fait connaître mon péché, je n’ai pas caché mon iniquité ; J’ai dit : J’avouerai mes transgressions à l’Eternel ! Et tu as effacé la peine de mon péché. » (Ps 31/32 :5). Ainsi vous condamnez les fautes que vous avez commises et cela suffira pour que le Maître vous écoute. Car la personne qui confesse ses fautes ne craindra plus de les commettre à nouveau.
Il y a un second chemin qui n’est pas inférieur au premier. C’est de ne pas garder rancune envers nos ennemis, de surmonter notre colère afin de pardonner les offenses de nos compagnons car c’est de la sorte que nous obtiendrons le pardon de la part de Notre Seigneur. Ceci donc est le second chemin de la conversion. Le Seigneur dit « Si vous pardonnez aux autres leurs offenses, votre Père Céleste vous pardonnera aussi » (Mathieu 6 :14).
Voulez-vous connaître le troisième chemin de la conversion ? C’est la prière fervente et attentive dans le fond de votre cœur…
Le quatrième chemin est celui du don (des aumônes)…Ce chemin possède une puissance considérable…
Et puis il y a (le chemin de) la modestie et de l’humilité qui ne sont pas des moyens inférieurs pour déraciner les pêchés. Nous avons le publicain comme exemple : il ne pouvait pas proclamer ses bonnes actions, cependant il les a remplacées par l’offrande de son humilité et ainsi il déposa le lourd fardeau de ses fautes…
Nous vous avons indiqué cinq chemins de conversion….aussi ne restez pas inactifs mais utilisez ces cinq chemins tous les jours. Ce sont des chemins faciles et vous ne pouvez utiliser votre impuissance comme prétexte pour ne pas les emprunter.
 
Voir aussi

Saint Jean Chrysostome sur le mariage
St John Chrysostom the archbishop of Constantinople

L’Eglise Orthodoxe à La Réunion
Théosis (déification) 
Travelers on the Way to the Light 

Τετάρτη 9 Σεπτεμβρίου 2015

L’Eglise Orthodoxe à La Réunion



Photo à partir d'ici 

Communauté orthodoxe à l'île de la Réunion

L’Eglise Orthodoxe à La Réunion dépend du Patriarcat d’Alexandrie. Plus précisément du diocèse de Madagascar de ce même Patriarcat. Il en est de même pour l’Eglise Orthodoxe à Maurice

Le Patriarcat d’Alexandrie a comme champ d’action toute l’Afrique. Pour plus de détails concernant l’organisation de l’Eglise Orthodoxe on peut se référer à l’article suivant de wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_orthodoxe ; ou encore le lien suivant: http://www.sagesse-orthodoxe.fr/wp-content/uploads/2011/07/LEglise-orthodoxe-organisation-doctrine-et-sacrements.pdf
 

Présentation du prêtre de la communauté:

Depuis janvier 2014 il s’agit du P. Loukas qui a remplace le P. Jean.

Comme le P. Jean , le P. Loukas est malgache.

Pour l’état civil il s’appelle Julien Raymond Ralambo, né le 31 Août 1953 à Antananarivo. Il habite la capitale malgache , son email est: ralambojulien99@gmail.com.

Il dessert normalement la paroisse de Sainte Olympiada (HTS 98 TER Ambohitrimanjaka). Il a été ordonné prêtre le 25 avril 1999 à la cathédrale de La Dormition de La Mère de Dieu par Mgr Nektarios (Kellis) de bienheureuse mémoire. Il est marié , son épouse s’appelle Zoi ; il a 2 filles et 1 fils. Le P. Loukas a fait 3 années de médecine, il s’est reporté ensuite sur la Gestion des organisations, l’Informatique (analyse et programmation) et bien entendu la Théologie Orthodoxe.

En plus du malagasy, le P. Loukas connaît le français, l’anglais, l’allemand, l’italien et le grec moderne. 


Ci-dessous photo prise lors d’une célébration de vêpres au cours du mois d’Août 2013.

LA PRÉSENCE ORTHODOXE À LA RÉUNION ET DANS L’OCÉAN INDIEN

(extrait du document d’origine paru dans le S.O.P. du mois de mai 2011.)

(…)

L’île de La Réunion est aujourd’hui dotée d’une communauté chrétienne orthodoxe vivante et active. Un événement fondateur a eu lieu les 12 et 13 juin dernier[en 2010]. Pour la première fois, la liturgie eucharistique a pu être célébrée, grâce à la venue d’une délégation extérieure : l’évêque de ce diocèse, Mgr Ignatios (Sennis), qui est basé à Madagascar, accompagné d’un prêtre malgache. Cette rencontre a été rendue possible grâce à l’hospitalité de l’Église catholique et de l’ordinaire du lieu, Mgr Gilbert Aubry, ainsi que de la congrégation des Filles de Marie, à Saint-Denis, dans la chapelle desquelles s’est déroulée la liturgie orthodoxe. La rencontre avait été préparée lors du passage de l’évêque Ignatios, un mois plus tôt, qui avait annoncé au petit groupe de fidèles réunionnais son intention d’aider les orthodoxes de l’île dans leur vie religieuse.

La Réunion, comme Madagascar et l’Île Maurice, font partie des îles de l’Afrique de l’Est. Comme nous l’évoquait naguère, lors d’une rencontre au patriarcat d’Alexandrie, le métropolite Irénée, un évêque missionnaire qui avait exercé ses fonctions dans plusieurs pays du continent, l’Afrique est une terre chrétienne, pour sa majeure partie. Il ajoutait que si les Églises chrétiennes dépassaient leurs schismes et divisions actuels, elles réuniraient en Afrique des centaines de millions de fidèles, sans doute plus de la moitié de la population de ce continent dont selon les anthropologues (évolutionnistes) serait issue l’espèce humaine. Le métropolite Irénée a malheureusement trouvé la mort dans le tragique accident d’hélicoptère qui, le 11 septembre 2004, coûta la vie au patriarche Pierre VII, ainsi d’ailleurs qu’à l’évêque Nectaire de Madagascar et à une dizaine de personnes encore, accompagnant le patriarche qui se rendait en pèlerinage au Mont Athos (SOP 291.1).

L’église orthodoxe est présente en Afrique depuis les origines, et le patriarcat d’Alexandrie est le second dans l’ordre des diptyques, le patriarche portant d’ailleurs le titre de pape d’Alexandrie. L’Égypte est la terre qui accueillit Jésus-Christ et la Sainte Famille, puis saint Marc. Elle est aussi avec la Palestine, la terre première des moines du Désert, de saint Antoine, de saint Paul de Thèbes, de saint Cyrille d’Alexandrie et de tant d’autres saints, sans oublier sainte Catherine. Au-delà des divisions historiques, l’orthodoxie a essaimé ensuite dans toute l’Égypte, et rayonne toujours sur le continent et dans ses îles. À partir du patriarcat d’Alexandrie se sont créés de nombreux diocèses (une trentaine d’évêques) dans l’Afrique francophone (Cameroun, Congo, Sénégal, Mali, Bénin, Madagascar) ou anglophone (Afrique du Sud, Kenya etc.), avec l’aide importante de la mission orthodoxe hellénique. Des Églises reliées à d’autres juridictions canoniques sont également très présentes en Afrique (de nombreuses missions roumaines, grecques et russes), sans oublier, bien sûr, les Églises préchalcédoniennes : l’Église copte et celle d’Éthiopie.

Dans les îles d’Afrique de l’Est, la présence orthodoxe est ancienne à Madagascar et se trouve étroitement liée à l’arrivée de la communauté grecque avant même la conquête française. Les colons grecs fortunés installaient souvent dans leurs concessions agricoles des chapelles. Certains d’entre eux, comme les familles Tsakanias et Mellis, entre autres, ont pu ainsi faire construire deux églises, l’une à Antananarivo, l’autre à Majunga, au milieu du 20e siècle. À l’époque (1935), un évêque basé à Johannesburg s’était déplacé pour bénir ces communautés, puis pour consacrer les deux églises. Les avatars de la politique malgache et de la décolonisation ont mis en péril ce dispositif. Paradoxalement, en raison de l’orientation socialiste et de l’alliance géopolitique du pays, dans les années 1970-1980, avec le bloc de l’Est, ces églises ont connu un renouveau avec la venue de paroissiens russes, tchèques et roumains, mais cette situation n’a pas eu de suite.

Ce n’est que depuis une quinzaine d’années que, grâce à la mission hellénique, le patriarcat d’Alexandrie a créé un diocèse à Madagascar, avec une volonté missionnaire très affirmée. Le premier artisan de cette relance a été précisément l’évêque Nectaire (Kellis), le premier évêque installé à Madagascar, et disparu lors de l’accident du 11 Septembre 2004. Lors de nos rencontres fréquentes, ce dernier, qui était d’origine grecque et australienne, évoquait souvent le schéma classique d’implantation de l’orthodoxie en Afrique et dans la région avec la construction d’une église, d’un orphelinat et d’un hôpital puis d’un séminaire, ce qu’il avait commencé à édifier à l’Île Maurice. Le diocèse de Madagascar compte actuellement 70 paroisses sur tout son territoire, avec 25 prêtres et plusieurs milliers de fidèles. Une importante église a également été construite récemment à Port-Louis, dans l’Île Maurice, avec une communauté de plusieurs centaines de fidèles, mais elle ne dispose pas, pour l’instant, de prêtre (*). Les prêtres de la région, d’origine malgache pour la plupart, reçoivent leur formation au séminaire de Nairobi (Kenya), qui compte aujourd’hui 42 étudiants. [(*à partir d'ici) Le 17 Aout 2014 a eu lieu un baptême; le premier depuis que s’est instituée la communauté orthodoxe à La Réunion. Mgr Ignatios a effectué l’office du baptême qui a été suivi de la Divine Liturgie [...] et Mgr Ignatios nous a annoncé que depuis peu l’Ile Maurice dispose d’un prêtre résident. Il s’agit d’un membre de la petite communauté orthodoxe à Maurice qui a effectué la démarche et après une période de formation il a été ordonné prêtre. L’ordination s’est faite à Madagascar, dans la capitale. Pour mémoire l’Eglise orthodoxe à Maurice dispose d’un lieu de culte à Port Louis.]

Comment ne pas évoquer à propos de la Grande île, la rencontre tragique survenue au début du siècle entre la Russie impériale et Madagascar, lors de la guerre russo-japonaise ? La flotte impériale russe, forte de seize mille hommes, fut bloquée près d’un an, en 1904, par manque de ravitaillement en charbon. Enlisée par une sorte de malédiction, dans la baie de l’île de Nossi-Bé, pendant l’été tropical, elle fut décimée par le paludisme, l’alcool et les mutineries. Cette présence a laissé son nom à la baie de Hell Ville, la capitale, nommée depuis la baie des Russes. Quand la flotte quitta enfin Nossi-Bé, elle partait pour Tsouschima ou elle fut anéantie. Le cimetière de Nossi-Bé comporte un modeste carré de Russes, où les tombes, aujourd’hui en péril, témoignent de la présence ici de marins de confession orthodoxe.


Les chrétiens de confession orthodoxe sont présents à La Réunion depuis de nombreuses années mais ils sont isolés. Cette aventure est liée à mon propre passage à l’orthodoxie il y a seize ans et à ma circulation entre Paris, la Réunion, Madagascar et Maurice. Un petit groupe de fidèles (…) a pu se retrouver et se réunir, pour le moment, une fois par mois, depuis 2008, et a réussi, à Saint-Denis, à chanter les vêpres le samedi soir.

Ce petit groupe s’est étoffé et réunit actuellement une vingtaine de personnes. Il faut également évoquer l’itinéraire exceptionnel d’un jeune Réunionnais, D.M., qui a revêtu le Grand habit angélique au monastère du Pantocrator, à l’Athos, devenant le frère Tryphon, au terme d’un itinéraire qui lui a fait rencontrer la Grèce, le Mont Athos, en passant par Madagascar.

La venue de l’évêque a permis de donner un nouveau souffle à cette implantation. Le père et l’oncle de D.M., après une première rencontre avec le monastère du Pantocrator, à l’Athos, ont rejoint l’orthodoxie et ont été baptisés dans ce haut lieu du monachisme athonite. Cet événement a été interprété par les moines de la Sainte Montagne comme un don de la Providence : la Réunion ne pouvait rester oubliée… Et sa rencontre avec l’orthodoxie resplendit de la lumière athonite.

L’évêque du diocèse régional, accueilli à la Réunion, Mgr Ignatios, vient, lui aussi, d’un monastère du Mont Athos, et il est grécophone. Il a été précédemment responsable d’un diocèse en Inde du Sud. Lors de son homélie dominicale en juin dernier, l’évêque incita les fidèles à développer leur action et leur communauté. Il entendait par là que, de même qu’à Madagascar, le désir d’une spiritualité authentique conduirait dans l’avenir beaucoup de Réunionnais à se joindre au petit groupe actuel. Il s’engageait par ailleurs à assurer la présence d’un prêtre, célébrant les vêpres, la liturgie et les sacrements tous les deux mois. À l’occasion de cette célébration, sont apparus de nouveaux fidèles, ce qui constituait une promesse pour l’avenir.

Depuis, un lien permanent s’est établi, et les engagements se sont pleinement réalisés. Un prêtre se déplace tous les deux mois et trois autres week-ends liturgiques ont pu avoir lieu. Le choix liturgique, en raison des orientations des fidèles, s’est porté vers le rite grec, sous réserve d’orientations ultérieures. En effet, la communauté s’est enrichie depuis un an de la présence de familles grecques et russes.

Les difficultés de développement tiennent cependant à plusieurs facteurs. À la différence de Madagascar, La Réunion est un département français qui ne connaît pas la misère et les souffrances des pays en développement, et l’Église malgache, elle, repose sur un modèle missionnaire.

De plus, La Réunion s’avère être une île profondément chrétienne où plus de 90% de la population est catholique (avec quelquefois une double pratique rituelle indienne et chrétienne), et cela dès les origines du peuplement au 17e siècle. Les Réunionnais sont très pratiquants et respectueux des sacrements. De ce fait, l’implantation d’autres confessions chrétiennes n’est pas facile. De plus, les habitants d’origine culturelle orthodoxe – grecque, russe ou libanaise – ne représentent qu’une infime minorité. À ce titre, le contact permanent avec les autres Églises chrétiennes est une quasi-obligation, et l’œcuménisme doit présider aux choix et aux décisions des orthodoxes.

Le cas de l’Île Maurice est différent puisque, du fait des orientations géopolitiques du pays après l’indépendance, cette île a accueilli une minorité d’origine russe ou d’Europe centrale, des étudiant(e)s mauriciens formés en URSS ayant épousé des Russes, par exemple. Ce qui explique la relative importance numérique de la paroisse qui s’y est créée.

Les îles de l’Océan Indien sont des îles de la beauté et de la foi. La Réunion a vu son paysage récemment inscrit au patrimoine de l’humanité. Ses hauteurs volcaniques à la beauté convulsive évoquent aux visiteurs des paysages de la Genèse. Plus loin, les paysages granitiques de Madagascar, de Maurice ou des Seychelles ont inspiré souvent les légendes traditionnelles de mythes cosmogoniques. Comme toutes les îles, mais plus encore les îles de l’Océan Indien sont des îles de l’Arkhè. La rencontre de la foi chrétienne et de la Bible a pu ainsi susciter de singulières interprétations imaginant que les Malgaches (et certains Hindous à Maurice) étaient la tribu perdue d’Israël, alors que d’autres, poètes et écrivains, rêvaient de la Lémurie, l’Atlantide australe, continent perdu. Les grandes spiritualités du monde se rencontrent ici : les religions africaines premières, étiquetées animistes mais souvent monothéistes, comme la religion malgache d’origine austronésienne. L’hindouisme est présent à La Réunion et à Maurice dans ses innombrables variantes. Le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme animent une diaspora chinoise omniprésente. L’islam, dominant aux Comores, remonterait selon ses représentants au début de l’Hégire. De petites communautés juives existent dans toutes les îles. Les navigateurs et les colons européens présents sur ces îles depuis le 16e siècle y ont apporté la foi chrétienne catholique, puis protestante, et enfin orthodoxe. À La Réunion, toutes les villes portent des noms de saints. La foi chrétienne a aussi traversé les violences des persécutions : Madagascar révère ses martyrs. À la barbarie esclavagiste s’est opposé l’engagement de prélats catholiques vénérés par la mémoire des peuples, le père Scubillion, le père Lafosse et l’abbé Monnet ou encore sœur Marie de La Croix, à La Réunion, et le père Laval sur l’Île Maurice. L’importance de la religion et de la spiritualité hindoue a certes créé des syncrétismes, mais elle a surtout permis aujourd’hui un dialogue interreligieux marqué de respect et de tolérance.

La présence orthodoxe, entre Orient et Occident, apporte aussi maintenant sa lumière dans l’Océan Indien. Elle vient de la Sainte Montagne et se conjugue à l’arc-en-ciel du grand Océan.

(SOP-Service Orthodoxe de Presse-mai 2011)

Depuis juillet 2011, une association cultuelle a été créée , elle prend pour nom:

Fraternité Orthodoxe – La Nativité de la Mère de Dieu- La Réunion.

Son siège se situe chez au domicile d’un membre de l’association au Tampon.

Actuellement nous cherchons à acquérir une petite parcelle pour pouvoir construire un lieu de culte. L’idéal serait que cette parcelle soit au plus près du centre ville de Saint-Denis ou bien éventuellement de Saint-Pierre. Le montant souhaité de l’acquisition ne doit pas excéder deux cent mille euros. Si vous avez une proposition à faire, contactez-nous!

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