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Πέμπτη 24 Σεπτεμβρίου 2020

Starets Silouane un moine du Mont-Athos: D'après la biographie du Père Sophrony (French) Album // The Life of st Silouan the Athonite in comic book

 


amazon.com

J'ai trouvé ce livre par hasard parce que le prénom de ma petite fille peut -être souhaité le jour de la Saint Silouane le 24 septembre
Ce starets Silouane né en en 1866 et décédé en 1938 a été canonisé en 1987 par l'église orthodoxe russe, simple moine, merveilleux moine "rempli de douceur" écrira Nicolas Vélimirolitch.. Les illustrations de Gaëtan Evrad faites à partir de documents de monastères sont magnifiques, très douces dans leurs coloris et formes;
C'est son histoire racontée en BD Il vit dans une famille pauvre paysanne mais croyante. Il a 4 frères et 2 sœurs et à l'âge de 4 ans lors de la visite d'un marchand il dit" quand je serai grand, j'irai chercher Dieu par toute la terre". Le temps passe il oublie cette parole. Il vit comme beaucoup, il est fort, un jour où il a un peu trop bu il se bat violemment. Un jour il fit un étrange rêve, il a entendu la voix de Marie.
Il changea de vie, il appris que Dieu pouvait pardonné même à un meurtrier ( il venait d'en rencontré un qui avait été pardonné par Dieu de son crime). Devenir moine lui revint en force. Il fit six années de service militaire . Il fut très estimé pendant son service militaire...je vous laisse découvrir la suite... IL a été canonisé en 1987 et présenté comme docteur apostolitique et prophétique de l'eglise et du peuple chrétien. 

In England

Voir aussi

Saint Siluan of Mount Athos - Three wonderful publications in Swahili, Kikuyu and Masai...
 
 
 
 

Τετάρτη 3 Ιουλίου 2019

Dimanche des Pères du ou des conciles...


Paroisse orthodoxe de la sainte Transfiguration
Numéro 44, juillet 2019

L’objet de la fête du dimanche des Pères du ou des conciles, est défini d’une façon un peu différente selon les livres liturgiques. Dans certains livres, en effet, ce dimanche est appelé « mémoire des saints Pères des six premiers conciles œcuméniques », un autre dimanche étant consacré au septième, celui qui a défini la légitimité et la nécessité de la vénération des saintes icônes. 
Dans d’autres livres liturgiques, ce dimanche est appelé simplement « mémoire des saints Pères du premier concile œcuménique », le concile de Nicée. C’est sans doute son appellation la plus ancienne. Cependant, certains textes de l’office font allusion à l’enseignement de la plupart des conciles œcuméniques de la sainte Église, parce que ces enseignements sont convergents. 
Les différents conciles se sont complétés, ont repris l’enseignement du précédent pour le préciser en fonction des erreurs et des problèmes nouveaux qui étaient apparus aux diverses époques.

Les conciles œcuméniques

Si l’Église nous invite ainsi à vénérer les Pères des saints conciles, c’est parce que la foi chrétienne, dont ils ont précisé les contours et la formulation, est le fondement de toute notre vie dans le Christ.
Dans notre vie chrétienne, tout repose en effet sur la foi. La foi, c’est d’abord une confiance et une adhésion sans partage envers la personne du Seigneur Jésus, envers la personne du Christ dont nous croyons qu’il est le Fils de Dieu, mort et ressuscité pour notre salut. C’est, par là-même, une adhésion à sa Parole, à ce qu’il nous a révélé au sujet de son Père, qui est aussi notre Père, dont nous sommes par le baptême les fils adoptifs. C’est aussi une adhésion à son enseignement sur l’Esprit saint qui, selon la parole même du Christ, doit nous introduire dans la vérité tout entière (voir Jean 16/13). C’est-à-dire que tout au long de l’histoire de l’Église, tout au long de notre vie personnelle, c’est le Saint-Esprit qui nous fait comprendre la parole de Dieu, c’est le Saint-Esprit qui illumine nos cœurs pour que nous comprenions, pour que nous entrions dans le mystère de ces vérités qui nous ont été annoncées, qui nous ont été proclamées par le Christ durant sa vie terrestre ; le Saint-Esprit nous fait comprendre aussi ce que l’on peut appeler le sens chrétien de l’Ancien Testament, et nous révèle comment toutes les écritures parlaient déjà du Christ.

Toute la vie chrétienne repose sur cette adhésion de notre cœur et de notre intelligence à ces vérités fondamentales. Les premiers conciles, ceux du quatrième siècle ont eu lieu dès que l’Église a pu réunir des évêques du monde entier, une fois la période des grandes persécutions terminée. Les deux premiers conciles ont eu lieu au début et dans la deuxième partie du quatrième siècle : le concile de Nicée en 325 et le premier concile de Constantinople en 381. Ils ont précisé le contenu notre foi dans la Sainte Trinité.
Ces deux premiers conciles ont en effet défini que, selon l’enseignement hérité des apôtres, Dieu est à la fois Un et Trine, qu’il est un en son essence et cependant en trois personnes. Trois personnes qui sont vraiment des personnes, qui ne sont pas simplement trois visages d’un Dieu unique, mais qui ont chacune leur consistance, leur personnalité, et qui cependant sont tellement unies, tellement transparentes les unes aux autres, unies dans une communion tellement profonde, que nous devons affirmer qu’à elles trois, elles sont, en toute rigueur d’expression, un seul Dieu.
Oui, le Père a engendré un Fils qui lui est semblable en essence, « consubstantiel », à qui Il communique tout ce qu’Il a et tout ce qu’Il est. Et il y a un Esprit saint qui procède de Lui, à qui Il communique aussi tout ce qu’il a et tout ce qu’il est, à qui est dû même honneur et même gloire qu’au Père et au Fils.
Les conciles du cinquième siècle, le concile d’Éphèse (431) et le concile de Chalcédoine (451) ont ensuite précisé que, selon l’enseignement des apôtres, il y a dans le Christ une seule personne et deux natures. C’est-à-dire que le Christ n’est pas une personne humaine en qui le Verbe de Dieu serait venu habiter. Il est vraiment Un, il est, en tant que personne, le Fils de Dieu lui-même, la seconde personne de la Trinité, mais il est à la fois Dieu et homme parce qu’Il a assumé notre nature humaine pour notre salut. Tout ce qu’il fait, tout ce qu’il a pu dire, vient de sa personne divine, cependant cette personne divine agit tantôt par sa nature humaine, tantôt par sa nature divine, sans que les deux ne soient jamais séparées.

Les conciles des cinquième (Constantinople 553) et sixième (Constantinople 680) siècles n’ont fait que préciser, en face de questions et d’erreurs nouvelles, cette doctrine du concile de Chalcédoine, cette doctrine de l’unité du Christ dans sa nature divine et sa nature humaine.
Quant au septième concile (Nicée 787) que j’évoquais tout à l’heure, c’est celui qui a affirmé la nécessité de la vénération des saintes icônes.
Toute notre vie chrétienne repose sur la foi en ces vérités fondamentales, parce que ni notre sensibilité ni notre intelligence ne peuvent y accéder par elle-même. Il n’est pas possible à l’homme de les découvrir par lui-même, quelle que soit sa sagesse, quelle que soit la profondeur de sa réflexion. Il fallait que Dieu intervienne dans l’histoire, que Dieu nous parle, d’abord par les prophètes et ensuite par son Fils, pour que du coup nous connaissions ces vérités, pour que nous sachions que Dieu est un Dieu unique en trois personnes, que le Fils de Dieu s’est incarné pour notre salut et nous a appelé à devenir nous-mêmes, unis à lui, des fils de Dieu par adoption, à être divinisés, à participer nous-mêmes à sa vie divine.
Cette destinée extraordinaire de l’homme, pour que nous la connaissions, il faut à la fois que nous croyions à la Parole de Dieu, et que nous accueillions la lumière intérieure qui nous vient du Saint-Esprit. Saint Silouane disait : « l’humilité est la lumière dans laquelle nous voyons la lumière » .
C’est-à-dire que dans la mesure où notre cœur est humble, où nous sommes dépouillés de tout attachement à notre jugement propre, à nos idées, nos opinions personnelles, nous sommes prêts à accueillir la parole de Dieu. C’est seulement à cette condition que la foi peut s’épanouir dans notre cœur.

D’après Père Placide Deseille, La couronne bénie de l’année chrétienne,
Volume 2, pages 220-224

You can see in English
Sunday of the Holy Fathers of the First Ecumenical Council (7th Sunday after Easter)
 

Δευτέρα 21 Μαΐου 2018

Saint Thalassios le Libyen


Fr.wikipedia
Les images saintes sont d'ici et ici.

Thalassios le Libyen (ou l'Africain) est un moine chrétien du VIIe siècle, écrivain religieux de langue grecque dont quatre Centuries (recueil de cent sentences) figurent dans la Philocalie des Pères neptiques. C'est un saint, fêté par l'Église grecque le 2 Juin (le 20 Mai).
Les seules informations sur sa personne découlent de ses relations avec Maxime le Confesseur. Les deux hommes semblent avoir fait connaissance après l'arrivée de Maxime dans la province d'Afrique vers 628/630. Thalassios est le destinataire de l'un des principaux ouvrages de Maxime : les Questions à Thalassios sur des passages difficiles de l'Écriture Sainte, recueil de soixante-cinq questions-réponses composé dans les années 630/634 ; contrairement à ce que peut laisser penser le titre traditionnel, il s'agit d'un questionnaire transmis par Thalassios à Maxime et des réponses de ce dernier. D'autre part, les deux hommes ont échangé une correspondance : le patriarche Photius connaissait cinq lettres de Maxime à Thalassios1 ; actuellement trois sont identifiées, qui sont la lettre 92, où Thalassios est appelé « prêtre et higoumène », la lettre 263, où il est dit seulement « presbytre », et d'autre part une lettre connue uniquement en traduction latine et postérieure à la promulgation de l'Ecthèse en septembre ou octobre 6384. La lettre 9, elle, est antérieure aux Questions5. Aucune lettre de Thalassios à Maxime n'a été conservée.
On peut en conclure que Thalassios était l'higoumène d'un monastère de la province d'Afrique dans les années 630. On n'a conservé de lui que quatre centuries sur la vie spirituelle intitulées De la charité, de la tempérance et du genre de vie selon l'intellect (Περὶ ἀγάπης καὶ ἐγκρατείας καὶ τῆς κατὰ νοῦν διαίτης). Elles sont inspirées notamment par Évagre le Pontique. Le texte grec en a été pour la première fois imprimé dans la Bibliothèque d'Andrea Gallandi, à la suite des œuvres de Maxime le Confesseur, avec une traduction latine d'Œcolampade. Il a été intégré ensuite dans le volume II de la Philocalie des Pères neptiques. Le petit écrit qui figure après les centuries dans la Patrologie de Migne n'est pas de lui, mais d'un autre moine Thalassios, contemporain de Théodose le Jeune, à qui, maltraité par Nestorius, il adresse une requête.

Bibliographie
  • Marie-Théophane Disdier, « Le témoignage spirituel de Thalassius le Libyen », Revue des études byzantines 2, 1944, p. 79-118.
  • Michel Van Parys, « Un maître spirituel oublié : Thalassios de Libye », Irenikon, vol. 52, n° 2, 1979, p. 214-240.
  • Aimé Solignac, article « Thalassius, moine libyen », Dictionnaire de spiritualité, t. 15, col. 323.
Notes et références
  1. Codex 192B de la Bibliothèque.
  2. PG 91, col. 445-449.
  3. PG 91, col. 616-617.
  4. Mansi, Conciles, t. X, col. 677-678.
  5. Maxime le Confesseur, Questions à Thalassios, coll. Sources chrétiennes (n° 529), t. 1, introduction de Jean-Claude Larcher, p. 9 à 11.
 
Voir aussi  
 

Τετάρτη 21 Φεβρουαρίου 2018

A propos du dimanche qui précède le début du Grand Carême


Ne négligeons pas le jeûne


Icône d'ici
 
Ne négligeons pas le jeûne : bien que délaissé [quelquefois…et même souvent] de nos jours en Occident, il a une très grande importance dans la tradition biblique. Il a une place prépondérante dans la tradition patristique : ainsi saint Isaac le Syrien (« Chacun sait une chose, c’est que toute lutte contre le péché et le mal commence par le travail du jeûne », « Quiconque méprise le jeûne sera faible, sans vigueur pour toute bonne œuvre, car il lui manque l’arme avec laquelle tous les athlètes divins ont obtenus la victoire »). 
De même saint Jean Climaque et tous nos pères dans la foi, jusqu’aux nombreux spirituels de notre Église orthodoxe contemporaine comme l’ hiéromoine Émilianos : « Le jeûne est une tradition de notre Église. Si nous ne jeûnons pas nous ne sommes pas chrétiens. Par quel moyen le prophète Élie est-il monté aux Cieux ? Quand Moïse a-t-il vu Dieu ? Comment l’apôtre Paul a-t-il reçu l’appel divin ? Et Barnabé ? Tous jeûnaient. À quel moment Pierre vit-il la nappe descendre de la Jérusalem céleste ? Lorsqu’il jeûnait. Donc, nous aussi, observons ce qui nous est transmis par la tradition de notre Église » (« Catéchèses et discours »).
Et encore : « L’Église orthodoxe est très profondément ascétique, et ceux qui n’aiment pas l’ascèse et sont amis de la mollesse et du confort n’ont pas de place en elle ! » (Épiphane, Géronda d’Athènes). Parole un peu sévère, mais bien équilibrée par la suivante : « Ne vous faite pas violence avec orgueil pour pratiquer l’ascèse au-delà de vos forces, car vous en retireriez de l’angoisse. Le Christ est, non pas un tyran, mais un père plein de tendresse, et Il se réjouit du combat que nous menons avec zèle. » « Si nous ne pouvons pas mener une grande ascèse ou si même nous ne pouvons accomplir aucune pratique ascétique, du moins reconnaissons-le humblement et demandons à Dieu de nous faire miséricorde. Si cet humble aveu ne nous aidait pas, le Christ ne nous le demanderait pas » (« Fleurs du Jardin de la Mère de Dieu » du moine athonite Païssios).

Source: sagesse-orthodoxe.fr
 
A propos du dimanche qui précède le début du Grand Carême

Communauté orthodoxe à l'île de la Réunion

Ancient faith

Il s’agit d’une réflexion sur le début du Grand Carême par le P. Thomas Hopko (1939-2015) faite sur la radio ancientfaith.com en mars 2009.
 
 

Le dimanche qui précède le début du grand Carême porte deux thèmes : l’un est l’expulsion d’Adam du Paradis et l’autre thème est celui du pardon.
Sur le plan populaire dans la tradition orthodoxe, ce dimanche est appelé le dimanche du pardon. Et puis, aux vêpres du soir de ce dimanche, vous avez réellement le début de la grande saison du Carême, qui s’accompagne très souvent d’un rituel de pardon où chaque personne dans l’église se rapproche de chaque autre personne, et, s’inclinant lui demande son pardon et reçoit ainsi le pardon de l’autre.
L’expulsion d’Adam du Paradis, les hymnes de ce dimanche d’avant le Carême et le canon aux matines sont une méditation sur l’expulsion d’Adam du Paradis, et dans ces hymnes on s’identifie à Adam et à Eve. Les chants sont très souvent à la première personne : «J’étais avec toi au Paradis, j’ai péché contre toi, j’ai perdu ma beauté originelle, je suis chassé du jardin – qui en grec signifie Paradis – je suis assis ici à l’Est d’Eden, pleurant et déplorant mes péchés.  »
Cette expulsion d’Adam du Paradis est très semblable  – dans son contenu et dans son message –à  la parabole du fils prodigue, pour qui se situer  en dehors du Paradis est comme si on est  dans une porcherie, loin de la maison du père ,  dans un pays lointain, gaspillant ce que l’on a, ayant été insensé, dépensier, pécheur et se trouvant dépourvu et privé de la beauté et de la gloire de Dieu et de la maison du Père.

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Cette expulsion d’Adam est également similaire à la méditation sur le Psaume 137, «A Babylone au bord des eaux», qui est chantée en cette période. Là où l’adorateur s’identifie avec les exilés, qui ne sont plus à Jérusalem, qui sont en exil, qui sont sous le contrôle des puissances mauvaises « babyloniennes », qui pleurent en se souvenant de Jérusalem, comme le fils prodigue se souvient et se lamente de la perte de la maison du père. Eh bien, en ce jour particulier, les croyants et les adorateurs de Dieu déplorent la perte du paradis.
Parmi les hymnes qui sont très nombreux, il y en a de très émouvants, très touchants dans ce qu’ils disent. Juste pour un exemple, lors des vêpres, il est chanté: « O paradis précieux, inégalé dans la beauté, tabernacle construit par Dieu, joie et délice sans fin, gloire des justes, joie des prophètes, demeure des saints, avec le son et le bruissement de tes feuilles dans les arbres du jardin, prie le maître de tous. Et qu’il ouvre pour moi les portes que j’ai fermées par ma transgression ; puisse-t-il me considérer comme digne de participer de nouveau à l’arbre de la vie et à la joie qui était la mienne quand je me suis établi en Toi depuis le commencement ».

Maintenant, bien sûr, nous les êtres humains ne sommes pas Adam et Eve ; nous sommes nés hors du paradis, nous sommes en quelque sorte victimes de leurs péchés et des péchés de leurs enfants devenus nos parents, nos grands-parents et nos ancêtres. Nous sommes des membres de la race humaine, nous sommes l’humanité, mais nous le savons depuis le début – et c’est l’enseignement de l’histoire de la Genèse ; il y en a deux dans la Bible. Adam et Eve depuis le commencement et l’humanité depuis le commencement ; une humanité qui a été créée pour partager la gloire de Dieu, qui a été créée pour être comme les saints Pères le disent des dieux eux-mêmes par la grâce.  A la condition d’aimer Dieu, d’ avoir  foi en Dieu, de montrer l’amour pour Dieu en gardant Ses commandements, en Lui obéissant, en Lui faisant confiance, en n’écoutant pas les pouvoirs maléfiques, en n’écoutant pas la sagesse de ce monde. Car le serpent dans l’histoire représente la sagesse terrestre, qui dans la lettre de Jacques est appelée psychique par opposition à spirituelle et démoniaque. Alors ce serpent est Satan : c’est la sagesse terrestre. C’est un choix propre, c’est sa propre volonté contre celle de Dieu, c’est écouter toutes ces voix qui ne sont pas la voix de Dieu, obéir à toutes ces paroles qui ne sont pas la parole de Dieu, et donc amener la mort sur soi-même.
L’expulsion du Paradis dans l’histoire est faite par Dieu, mais Il n’a pas le choix. Le péché lui-même – et c’est cela ce que signifie l’arbre de la connaissance du bien et du mal-  le péché signifie un acte d’apostasie, de rébellion, de folie – cet acte tue l’humanité. Dans l’histoire, le Seigneur dit : « Au jour où vous en mangerez, vous mourrez sûrement ; même si vous le touchez, vous mourrez sûrement ». Maintenant, certaines personnes disent : Eh bien, Adam et Eve l’ont mangé. Ils ne sont pas morts , mais ils l’ont fait. Ils sont morts à la minute où ils l’ont fait. Oui, ils sont devenus mortels ; ils ont vécu plus longtemps. Il est dit qu’Adam a vécu, je ne sais pas, cent ans et ainsi de suite, mais ils étaient déjà morts. Ils étaient des hommes morts vivants, comme on dit ; ils existaient mais ne vivaient plus, parce que vivre dans l’Écriture signifie louer, glorifier et obéir à Dieu.

Foto d'ici 

Dans la Tradition orthodoxe, les Écritures et la Liturgie, et même dans les écrits de certains des saints – comme l’un des saints récents Silouane du Mont Athos qui est mort en 1938, il a écrit cette longue lamentation d’Adam: Oh, comme je désire le Paradis, comme je désire ma place originelle. Je peux m’en souvenir c’est dans mon esprit mais je ne l’ai pas. Et ici je suis chassé, chassé par mon propre péché, par ma propre rébellion, destiné à mourir.
Et certains des saints comme saint Jean Chrysostome ont dit que c’est une loi, une loi métaphysique ontologique, que si tu pèches, tu meurs ;et pour saint Paul, «le salaire du péché est la mort». Il y a une certaine miséricorde en cela, parce que si nous pouvions simplement pécher, pécher et encore pécher, faire le mal et la méchanceté et croître sans fin, ce serait une éternité, ce serait l’enfer, ce que certaines personnes peuvent choisir, mais le fait de mourir nous donne une chance, nous donne une chance de renaître, nous donne une chance de recommencement.
Et dans cette méditation sur le fait d’être exilé avec Adam, durant ce même service, nous chantons le psaume « Sur les bords des eaux de Babylone. » Ce n’est pas seulement pour nous rappeler notre apostasie, nous souvenir de notre rébellion, nous rappeler que nous ne sommes pas dans la maison du père, que nous ne sommes pas au paradis, que nous ne sommes pas à Jérusalem; quelque chose a terriblement mal tourné et est devenu terriblement mauvais à cause de la rébellion et du péché de l’humanité. Ce n’est pas seulement que nous devons nous en souvenir, mais nous devons aussi nous souvenir que Dieu nous pardonne, que Dieu a pitié de nous, que Dieu savait que l’humanité pécherait, Dieu sait tout. Il n’a pas créé Adam et Eve et les a mis au Paradis et a ensuite dit : « Oh Là !  Regardez, ils ont péché. Que ferons-nous ? »Et qu’ensuite Dieu le Père dise au Fils qui est le Verbe éternel : « Mon Fils, va et fais quelque chose à propos de cette humanité qui a péché. »

Dieu savait que nous pécherions avant de nous avoir faits, et il nous a fait de toute façon. Ainsi ce péché fait partie de son plan providentiel pour notre salut. Nous devons passer par là ; nous devons l’expérimenter. Comme une mystique anglaise nommée Julian de Norwich l’a dit : « Il y a un péché. » Il ne pouvait en être autrement. Parfois, les gens demandent : «Pourquoi Dieu n’a-t-il pas créé un monde dans lequel il n’y aurait pas de péché?» Et il semble que la réponse audacieuse que nous devons faire est parce qu’il n’y a pas de monde, il n’y a pas d’êtres humains qui ne pèchent pas.
Et c’est très important de se rappeler cela parce que c’est ce qui nous permet de nous identifier à Adam dans les hymnes de l’Église. 
Nous ne pouvons pas dire : « Oh, je suis là parce que quelqu’un d’autre a péché ; Je n’aurai jamais agi ainsi ». Ce n’est tout simplement pas vrai ; c’est simplement la vérité que si nous étions nous-mêmes l’humanité originelle, les êtres humains originels, nous aurions aussi péché. Comment savons-nous cela ? Eh bien, les saints nous disent que nous le savons pour une raison très simple. Nous connaissons le Christ et l’Évangile et nous péchons encore. Et saint Siméon le Nouveau Théologien commentant cela a dit : « Notre péché est pire que celui d’Adam. Il était une sorte de créature terrestre primitive, tirée de la poussière, tentée par le diable, essayant d’apprendre à être un humain. Et il a péché dès le commencement, et Dieu savait qu’il le ferait. Mais regardons-nous dit-il ! »
Adam a mangé ce fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, qui symbolise simplement qu’il a péché. Il a existentiellement goûté au péché ; il l’a fait quel que soit la forme de ce « péché » – et nous ne savons pas ce qu’était le péché originel – nous savons que c’était la rébellion, nous savons que ce n’était pas la confiance en Dieu, nous savons que ce n’était pas la foi, nous savons qu’il désobéissait, mais c’est en ce sens un paradigme de tous les péchés. Une chose que nous savons à coup sûr, ce n’était pas un acte sexuel. Ce n’était pas le fait qu’Adam et Ève aient eu des relations sexuelles ou quelque chose dans le genre ; ce n’est absolument pas l’enseignement de l’Eglise. Ils ont reçu le commandement de croître et de se multiplier au paradis. Mais nous n’avons aucune trace de cela, en fait, nous n’avons aucune trace d’une vie qui ne soit pas tombée du tout dans l’histoire de la Genèse et des récits de la Genèse, rien du tout. Nous ne savons rien d’Adam et Ève « vivant avant qu’ils aient péché ». Nous pourrions savoir qu’ils ont été créés pour une vie glorieuse totalement belle avec Dieu au Paradis, et que leur tâche était même de répandre le Paradis dans tout le chaos en dehors de l’Eden.

Certains Pères pensent même que c’est la vocation de l’humanité de montrer la présence et le Paradis de Dieu dans le chaos où ils sont absents. Parce qu’il y avait un Paradis extérieur, et le Paradis dans l’histoire est un petit endroit, et Adam et Ève étaient censés augmenter et multiplier et développer et diviniser la création. Mais ils ne l’ont pas fait. Ils sont tombés, ils se sont rebellés et se sont retrouvés chassés en pleurant. Mais nous savons que si nous étions avec eux, nous aurions fait de même, parce que nous péchons de toute façon. Saint Siméon dit : « Ils ont mangé de cet arbre de la connaissance du bien et du mal, mais nous mangeons du corps et du sang du Christ à la sainte Eucharistie. » Et il ajoute : « Quand le corps et le sang du Christ sont encore dans notre bouche, nous quittons l’église et nous péchons. C’est comme le peuple d’Israël, qui a été conduit hors d’Egypte et nourri par la manne, et tandis que la manne de Dieu était dans leurs bouches, ils ont blasphémé et adoré les idoles et ont fait la méchanceté. Donc, aucun être humain n’échappe au péché ; aucun être humain ne peut blâmer quelqu’un d’autre. Chacun de nous se tient en lui-même. Cependant il est vrai que nous ne sommes pas Adam et Eve et nous sommes déjà, comme il est dit dans les psaumes, «conçus dans les iniquités ; dans le péché, notre mère nous a conçus » ; non pas que l’acte de conception soit un péché, mais que nous sommes nés dans un monde déjà brisé, déjà apostasié, déjà rebelle.

Foto d'ici (Burundi)
 
Si vous ajoutez les autres symboles de la période (du Grand Carême), vous pourriez dire : nous sommes nés à Babylone ; nous ne sommes pas nés à Jérusalem. Nous sommes nés dans la porcherie ; nous ne sommes pas nés dans la maison du père. Nous devons être ramenés à Jérusalem, ramenés à la maison du père, ramenés au paradis. Et nous croyons que c’est ce que Jésus a fait pour nous, et c’est ce que nous célébrons pendant le Carême et la Semaine Sainte et surtout la Sainte Pâques. Nous célébrons le fait que Dieu a envoyé son fils pour être le vrai dernier Adam final qui ne pèche pas. Nous célébrons le fait qu’il nous a cherchés et nous a trouvés : dans le parc à cochons, dans la campagne lointaine, en dehors du paradis. Et il nous pardonne et il nous lave et il nous purifie et il nous rafraîchit et nous renouvelle et nous restaure et nous ressuscite des morts et nous ramène à la maison du père, nous ramène à la Jérusalem céleste, nous ramène à la maison au paradis.
Ainsi, durant le Grand Carême, nous commençons toute cette période en nous souvenant de notre exil, en nous souvenant qui nous sommes et ce que nous sommes et comment nous sommes, maudits, pécheurs, morts par nous-mêmes, en tant que race humaine, en tant qu’ensemble et en tant qu’êtres humains individuels et il n’y a personne qui vit qui ne pèche pas, il n’y a personne qui soit juste; personne sauf le Seigneur Jésus-Christ lui-même. Il est l’homme sans péché qui est devenu de toutes les manières ce que nous sommes. Comme il est dit dans la lettre aux Hébreux, à partir de laquelle toutes les lectures d’épître pendant le Carême seront prises, dans cette lettre aux Hébreux, il est dit : « Il est devenu semblable à ses frères en tout égards, afin que, en devenant comme nous, nous pourrions devenir comme lui. Il a été tenté comme nous le sommes afin d’être avec nous qui sommes tombés en tentation.  »

Donc, le dimanche, la veille même du Grand Carême, ce sont les choses dont nous nous souvenons. C’est ainsi que nous nous identifions, c’est ainsi que nous nous voyons. Mais nous nous voyons non seulement bannis, chassés, expulsés, assis en dehors de l’Eden, en pleurs, mais nous nous voyons aussi comme les objets de la miséricorde infinie de Dieu. Et Lui, sachant cela, a  depuis le commencement, sachant que le Fils de Dieu, l’éternel logos divin et la parole de Dieu, le propre fils de Dieu, l’image de Dieu ne s’accrocherait pas à sa divinité, comme l’a dit saint Paul dans la lettre aux philippiens, mais deviendrait humain, prendrait la forme d’un homme mais pas seulement, il sera  mort, maudit, suspendu à l’arbre de la croix, prenant sur lui toute la condition de l’humanité déchue pour nous rendre divins.
Nous commençons donc la grande saison de Carême en méditant sur ces choses.

Voir aussi

L’héritage de la tradition chrétienne orthodoxe dans l’Afrique d’aujourd’hui

A voice from Africa about pain, sadness, fear, love, hate, Christ, fasting, Adam and Eve (the treasures of the Orthodox Church from Cheesefare Sunday)
"We are embittered, for we have succumbed to the serpent! We are embittered, for we are fettered in chains!"

Κυριακή 10 Δεκεμβρίου 2017

Le chant, l’homme et Dieu


Le chant de Dieu 

P. Steven Freeman

L’homme est une composition musicale, un hymne merveilleusement composé à l’activité créatrice puissante.
Saint Grégoire de Nysse1 (PG 44, 441 B)

Foto d'ici
Dans la pensée de saint Grégoire de Nysse, l’homme n’est pas seulement un chanteur, mais un chant. Nous ne sommes pas seulement chant, mais le chant de Dieu. En effet, dans un thème des Pères (de l’Eglise), toute la création est le chant de Dieu, parlé (ou chanté) et venu à l’existence. «Que la lumière soit», est plus que l’expression d’un commandement : c’est la prononciation d’une phrase qui organise l’univers comme un morceau musical. Dieu chante. Toute la création chante. Le chant de louange qui naît de la création est offert à Dieu, l’Auteur de toutes choses. C’est aussi le chant de la création elle-même, une révélation de la vérité de son être. La musique n’est pas un divertissement : si elle est réalisée correctement, elle est le cœur même de la création.
Les anges dans la vision d’Ésaïe (chapitre 6) s’écriaient mutuellement dans le chant : «Saint, saint, saint, est le Seigneur, Dieu des armées …» Le chant de l’un appelle le chant de l’autre. L’adoration est l’offrande de tout notre être, appelant le chant de toute la création en union avec le chant que Dieu Lui-même chante.
Pour se comprendre comme le chant de Dieu, il y a une phrase dans son hymne à la création, qui affirme tant notre unicité que notre union avec le tout. Notre prière, notre culte, notre vie, sont une offrande du chant que Dieu lui-même a soufflé.
Nos habitudes de pensée fournissent des moyens par lesquels nous nous concevons. Il me semble intéressant de noter que notre concept moderne de l’existence humaine a minimisé le rôle de la musique. La musique est quelque chose que nous faisons, une industrie par laquelle nous gagnons de l’argent. C’est un instrument pour la glorification des ego. La musique est déformée.
Dans le même temps, notre culture a fait de la musique un vaste secteur financier, les gens eux-mêmes sont devenus moins musicaux. La capacité de jouer d’un instrument (autre que l’air-guitare) a diminué profondément. Les programmes de musique au sein des écoles sont jugés trop coûteux à financer. Le nombre de jeunes sans formation ou expérience musicale continue d’augmenter. Les gens chantent rarement ensemble (une coutume autrefois universelle avant la modernité), sauf dans les environnements les plus structurés. La musique folklorique (la musique des peuples) disparaît rapidement (ces choses sont peut-être plus vraies en Amérique qu’en Europe).
Je ne devrais jamais prédire une disparition de la musique – car les êtres humains sont un chant et le chant ne disparaîtra pas. Mais vivre d’une manière qui nous aliène de notre qualité d’être le chant de Dieu est vivre avec un vide existentiel. Si l’homme est un chanteur, alors il doit chanter – et il doit chanter à Dieu.

Source: Glory 2 God for all things.

 
D'ici
1 Grégoire de Nysse (vers 331 à 394) est un intellectuel passionné de rhétorique qui enseigne la philosophie. Son épouse l’adore et c’est réciproque. Quand son grand frère, saint Basile de Césarée, le consacre évêque de Nysse, une petite bourgade rurale de Cappadoce, cet intellectuel le ressent comme un exil, mais il l’accepte par devoir dans un monde si peu chrétien. 
Il se heurte à l’empereur qui soutient l’arianisme et qui l’exile. Il reviendra dans son diocèse à la mort de Valens et se fait le champion de la foi en la Trinité. Il sera l’un des principaux artisans de la victoire de l’orthodoxie au concile de Constantinople en 381. Saint Grégoire de Nysse est sans aucun doute l’un des plus grands théologiens spéculatifs, d’une ouverture d’esprit rarement égalée. Ce maître de la théologie contemplative par ses grands traités spirituels, est en même temps un pasteur et un catéchète soucieux de se faire comprendre par tous. 
Source: nominis.cef.fr


Voir aussi 

LES CHEMINS DE LA CONVERSION (Saint Jean Chrysostome)
L’Eglise Orthodoxe à La Réunion 

Τετάρτη 17 Αυγούστου 2016

Saint Macaire d'Egypte: la faim spirituelle - la Voie du salut


la Voie du salut
Orthodoxologie

Quand ils avaient subi de nombreuses tortures et avaient montré de l'endurance jusques à la mort, les saints martyrs devenaient dignes de couronnes et de gloire. 

Plus cruelle étaient les tortures qu'ils avaient subies, plus ils acquerraient de gloire et d'audace devant Dieu. 

De la même manière, et à condition qu'elles soient patientes jusques à la fin et ne se plaignent pas, les âmes qui ont été soumises à de grandes afflictions, (soit par d'autres personnes soit par des maladies corporelles), ont également été récompensées par les mêmes couronnes, et la  même gloire que les martyrs. 

Et ces gens vont non seulement profiter de tout cela à l'avenir, de la part de Dieu, mais même ici-bas, il leur sera accordé la consolation du Saint-Esprit. 

Et puisque le chemin qui mène à la vie céleste est en effet étroit et plein d'afflictions, et que peu nombreux sont ceux qui cheminent sur cette voie, c'est la raison pour laquelle, pour le bien de l'espérance du Ciel, nous devons supporter avec une patience inébranlable chaque épreuve du Malin. 

Les souffrances du temps ne peuvent en aucun cas être comparées à la gloire qui nous sera donnée.

d'après
la faim spirituelle

Orthodoxologie

Si tu vois quelqu'un s'exalter et être arrogant au sujet de ses capacités, sache que même s'il a créé de grands signes et ressuscité des morts... il est pris par un mauvais esprit sans le réaliser. 

Même s'il a fait des miracles, ne le crois pas, parce que le signe du chrétien est de cacher aux autres tous les dons que Dieu l'a jugé digne de recevoir.

Ayant les richesses d'un roi, le chrétien les cache comme pour dire: "Ce ne sont pas mes richesses, quelqu'un d'autre les a mises là." 

Si quelqu'un dit: "Ce que j'ai acquis est suffisant pour moi, je n'ai pas besoin de plus," il n'est déjà plus chrétien, mais il est dans un état de délire, et il est devenu un instrument du Diable.

Parce que le ravissement en Dieu est insatiable, l'étendue de sa jouissance et le partage des bénédictions spirituelles est la mesure par laquelle sa faim en est augmentée. 

Ces gens ont un amour fervent et inextinguible pour Dieu. Plus ils réussissent, et plus ils acquièrent, et plus ils se reconnaissent comme des mendiants.

d'après: orthodox.net/ pearls of the Fathers

Version française Claude Lopez-Ginisty
 
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