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Τρίτη 21 Ιουνίου 2022

Le Royaume de Dieu c’est la présence du Christ


Orthodoxie à la Réunion - Communauté orthodoxe à l'île de la Réunion

Bulletin du mois de juin 2022 de l’Église Orthodoxe à Maurice

Paroisse orthodoxe de la sainte Transfiguration
Numéro
77, juin 2022

La Voix de l’Évangile

La communion des saints avec Dieu dans les siècles à venir, ce sont des choses que lœil na point vues, que loreille na point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de lhomme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui Laiment (1 Corinthiens 2: 9). Ces choses  sont le Royaume de Dieu que le Christ nous a dit de cher cher par dessus toutes les choses terrestres : « Cherchez dabord le Royaume de Dieu… et toutes ces choses vous seront données pardessus » (Matthieu 6:33).

Quand larchange Gabriel annonça à la Vierge Marie la bonne
nouvelle quelle donnerait naissance au Seigneur, il lui dit :

Tu auras un fils, et tu le nommeras Jésus. Il sera grand, et sera appelé le Fils du TrèsHaut, et le Seigneur Dieu Lui donnera le trône de David, Son père. Il régnera sur la maison de Jacob [cestàdire sur ceux qui croient en lui] pour toujours ; et son règne naura pas de fin (Luc 1:3133). Par ces paroles, larchange Gabriel a lié le Royaume de Dieu à la personne de JésusChrist. Il est le Roi des fidèles et, par Son Incarnation, le Royaume de Dieu sest manifesté sur la terre.

« Questce que le Royaume [de Dieu] ? » demande le Christ, par lintermédiaire de saint Jean Chrysostome. Et Il répond : « Cest ma présence. » Les paroles de saint Grégoire Palamas ont une signification similaire : « Avant que la Parole de Dieu ne se fasse homme, le Royaume des cieux était aussi loin de nous que le ciel lest de la terre.
Mais quand le Roi des cieux est venu à nous et a été très heureux de sunir à nous, alors le Royaume des cieux sest approché de nous tous. »

De ces paroles des Pères porteurs de Dieu, nous concluons que le Royaume de Dieu est la vie près du Christ. Cest la vie conformément à la volonté de Dieu. Ainsi, puisque le Christ sest fait homme et a vécu avec nous, nous avons la possibilité de vivre avec Lui, cestàdire vivre dans le Royaume de Dieu.

Laffirmation du Christ que le Royaume des cieux est proche (Matthieu 4:17) est lannonce la plus joyeuse qui ait jamais été entendue. Cest pour cette raison que le récit de la vie et de lenseignement du Christ a reçu le nom dÉvangile, qui signifie « bonne nouvelle » : cest lÉvangile du Royaume (Matthieu 4 : 23). Le Royaume de Dieu cest lactualité de vivre, de bouger et davoir notre
être en JésusChrist et il commence déjà dans notre vie actuelle sur terre.
Christ a dit un jour à ses disciples : « Quelquesuns de ceux qui sont ici ne mourront point, quils naient vu le royaume de Dieu venir avec puissance. » (Marc 9 :1). Huit jours après avoir prononcé ces paroles, le Seigneur a été transfiguré sur le mont Tabor devant ses trois principaux disciples, leur montrant ainsi sa gloire incréée et leur révélant ainsi la réalité du Royaume de Dieu. De même, ceux qui vivent en Christ pendant cette vie passeront à la vie éternelle, et verront ainsi le Royaume de Dieu venir avec puissance.

Le Royaume de Dieu est venu avec lIncarnation du Christ, et nous y entrons par le repentir. Cest pourquoi saint Grégoire Palamas nous exhorte à « produire des fruits dignes de repentance [cf. Mt 3, 8], afin dhériter du Royaume des cieux »… La lumière qui ne se couche jamais brille sur nous; faisons notre chemin vers son éclat au moyen de bonnes œuvres. Le repentir ouvre la voie pour que le Royaume des cieux devienne létat interne de lhomme : « Le Royaume de Dieu
est au milieu de vous » (Luc 17 : 21).

Tiré de : Hiéromoine Gregorios, La foi orthodoxe, ladoration
et la vie, pages 8991, Mont Athos

Divine Liturgie

Jeudi 2 juin à 10h30 : Ascension
Épître : Actes 1, 112 ; Évangile : Luc 24,3653

Dimanche 5 : Les Pères du premier Concile

Épître : Actes 20, 1618, 2836 ; Évangile : Jean 17, 113

Samedi 11 à 10h30 : commémoration des défunts

12 : Pentecôte

Épître : Actes 2, 111 ; Évangile : Jean 7, 3752 ; 8, 12

19 : Tous les saints

Épître : Héb. 11, 33 12, 2 ; Évangile : Mat 10, 3233, 3738 ; 19, 2730

Du 20 au 28 : jeûne des saints Apôtres Pierre et Paul

26 : lappel des disciples

Épître : Rom. 2, 1016 ; Évangile : Mat 4, 1823

Mercredi 29 à 10 h. : St Apôtres Pierre et Paul

Épître : 2 Cor 11, 21 12, 9 ; Évangile : Mat 16, 1319

Sainte Transfiguration
GrandeRivi
ère NO
Ile Maurice

(derrière le garage Bala)

Divine Liturgie

Chaque dimanche à 9h30

Site WEB:

http://orthodoxchurchmauritius.org

Père Athanasios, tel.: 57 33 32 53

Email: p.athanasios@myt.mu

Père Ian, tel.: 52 57 90 53

Email: fr.ian@antiochian.org.nz

Sunday of All Saints - at La Reunion. What joy it is, to see Orthodox faithful from various nations attending the ONE AND THE SAME Divine Eucharist...

 
The island is located in the Indian Ocean and constitutes an overseas department of France. The Orthodox community here has a presence on the island that dates about 12 years. Like Mauritius, it belongs spiritually under the Metropolis of Northern Madagascar, and with the blessing of Bishop Ignatius, I have been here since yesterday, for the Vespers Service and Confession, then the Divine Liturgy, followed by the common meal as the culmination today.

The program will continue, with visits to homes of the Orthodox faithful, as well as to the south of the island.

What joy it is, to see Orthodox faithful from various nations attending the ONE AND THE SAME Divine Eucharist! Indicatively, today we have faithful from France, Belgium, Russia, Romania, Syria, Morocco, Martinique...

All this is a breath of unity! Instead of giving rise to division and to lack of understanding as preached by some, all this ethnic and cultural diversity that we have today is what ensures true unity and forges relationships between members which are not based elsewhere - ONLY in Christ!

Please pray for this local Church, that the Lord will stabilize it firmly in the Faith, will add new members to its bosom, and will soon make us worthy of building our own Orthodox Temple, which will be a sign of Orthodox witness on the island.

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Orthodoxie à la Réunion - Communauté orthodoxe à l'île de la Réunion

Τι χαρά να βλέπεις συναγμένους σε ΜΙΑ ευχαριστία Ορθοδόξους από διαφορετικές χώρες... La Reunion

Ορθόδοξη Ιεραποστολή Β. Μαδαγασκάρης / Orthodox Missionary North Madagascar 

Κυριακή των Αγίων Πάντων. La Reunion.
To νησί βρίσκεται στον Ινδικό Ωκεανό και αποτελεί υπερπόντια περιοχή της Γαλλίας.Η Ορθόδοξη κοινότητα έχει παρουσία στο νησί περίπου 12 χρόνια. Ανήκει πνευματικά (όπως και ο Μαυρίκιος) στην Μητρόπολη Βορείου Μαδαγασκάρης και με την ευλογία του Επισκόπου κ. Ιγνατίου βρίσκομαι από χθες εδώ για τον εσπερινό, την εξομολόγηση με αποκορύφωμα σήμερα την Θεία Λειτουργία και την κοινή τράπεζα μετά.
Το πρόγραμμα συνεχίζεται με επισκέψεις σε σπίτια ορθοδόξων καθώς και στον νότο του νησιού.
Τι χαρά να βλέπεις συναγμένους σε ΜΙΑ ευχαριστία Ορθοδόξους από διαφορετικές χώρες. Σήμερα λοιπόν είχαμε πιστούς από Γαλλία, Βέλγιο, Ρωσία, Ρουμανία, Συρία, Μαυρίκιο, Martinique.
Είναι μια ανάσα ενότητας όλο αυτό! Όλη αυτή εθνική και πολιτιστική διαφορετικότητα που είχαμε σήμερα (αντί να φέρνει διάσπαση και ασυνεννοησία όπως κηρύττουν μερικοί) είναι που προσδίδει αληθινή ενότητα και σφυρηλατεί σχέσεις μεταξύ των μελών που δεν βασίζονται κάπου αλλού, αλλά ΜΟΝΟ στον Χριστό.
Εύχεσθε για την τοπική Εκκλησία ώστε ο Κύριος να την στερεώνει στην πίστη, να προσθέτει νέα μέλη στους κόλπους της και να μας αξιώσει σύντομα να κτίσουμε τον δικό μας Ορθόδοξο Ναό ο οποίος θα είναι σημείο μαρτυρίας της Ορθοδοξίας στο νησί.
 

Τετάρτη 3 Ιουλίου 2019

Dimanche des Pères du ou des conciles...


Paroisse orthodoxe de la sainte Transfiguration
Numéro 44, juillet 2019

L’objet de la fête du dimanche des Pères du ou des conciles, est défini d’une façon un peu différente selon les livres liturgiques. Dans certains livres, en effet, ce dimanche est appelé « mémoire des saints Pères des six premiers conciles œcuméniques », un autre dimanche étant consacré au septième, celui qui a défini la légitimité et la nécessité de la vénération des saintes icônes. 
Dans d’autres livres liturgiques, ce dimanche est appelé simplement « mémoire des saints Pères du premier concile œcuménique », le concile de Nicée. C’est sans doute son appellation la plus ancienne. Cependant, certains textes de l’office font allusion à l’enseignement de la plupart des conciles œcuméniques de la sainte Église, parce que ces enseignements sont convergents. 
Les différents conciles se sont complétés, ont repris l’enseignement du précédent pour le préciser en fonction des erreurs et des problèmes nouveaux qui étaient apparus aux diverses époques.

Les conciles œcuméniques

Si l’Église nous invite ainsi à vénérer les Pères des saints conciles, c’est parce que la foi chrétienne, dont ils ont précisé les contours et la formulation, est le fondement de toute notre vie dans le Christ.
Dans notre vie chrétienne, tout repose en effet sur la foi. La foi, c’est d’abord une confiance et une adhésion sans partage envers la personne du Seigneur Jésus, envers la personne du Christ dont nous croyons qu’il est le Fils de Dieu, mort et ressuscité pour notre salut. C’est, par là-même, une adhésion à sa Parole, à ce qu’il nous a révélé au sujet de son Père, qui est aussi notre Père, dont nous sommes par le baptême les fils adoptifs. C’est aussi une adhésion à son enseignement sur l’Esprit saint qui, selon la parole même du Christ, doit nous introduire dans la vérité tout entière (voir Jean 16/13). C’est-à-dire que tout au long de l’histoire de l’Église, tout au long de notre vie personnelle, c’est le Saint-Esprit qui nous fait comprendre la parole de Dieu, c’est le Saint-Esprit qui illumine nos cœurs pour que nous comprenions, pour que nous entrions dans le mystère de ces vérités qui nous ont été annoncées, qui nous ont été proclamées par le Christ durant sa vie terrestre ; le Saint-Esprit nous fait comprendre aussi ce que l’on peut appeler le sens chrétien de l’Ancien Testament, et nous révèle comment toutes les écritures parlaient déjà du Christ.

Toute la vie chrétienne repose sur cette adhésion de notre cœur et de notre intelligence à ces vérités fondamentales. Les premiers conciles, ceux du quatrième siècle ont eu lieu dès que l’Église a pu réunir des évêques du monde entier, une fois la période des grandes persécutions terminée. Les deux premiers conciles ont eu lieu au début et dans la deuxième partie du quatrième siècle : le concile de Nicée en 325 et le premier concile de Constantinople en 381. Ils ont précisé le contenu notre foi dans la Sainte Trinité.
Ces deux premiers conciles ont en effet défini que, selon l’enseignement hérité des apôtres, Dieu est à la fois Un et Trine, qu’il est un en son essence et cependant en trois personnes. Trois personnes qui sont vraiment des personnes, qui ne sont pas simplement trois visages d’un Dieu unique, mais qui ont chacune leur consistance, leur personnalité, et qui cependant sont tellement unies, tellement transparentes les unes aux autres, unies dans une communion tellement profonde, que nous devons affirmer qu’à elles trois, elles sont, en toute rigueur d’expression, un seul Dieu.
Oui, le Père a engendré un Fils qui lui est semblable en essence, « consubstantiel », à qui Il communique tout ce qu’Il a et tout ce qu’Il est. Et il y a un Esprit saint qui procède de Lui, à qui Il communique aussi tout ce qu’il a et tout ce qu’il est, à qui est dû même honneur et même gloire qu’au Père et au Fils.
Les conciles du cinquième siècle, le concile d’Éphèse (431) et le concile de Chalcédoine (451) ont ensuite précisé que, selon l’enseignement des apôtres, il y a dans le Christ une seule personne et deux natures. C’est-à-dire que le Christ n’est pas une personne humaine en qui le Verbe de Dieu serait venu habiter. Il est vraiment Un, il est, en tant que personne, le Fils de Dieu lui-même, la seconde personne de la Trinité, mais il est à la fois Dieu et homme parce qu’Il a assumé notre nature humaine pour notre salut. Tout ce qu’il fait, tout ce qu’il a pu dire, vient de sa personne divine, cependant cette personne divine agit tantôt par sa nature humaine, tantôt par sa nature divine, sans que les deux ne soient jamais séparées.

Les conciles des cinquième (Constantinople 553) et sixième (Constantinople 680) siècles n’ont fait que préciser, en face de questions et d’erreurs nouvelles, cette doctrine du concile de Chalcédoine, cette doctrine de l’unité du Christ dans sa nature divine et sa nature humaine.
Quant au septième concile (Nicée 787) que j’évoquais tout à l’heure, c’est celui qui a affirmé la nécessité de la vénération des saintes icônes.
Toute notre vie chrétienne repose sur la foi en ces vérités fondamentales, parce que ni notre sensibilité ni notre intelligence ne peuvent y accéder par elle-même. Il n’est pas possible à l’homme de les découvrir par lui-même, quelle que soit sa sagesse, quelle que soit la profondeur de sa réflexion. Il fallait que Dieu intervienne dans l’histoire, que Dieu nous parle, d’abord par les prophètes et ensuite par son Fils, pour que du coup nous connaissions ces vérités, pour que nous sachions que Dieu est un Dieu unique en trois personnes, que le Fils de Dieu s’est incarné pour notre salut et nous a appelé à devenir nous-mêmes, unis à lui, des fils de Dieu par adoption, à être divinisés, à participer nous-mêmes à sa vie divine.
Cette destinée extraordinaire de l’homme, pour que nous la connaissions, il faut à la fois que nous croyions à la Parole de Dieu, et que nous accueillions la lumière intérieure qui nous vient du Saint-Esprit. Saint Silouane disait : « l’humilité est la lumière dans laquelle nous voyons la lumière » .
C’est-à-dire que dans la mesure où notre cœur est humble, où nous sommes dépouillés de tout attachement à notre jugement propre, à nos idées, nos opinions personnelles, nous sommes prêts à accueillir la parole de Dieu. C’est seulement à cette condition que la foi peut s’épanouir dans notre cœur.

D’après Père Placide Deseille, La couronne bénie de l’année chrétienne,
Volume 2, pages 220-224

You can see in English
Sunday of the Holy Fathers of the First Ecumenical Council (7th Sunday after Easter)
 

Δευτέρα 14 Μαΐου 2018

Que participer à la vie de Dieu est le but de notre vie sur Terre

 
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Communauté orthodoxe à l'île de la Réunion
 
Le but de la vie sur cette Terre est la participation à la vie de Dieu. (Théosis en grec).
Cette « théosis » est notre participation à la propre vie de Dieu. Ceci se fait par la grâce divine qui agit lorsque nous nous purifions des convoitises et des passions : « Ceux qui sont au Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs » (Galates 5:24). Dieu, selon saint Maxime le Confesseur, nous a fait «partenaires de la nature divine» (2 Pierre 1: 4). Le péché de l’homme contemporain est qu’il veut être autosuffisant sans relation avec son Dieu créateur, c’est ce qui constitue finalement sa vraie mort. Rappelons ici les paroles de saint Irénée : «Dieu est devenu homme pour que l’homme devienne Dieu» (avec la grâce divine incréée).
Cette pensée à laquelle s’accordent les Pères (de l’Eglise) est en opposition avec la pensée rationnelle. Le vrai défi réside dans l’expérience chrétienne qui cherche un réel renouvellement de l’homme et de l’intérieur. Bien sûr, la participation humaine à la vie de Dieu est possible pour toute l’humanité. Mais cela, par le moyen de l’ascèse du corps et de l’esprit, est étroitement lié à l’action de la grâce divine. Cela entraîne l’union de l’intellect et du cœur et à l’illumination de l’esprit et du cœur par la prière et le jeûne.
Cette communion avec Dieu, à travers la grâce divine et qui est la « théosis », préserve la suprématie absolue de Dieu, est ce que l’on désigne par la théologie apopahatique. Quand nous disons que Dieu est juste, miséricordieux, bon … Cela ne révèle pas la vraie nature de Dieu, c’est à dire Son essence, mais plutôt l’expression de ce qui entoure cette nature et les qualités positives que l’homme partage. En aucune façon cela ne touche à l’essence inconnaissable de Dieu. Participer à ce que Dieu donne est possible, mais l’essence de Dieu ou encore Sa vraie nature est au-delà de notre compréhension.
Ces explications ne peuvent pas combler la personne qui cherche Dieu de tout son cœur, c’est seulement une réflexion intellectuelle pour encourager la pratique de la vie spirituelle ascétique dans cette saison bénie de jeûne, afin que nous puissions sentir la main de Dieu dans nos vies et gouter à l’avance de la joie du Royaume.

Mgr Ephrem. Evêque de Tripoli et du Koura (Liban).
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Voir aussi
 

Κυριακή 4 Μαρτίου 2018

Apprivoiser les passions


De même que le jardinier qui n’arrose pas son jardin laisse ainsi mourir ses légumes, ainsi l’intellect qui ne purifie pas ses pensées ruine ses efforts.
Saint Thalassios le Libyen (Icône sacrée d'ici)


Les passions naissent par l’intermédiaire de nos sens. Si vous aspirez à devenir véritablement libre et à apprendre à vivre selon la volonté de Dieu, vous avez besoin d’apprendre à maîtriser les passions qui résultent de la façon dont vous réagissez à vos sens. Par exemple, vous pouvez avoir un besoin irrépressible de certains aliments. Lorsque vous en êtes privé vous en êtes perturbés et cela vous met peut-être même en colère.
Vous libérer de ces goûts et de ces dégoûts c’est ce que nous entendons par dompter les passions. Lorsque vous serez capable de faire cela, vous acquerrez la liberté de faire la volonté de Dieu et d’aimer les autres en étant moins concentré sur vos propres désirs. Cela ne signifie pas que vous devez vous priver de bonne nourriture ou de divertissement. Tout ce que Dieu a créé est bon. Il signifie que vous pouvez jouir de ce qui est nécessaire pour votre bien-être, mais aussi que vous devez renoncer à toutes les complaisances fondées sur vos désirs du plaisir sensuel. Vous ne pouvez pas tout simplement ignorer les passions. Vous avez besoin de les reconnaître, puis de les amener à passer sous le contrôle de votre âme et de votre esprit.
Voici comment vous pouvez vivre de manière à ne pas nuire à votre santé, votre sécurité, et en l’absence de tendances au péché comme la colère. Avoir des passions non domestiquées, c’est comme avoir un troupeau de chevaux sauvages pour tirer votre chariot. Vous pensez que vous êtes le conducteur, mais les chevaux décident d’aller où ils veulent. Ces chevaux sauvages sont les passions sauvages. Le défi consiste à harnacher et à dresser vos passions de telle sorte qu’elles obéissent à vos ordres, tout comme un attelage de chevaux entraîné est obéissant aux ordres du cocher.
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Cette tâche commence par la reconnaissance que vous êtes souvent guidés par vos goûts et vos aversions. Commencez par apprendre à dire non quand vous êtes amené à vous livrer à quelque chose que vous savez n’être pas bon pour vous. Acquérir de la discipline dans ce que vous mangez est une des premières choses à faire. C’est l’un des avantages du jeûne qu’il nous est conseillé de faire. En choisissant de ne pas manger certains aliments, vous entraînez en effet votre esprit à être plus obéissant. Quand il deviendra obéissant, alors il deviendra davantage capable de faire la volonté de Dieu. Vous allez acquérir une plus grande liberté. Dans la tradition de l’Église, le jeûne a toujours été l’une des premières disciplines enseignées après la prière. Cela a été enseigné par le Christ lui-même. La première chose qu’il fit après son baptême fut d’aller dans le désert pour jeûner et prier pendant quarante jours. Comme Il était à la fois pleinement homme et pleinement Dieu, Il avait à dompter ses passions d’homme.
Le mode vie orthodoxe implique de nombreuses périodes et jours de jeûne. Il y a le Grand Carême, avant Pâques (voir le cycle liturgique), nous devons jeûner chaque mercredi et chaque vendredi, et nous jeûnons avant de recevoir la Sainte Communion. Vous pouvez suivre le calendrier liturgique pour le jeûne et les consignes qui ont été établies par l’Église pour vous aider dans vos efforts pour dompter vos passions. Demandez néanmoins toujours l’avis de votre père spirituel sur ce qui est approprié à votre situation personnelle.
 
 
 

Τετάρτη 21 Φεβρουαρίου 2018

A propos du dimanche qui précède le début du Grand Carême


Ne négligeons pas le jeûne


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Ne négligeons pas le jeûne : bien que délaissé [quelquefois…et même souvent] de nos jours en Occident, il a une très grande importance dans la tradition biblique. Il a une place prépondérante dans la tradition patristique : ainsi saint Isaac le Syrien (« Chacun sait une chose, c’est que toute lutte contre le péché et le mal commence par le travail du jeûne », « Quiconque méprise le jeûne sera faible, sans vigueur pour toute bonne œuvre, car il lui manque l’arme avec laquelle tous les athlètes divins ont obtenus la victoire »). 
De même saint Jean Climaque et tous nos pères dans la foi, jusqu’aux nombreux spirituels de notre Église orthodoxe contemporaine comme l’ hiéromoine Émilianos : « Le jeûne est une tradition de notre Église. Si nous ne jeûnons pas nous ne sommes pas chrétiens. Par quel moyen le prophète Élie est-il monté aux Cieux ? Quand Moïse a-t-il vu Dieu ? Comment l’apôtre Paul a-t-il reçu l’appel divin ? Et Barnabé ? Tous jeûnaient. À quel moment Pierre vit-il la nappe descendre de la Jérusalem céleste ? Lorsqu’il jeûnait. Donc, nous aussi, observons ce qui nous est transmis par la tradition de notre Église » (« Catéchèses et discours »).
Et encore : « L’Église orthodoxe est très profondément ascétique, et ceux qui n’aiment pas l’ascèse et sont amis de la mollesse et du confort n’ont pas de place en elle ! » (Épiphane, Géronda d’Athènes). Parole un peu sévère, mais bien équilibrée par la suivante : « Ne vous faite pas violence avec orgueil pour pratiquer l’ascèse au-delà de vos forces, car vous en retireriez de l’angoisse. Le Christ est, non pas un tyran, mais un père plein de tendresse, et Il se réjouit du combat que nous menons avec zèle. » « Si nous ne pouvons pas mener une grande ascèse ou si même nous ne pouvons accomplir aucune pratique ascétique, du moins reconnaissons-le humblement et demandons à Dieu de nous faire miséricorde. Si cet humble aveu ne nous aidait pas, le Christ ne nous le demanderait pas » (« Fleurs du Jardin de la Mère de Dieu » du moine athonite Païssios).

Source: sagesse-orthodoxe.fr
 
A propos du dimanche qui précède le début du Grand Carême

Communauté orthodoxe à l'île de la Réunion

Ancient faith

Il s’agit d’une réflexion sur le début du Grand Carême par le P. Thomas Hopko (1939-2015) faite sur la radio ancientfaith.com en mars 2009.
 
 

Le dimanche qui précède le début du grand Carême porte deux thèmes : l’un est l’expulsion d’Adam du Paradis et l’autre thème est celui du pardon.
Sur le plan populaire dans la tradition orthodoxe, ce dimanche est appelé le dimanche du pardon. Et puis, aux vêpres du soir de ce dimanche, vous avez réellement le début de la grande saison du Carême, qui s’accompagne très souvent d’un rituel de pardon où chaque personne dans l’église se rapproche de chaque autre personne, et, s’inclinant lui demande son pardon et reçoit ainsi le pardon de l’autre.
L’expulsion d’Adam du Paradis, les hymnes de ce dimanche d’avant le Carême et le canon aux matines sont une méditation sur l’expulsion d’Adam du Paradis, et dans ces hymnes on s’identifie à Adam et à Eve. Les chants sont très souvent à la première personne : «J’étais avec toi au Paradis, j’ai péché contre toi, j’ai perdu ma beauté originelle, je suis chassé du jardin – qui en grec signifie Paradis – je suis assis ici à l’Est d’Eden, pleurant et déplorant mes péchés.  »
Cette expulsion d’Adam du Paradis est très semblable  – dans son contenu et dans son message –à  la parabole du fils prodigue, pour qui se situer  en dehors du Paradis est comme si on est  dans une porcherie, loin de la maison du père ,  dans un pays lointain, gaspillant ce que l’on a, ayant été insensé, dépensier, pécheur et se trouvant dépourvu et privé de la beauté et de la gloire de Dieu et de la maison du Père.

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Cette expulsion d’Adam est également similaire à la méditation sur le Psaume 137, «A Babylone au bord des eaux», qui est chantée en cette période. Là où l’adorateur s’identifie avec les exilés, qui ne sont plus à Jérusalem, qui sont en exil, qui sont sous le contrôle des puissances mauvaises « babyloniennes », qui pleurent en se souvenant de Jérusalem, comme le fils prodigue se souvient et se lamente de la perte de la maison du père. Eh bien, en ce jour particulier, les croyants et les adorateurs de Dieu déplorent la perte du paradis.
Parmi les hymnes qui sont très nombreux, il y en a de très émouvants, très touchants dans ce qu’ils disent. Juste pour un exemple, lors des vêpres, il est chanté: « O paradis précieux, inégalé dans la beauté, tabernacle construit par Dieu, joie et délice sans fin, gloire des justes, joie des prophètes, demeure des saints, avec le son et le bruissement de tes feuilles dans les arbres du jardin, prie le maître de tous. Et qu’il ouvre pour moi les portes que j’ai fermées par ma transgression ; puisse-t-il me considérer comme digne de participer de nouveau à l’arbre de la vie et à la joie qui était la mienne quand je me suis établi en Toi depuis le commencement ».

Maintenant, bien sûr, nous les êtres humains ne sommes pas Adam et Eve ; nous sommes nés hors du paradis, nous sommes en quelque sorte victimes de leurs péchés et des péchés de leurs enfants devenus nos parents, nos grands-parents et nos ancêtres. Nous sommes des membres de la race humaine, nous sommes l’humanité, mais nous le savons depuis le début – et c’est l’enseignement de l’histoire de la Genèse ; il y en a deux dans la Bible. Adam et Eve depuis le commencement et l’humanité depuis le commencement ; une humanité qui a été créée pour partager la gloire de Dieu, qui a été créée pour être comme les saints Pères le disent des dieux eux-mêmes par la grâce.  A la condition d’aimer Dieu, d’ avoir  foi en Dieu, de montrer l’amour pour Dieu en gardant Ses commandements, en Lui obéissant, en Lui faisant confiance, en n’écoutant pas les pouvoirs maléfiques, en n’écoutant pas la sagesse de ce monde. Car le serpent dans l’histoire représente la sagesse terrestre, qui dans la lettre de Jacques est appelée psychique par opposition à spirituelle et démoniaque. Alors ce serpent est Satan : c’est la sagesse terrestre. C’est un choix propre, c’est sa propre volonté contre celle de Dieu, c’est écouter toutes ces voix qui ne sont pas la voix de Dieu, obéir à toutes ces paroles qui ne sont pas la parole de Dieu, et donc amener la mort sur soi-même.
L’expulsion du Paradis dans l’histoire est faite par Dieu, mais Il n’a pas le choix. Le péché lui-même – et c’est cela ce que signifie l’arbre de la connaissance du bien et du mal-  le péché signifie un acte d’apostasie, de rébellion, de folie – cet acte tue l’humanité. Dans l’histoire, le Seigneur dit : « Au jour où vous en mangerez, vous mourrez sûrement ; même si vous le touchez, vous mourrez sûrement ». Maintenant, certaines personnes disent : Eh bien, Adam et Eve l’ont mangé. Ils ne sont pas morts , mais ils l’ont fait. Ils sont morts à la minute où ils l’ont fait. Oui, ils sont devenus mortels ; ils ont vécu plus longtemps. Il est dit qu’Adam a vécu, je ne sais pas, cent ans et ainsi de suite, mais ils étaient déjà morts. Ils étaient des hommes morts vivants, comme on dit ; ils existaient mais ne vivaient plus, parce que vivre dans l’Écriture signifie louer, glorifier et obéir à Dieu.

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Dans la Tradition orthodoxe, les Écritures et la Liturgie, et même dans les écrits de certains des saints – comme l’un des saints récents Silouane du Mont Athos qui est mort en 1938, il a écrit cette longue lamentation d’Adam: Oh, comme je désire le Paradis, comme je désire ma place originelle. Je peux m’en souvenir c’est dans mon esprit mais je ne l’ai pas. Et ici je suis chassé, chassé par mon propre péché, par ma propre rébellion, destiné à mourir.
Et certains des saints comme saint Jean Chrysostome ont dit que c’est une loi, une loi métaphysique ontologique, que si tu pèches, tu meurs ;et pour saint Paul, «le salaire du péché est la mort». Il y a une certaine miséricorde en cela, parce que si nous pouvions simplement pécher, pécher et encore pécher, faire le mal et la méchanceté et croître sans fin, ce serait une éternité, ce serait l’enfer, ce que certaines personnes peuvent choisir, mais le fait de mourir nous donne une chance, nous donne une chance de renaître, nous donne une chance de recommencement.
Et dans cette méditation sur le fait d’être exilé avec Adam, durant ce même service, nous chantons le psaume « Sur les bords des eaux de Babylone. » Ce n’est pas seulement pour nous rappeler notre apostasie, nous souvenir de notre rébellion, nous rappeler que nous ne sommes pas dans la maison du père, que nous ne sommes pas au paradis, que nous ne sommes pas à Jérusalem; quelque chose a terriblement mal tourné et est devenu terriblement mauvais à cause de la rébellion et du péché de l’humanité. Ce n’est pas seulement que nous devons nous en souvenir, mais nous devons aussi nous souvenir que Dieu nous pardonne, que Dieu a pitié de nous, que Dieu savait que l’humanité pécherait, Dieu sait tout. Il n’a pas créé Adam et Eve et les a mis au Paradis et a ensuite dit : « Oh Là !  Regardez, ils ont péché. Que ferons-nous ? »Et qu’ensuite Dieu le Père dise au Fils qui est le Verbe éternel : « Mon Fils, va et fais quelque chose à propos de cette humanité qui a péché. »

Dieu savait que nous pécherions avant de nous avoir faits, et il nous a fait de toute façon. Ainsi ce péché fait partie de son plan providentiel pour notre salut. Nous devons passer par là ; nous devons l’expérimenter. Comme une mystique anglaise nommée Julian de Norwich l’a dit : « Il y a un péché. » Il ne pouvait en être autrement. Parfois, les gens demandent : «Pourquoi Dieu n’a-t-il pas créé un monde dans lequel il n’y aurait pas de péché?» Et il semble que la réponse audacieuse que nous devons faire est parce qu’il n’y a pas de monde, il n’y a pas d’êtres humains qui ne pèchent pas.
Et c’est très important de se rappeler cela parce que c’est ce qui nous permet de nous identifier à Adam dans les hymnes de l’Église. 
Nous ne pouvons pas dire : « Oh, je suis là parce que quelqu’un d’autre a péché ; Je n’aurai jamais agi ainsi ». Ce n’est tout simplement pas vrai ; c’est simplement la vérité que si nous étions nous-mêmes l’humanité originelle, les êtres humains originels, nous aurions aussi péché. Comment savons-nous cela ? Eh bien, les saints nous disent que nous le savons pour une raison très simple. Nous connaissons le Christ et l’Évangile et nous péchons encore. Et saint Siméon le Nouveau Théologien commentant cela a dit : « Notre péché est pire que celui d’Adam. Il était une sorte de créature terrestre primitive, tirée de la poussière, tentée par le diable, essayant d’apprendre à être un humain. Et il a péché dès le commencement, et Dieu savait qu’il le ferait. Mais regardons-nous dit-il ! »
Adam a mangé ce fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, qui symbolise simplement qu’il a péché. Il a existentiellement goûté au péché ; il l’a fait quel que soit la forme de ce « péché » – et nous ne savons pas ce qu’était le péché originel – nous savons que c’était la rébellion, nous savons que ce n’était pas la confiance en Dieu, nous savons que ce n’était pas la foi, nous savons qu’il désobéissait, mais c’est en ce sens un paradigme de tous les péchés. Une chose que nous savons à coup sûr, ce n’était pas un acte sexuel. Ce n’était pas le fait qu’Adam et Ève aient eu des relations sexuelles ou quelque chose dans le genre ; ce n’est absolument pas l’enseignement de l’Eglise. Ils ont reçu le commandement de croître et de se multiplier au paradis. Mais nous n’avons aucune trace de cela, en fait, nous n’avons aucune trace d’une vie qui ne soit pas tombée du tout dans l’histoire de la Genèse et des récits de la Genèse, rien du tout. Nous ne savons rien d’Adam et Ève « vivant avant qu’ils aient péché ». Nous pourrions savoir qu’ils ont été créés pour une vie glorieuse totalement belle avec Dieu au Paradis, et que leur tâche était même de répandre le Paradis dans tout le chaos en dehors de l’Eden.

Certains Pères pensent même que c’est la vocation de l’humanité de montrer la présence et le Paradis de Dieu dans le chaos où ils sont absents. Parce qu’il y avait un Paradis extérieur, et le Paradis dans l’histoire est un petit endroit, et Adam et Ève étaient censés augmenter et multiplier et développer et diviniser la création. Mais ils ne l’ont pas fait. Ils sont tombés, ils se sont rebellés et se sont retrouvés chassés en pleurant. Mais nous savons que si nous étions avec eux, nous aurions fait de même, parce que nous péchons de toute façon. Saint Siméon dit : « Ils ont mangé de cet arbre de la connaissance du bien et du mal, mais nous mangeons du corps et du sang du Christ à la sainte Eucharistie. » Et il ajoute : « Quand le corps et le sang du Christ sont encore dans notre bouche, nous quittons l’église et nous péchons. C’est comme le peuple d’Israël, qui a été conduit hors d’Egypte et nourri par la manne, et tandis que la manne de Dieu était dans leurs bouches, ils ont blasphémé et adoré les idoles et ont fait la méchanceté. Donc, aucun être humain n’échappe au péché ; aucun être humain ne peut blâmer quelqu’un d’autre. Chacun de nous se tient en lui-même. Cependant il est vrai que nous ne sommes pas Adam et Eve et nous sommes déjà, comme il est dit dans les psaumes, «conçus dans les iniquités ; dans le péché, notre mère nous a conçus » ; non pas que l’acte de conception soit un péché, mais que nous sommes nés dans un monde déjà brisé, déjà apostasié, déjà rebelle.

Foto d'ici (Burundi)
 
Si vous ajoutez les autres symboles de la période (du Grand Carême), vous pourriez dire : nous sommes nés à Babylone ; nous ne sommes pas nés à Jérusalem. Nous sommes nés dans la porcherie ; nous ne sommes pas nés dans la maison du père. Nous devons être ramenés à Jérusalem, ramenés à la maison du père, ramenés au paradis. Et nous croyons que c’est ce que Jésus a fait pour nous, et c’est ce que nous célébrons pendant le Carême et la Semaine Sainte et surtout la Sainte Pâques. Nous célébrons le fait que Dieu a envoyé son fils pour être le vrai dernier Adam final qui ne pèche pas. Nous célébrons le fait qu’il nous a cherchés et nous a trouvés : dans le parc à cochons, dans la campagne lointaine, en dehors du paradis. Et il nous pardonne et il nous lave et il nous purifie et il nous rafraîchit et nous renouvelle et nous restaure et nous ressuscite des morts et nous ramène à la maison du père, nous ramène à la Jérusalem céleste, nous ramène à la maison au paradis.
Ainsi, durant le Grand Carême, nous commençons toute cette période en nous souvenant de notre exil, en nous souvenant qui nous sommes et ce que nous sommes et comment nous sommes, maudits, pécheurs, morts par nous-mêmes, en tant que race humaine, en tant qu’ensemble et en tant qu’êtres humains individuels et il n’y a personne qui vit qui ne pèche pas, il n’y a personne qui soit juste; personne sauf le Seigneur Jésus-Christ lui-même. Il est l’homme sans péché qui est devenu de toutes les manières ce que nous sommes. Comme il est dit dans la lettre aux Hébreux, à partir de laquelle toutes les lectures d’épître pendant le Carême seront prises, dans cette lettre aux Hébreux, il est dit : « Il est devenu semblable à ses frères en tout égards, afin que, en devenant comme nous, nous pourrions devenir comme lui. Il a été tenté comme nous le sommes afin d’être avec nous qui sommes tombés en tentation.  »

Donc, le dimanche, la veille même du Grand Carême, ce sont les choses dont nous nous souvenons. C’est ainsi que nous nous identifions, c’est ainsi que nous nous voyons. Mais nous nous voyons non seulement bannis, chassés, expulsés, assis en dehors de l’Eden, en pleurs, mais nous nous voyons aussi comme les objets de la miséricorde infinie de Dieu. Et Lui, sachant cela, a  depuis le commencement, sachant que le Fils de Dieu, l’éternel logos divin et la parole de Dieu, le propre fils de Dieu, l’image de Dieu ne s’accrocherait pas à sa divinité, comme l’a dit saint Paul dans la lettre aux philippiens, mais deviendrait humain, prendrait la forme d’un homme mais pas seulement, il sera  mort, maudit, suspendu à l’arbre de la croix, prenant sur lui toute la condition de l’humanité déchue pour nous rendre divins.
Nous commençons donc la grande saison de Carême en méditant sur ces choses.

Voir aussi

L’héritage de la tradition chrétienne orthodoxe dans l’Afrique d’aujourd’hui

A voice from Africa about pain, sadness, fear, love, hate, Christ, fasting, Adam and Eve (the treasures of the Orthodox Church from Cheesefare Sunday)
"We are embittered, for we have succumbed to the serpent! We are embittered, for we are fettered in chains!"

Κυριακή 24 Δεκεμβρίου 2017

Un royaume sécularisé où il n’y a jamais Noel...

Foto d'ici
 
 
In English: A Secular Kingdom… Where Christmas Never Comes
Source: Ancient faith / Glory 2 God for all things


Deux personnes travaillent dans une soupe populaire, nourrissant les pauvres. L’un d’eux est chrétien, l’autre ne croit en rien. Le chrétien fait ce qu’il fait par obéissance au Christ, afin de servir le Christ « dans le plus petit de mes frères. » Celui qui ne croit en rien fait ce qu’il fait parce qu’il pense que la générosité est une bonne chose et que le monde serait un meilleur endroit si les gens agissaient de cette manière. Quelle différence y a-t-il entre eux ?

À un certain niveau, ce qu’ils font est exactement le même. Si je suis un pauvre qui a faim, peu importe les motifs ou les explications – je suis reconnaissant pour la nourriture. Les actions qui sont entreprises sont indiscernables, bien que l’un fasse ce qu’il fait parce qu’il croit en Dieu, et l’autre fait ce qu’il fait même s’il pense qu’il n’y a pas de Dieu. Les actions des deux hommes peuvent être qualifiées de «morales». En effet, elles sont moralement indiscernables.

Je n’ai pas l’intention de dénigrer les actions morales. Je serais très reconnaissant à Dieu si tous les incroyants étaient motivés d’une manière similaire. Ce serait bien si les chrétiens eux-mêmes étaient plus moraux dans leurs actions et leurs vies. Mais le simple fait que les actions de ces deux individus soient moralement indiscernables illustre une des limites de la «simple» morale. En ce sens, une personne «morale» peut être définie comme étant une personne qui agit de manière cohérente pour réaliser un schéma de bonne conduite. Nous devons également noter que les pharisiens auxquels Jésus s’opposait avec une grande véhémence étaient des hommes très «moraux», selon cette définition. Le Christ a souligné certaines des faiblesses de leur moralité, mais son but n’était pas d’entreprendre des réformes morales au sein du judaïsme pharisaïque.

J’ai écrit ailleurs : Jésus n’est pas mort pour que les mauvais deviennent bons, mais pour vivifier les hommes (qui sont comme) morts.

La vie chrétienne, correctement vécue, n’est jamais « simplement » morale. Elle est vécue comme une union avec la vie de Dieu dans un mode d’existence qui est décrit comme le «Royaume de Dieu». Christ a donné des commandements à tous : aimez votre prochain, pardonnez à vos ennemis, etc. À un moment donné, Il a envoyé Ses disciples deux par deux avec un commandement différent : «Guérissez les malades, purifiez les lépreux, ressuscitez les morts, chassez les démons, vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. Et pendant que vous allez prêcher dites que Le Royaume des Cieux est proche ». Il n’y avait rien dans ce dernier commandement qui soit « simplement » moral. C’était une intrusion surnaturelle du Royaume de Dieu à travers l’obéissance de ses disciples. 



 
Icône orthodoxe de la Nativité Jésus-Christ (d'ici)

Au 19ème siècle, des chrétiens, principalement en Amérique et plus tard ailleurs, ont commencé à assimiler le Royaume de Dieu à un meilleur ordre social. L’extension du droit de vote, l’abolition de l’esclavage, l’interdiction de l’alcool, l’amélioration des prisons et les applications scientifiques et rationnelles de la technologie pour l’amélioration matérielle de la vie étaient leurs objectifs immédiats. Tout progrès dans cette direction était décrit comme «l’édification du Royaume». Certains de ceux qui professaient cet enseignement (voir Charles Finney) considéraient que la mort du Christ sur la Croix était, en fait, un cas d’exemplarité morale. Christ est mort pour donner le bon exemple et nous inciter à faire les bonnes œuvres. À mesure que le siècle avançait, cet «évangile social» a trouvé une place de choix dans l’esprit de nombreux érudits qui ont cessé d’adhérer aux aspects les plus «miraculeux» de l’histoire de l’Évangile. On peut soutenir que tout le fondement de la modernité en Amérique (à la fois conservateur et libéral) se trouve dans ce mouvement religieux. C’était un mouvement qui était également applicable au croyant et au non-croyant. Si la croyance en Dieu a favorisé les choses, c’est bon et très bien. Mais un bon athée était aussi convenable pour aller dans cette direction.

Cette interprétation de l’Évangile est aujourd’hui profondément ancrée dans l’idéologie culturelle de la modernité. Les commandements donnés aux disciples ont été comme isolés et considérés comme rares et inhabituels plutôt que comme exemplaires de la prédication du Royaume. Fait intéressant, dans de nombreuses sociétés occidentales, l’État a assumé le rôle moral de l’Église. L’Etat nourrit les pauvres, habille ceux qui sont nus, rend la justice, etc. Cela renvoie facilement l’Eglise dans une situation moribonde et d’inutilité. Pourquoi s’engager dans un tas de rituels quand un travailleur social fait ce qui est nécessaire ? L ‘«évangile social» a réussi là où beaucoup d’autres choses ont échoué : il a transformé l’État en une entité morale. Mais, ce faisant, il a perdu ses propres bases qui étaient enracinées dans la vie surnaturelle du Royaume… Ainsi dans beaucoup de sociétés modernes il y a moins de cinq pour cent de la population qui participe activement à la vie de l’Église. Qui a besoin d’une Église sécularisée ?

La proclamation du Royaume de Dieu ne consiste nullement en la déclaration d’objectifs séculiers de Dieu pour un monde meilleur. Le Christ identifie spécifiquement le Royaume avec les actions de guérison, de purification, de résurrection, d’expulsion des démons. Ces choses servent d’exemples qui caractérisent le Royaume. Ce n’est pas l’amélioration des méchants, mais l’élévation à la Vie des hommes qui sont comme morts. 


 
Foto d'ici (Église orthodoxe en Ouganda)

Dans l’Église, les sacrements sont des actions spécifiques qui ont ce caractère même : ils font ce que les êtres humains ne pourraient jamais faire pour eux-mêmes. Dans le Saint Baptême, nous sommes mis à mort (au péché) puis élevés à une nouvelle vie. Cette nouvelle vie n’étant rien de moins que la résurrection du Christ habite en nous :

Mais si l’Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité Christ d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par Son Esprit qui habite en vous. Donc, frères, nous ne sommes pas redevables à la chair pour vivre selon la chair. Car si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez. (Romains 8: 11-13).

Ce n’est pas un appel au réarmement moral. « Mettre à mort les actions du corps » n’est pas du tout la même chose que d’améliorer notre comportement. Beaucoup assimilent un tel langage à rien de plus qu’une métaphore colorée.

Dans l’Eucharistie, nous mangeons et buvons le vrai Corps et le Sang du Christ, et devenons des participants de la Nature Divine. Pour de nombreux faux enseignements, de telles théories surnaturelles de l’Eucharistie sont non seulement inutiles, mais considérées comme superstitieuses. Manger et boire et se souvenir de l’exemple du Christ est suffisant pour leur projet moral. Tous les sacrements peuvent être décrits et affirmés de la même manière. La vie que nous sommes appelés à vivre peut mieux être décrite comme «sacramentelle» plutôt que comme «morale». Les comportements de l’un peuvent souvent paraître semblables ou même indiscernables les uns des autres. Mais c’est une question de discernement. Le vrai chrétien devrait toujours se souvenir qu’en dehors du Christ, nous « ne pouvons rien faire ».

J’ai récemment rencontré l’argument que cette dépendance du Divin travaillant en nous était un «monergisme» qui est l’enseignement que toute bonne action est uniquement l’œuvre de Dieu. L’orthodoxie enseigne la synergie, la coopération avec l’œuvre de Dieu. Mais, nous devons nous demander : « En quoi les disciples ont précisément contribué à la guérison des malades, à la résurrection des morts ou à l’expulsion des démons ? » Ils ont simplement dit « Oui. » Ils sont allés et ont fait ce qu’on leur a demandé. Mais seul Dieu peut faire de telles choses. Eux quand Ils sont revenus ils étaient étonnés (Luc 10).

La culture dans laquelle nous vivons s’est transformée en un ensemble de projets moraux concurrents. Ce n’est plus une question de bien contre le mal, mais des arguments concernant la nature du bien. Tous les projets moraux concurrents partagent quelque chose de semblable : aucun d’entre eux n’a besoin de Dieu. Quelques-uns d’entre eux pourraient argumenter que ce qu’ils font est conforme à la volonté de Dieu, mais en aucun cas leur projet n’a besoin de plus que d’un sponsor.

CS Lewis était merveilleusement familier avec tout cela. Dans son conte « Narnia » , où la magie de la sorcière blanche lui donnait le pouvoir, c’était «toujours l’hiver mais jamais Noël». La nature même des choses semblait figée dans un monde inerte, immunisé contre tout, sauf l’action de la sorcière. Mais à la venue d’Aslan (qui a d’abord été chuchotée d’abord comme une rumeur) a commencé un grand dégel. Les neiges ont commencé à reculer, et les signes de Noël sont apparus. Cela fait écho à la venue de Christ et à sa prédication du Royaume. La sorcière était sûrement capable d’organiser un monde fonctionnant bien, mais elle ne pouvait rien gérer de plus qu’un faux Noël.

Je veux ce qui est vrai. Non, le VRAI.