Τρίτη, 2 Ιανουαρίου 2018

L’héritage de la tradition chrétienne orthodoxe dans l’Afrique d’aujourd’hui


In English:
The heritage of the Orthodox Christian tradition in Africa today

La tradition orthodoxe
 
 
 
La fidélité dans la continuité à la foi des Pères de l’Église, sous le sceau des sept premiers Conciles œcuméniques et la fidélité à la saine doctrine de l’Église constituent le véritable fondement de la Tradition orthodoxe. Le principe essentiel de cette continuité réside non seulement dans la succession apostolique de l’épiscopat à travers laquelle chaque Église locale manifeste et maintient son unité organique et son identité avec l’Église une, sainte, catholique et apostolique, mais également dans la pureté de la foi et la catholicité de sa vie, garante de son unité dans le temps et dans l’espace.
Cette fidélité réside également dans la Tradition théologique et spirituelle de l’Église, qui est la manifestation de sa vie dans l’Esprit-Saint, « communiquant à chaque membre du Corps du Christ, la faculté d’entendre, de recevoir, de connaître la Vérité dans la Lumière qui lui est propre, et non selon la lumière naturelle de la raison humaine »[1].  Cette fidélité réside aussi dans le respect de la filiation des Eglises locales. « Dire que telle Église locale tire sa canonicité de l’Église universelle, par exemple, et non d’une autre Église locale, implique le refus de la filiation spirituelle, ce qui est aussi mortel au niveau ecclésial qu’au niveau personnel. Cette filiation est indispensable à la gestation, à l’engendrement comme à la maturation de l’être spirituel ; elle est indispensable à la nouvelle naissance d’en-haut.

Société divine dans l'Église Orthodoxe Rwandaise (d;ici)

La Tradition de l’Église signifie la « transmission » du don du Saint-Esprit ; et cette transmission, comme tout ce qui se passe dans l’Église de la Divinité Tri-personnelle, ne peut être que personnelle, s’effectuer d’une personne à une autre, dans l’unité d’obéissance qui découle de l’amour. La Tradition est la Tradition de nos Pères, ceux qui ont ouvert nos yeux spirituels ».[2]
La Tradition, est aussi, comme le disait Vladimir Loosky, « l’esprit critique de l’Église » c’est-à-dire que loin d’être rivée à un immobilisme stérile, en elle se manifeste, dans la grâce de l’Esprit-Saint, sa fécondité et sa créativité. En elle, « la théologie, dans la ligne patristique, à toute époque n’est pas répétitive » mais témoigne, « dans la fidélité du dépôt apostolique » d’une continuité de l’Écriture, convoquant au cœur des nouveaux enjeux existentiels de la modernité, de ses défis, de ses questionnements, une actualisation du message évangélique, une parole ancienne mais toujours renouvelée à chaque époque et qui résonne au cœur de la modernité par son actualité, en témoignant du jaillissement du cœur de Dieu dans le monde d’un flot intarissable d’amour pour le rachat et le salut de sa créature. L’Église orthodoxe est le don, la manifestation, la croissance, la plénitude de cette nouveauté, dans sa fidélité évangélique, apostolique et patristique et dans sa vitalité créatrice, divinement offerte.
L’Orthodoxie est la vraie foi, embrassant par son universalité la vie de tous les peuples et de toutes les nations dans leurs conditionnements culturels, nationales et ethniques, faisant rayonner par sa catholicité la plénitude de la foi dans le Dieu trinitaire en chaque nation qu’elle ensemence de ses dogmes vivifiants. Elle est une source de vie et de fécondité, par sa fidélité à l’Évangile, à l’enseignement des Apôtres et des saints Pères, par sa confession de la foi juste, et la garde des dogmes salutaires dont les hiérarques, le clergé et le peuple des fidèles, moines ou laïcs assurent à chaque moment de son histoire, le dépôt et la sauvegarde contre les déviations et les hérésies. L’Église [orthodoxe] étant catholique dans toutes ses parties, chacun de ses membres – non seulement le clergé, mais aussi chaque laïque – est appelé à confesser et à défendre la vérité de la tradition, […] »[3]. Elle témoigne « unanimement d’une seule Vérité – de ce qui est gardé toujours, en tout lieu et par tous » (Saint 
Vincent de Lérins).




[1] Vladimir Loosky, La Traditions et les traditions, (texte dactylographié)
[2] Emilie van Taack, La fondation de la Paroisse des Trois Saints Hiérarques : les fondements théologiques et spirituels du retour à l’Icône. 1925-1945, in L’Iconographie de l’Église des Trois Saints Hiérarques, page 28, Éditions du Patriarcat de Moscou, Diocèse de Chersonèse, Paris 2001.
[3] En vue de la sauvegarde de la vérité, le peuple des fidèles peut « s’opposer même aux évêques s’ils tombent dans l’hérésie » Vladimir Lossky, Essai sur la théologie mystique de l’Église d’Orient, Introduction, page 14, Les Éditions du Cerf, 1990


L’héritage de la tradition chrétienne orthodoxe dans l’Afrique d’aujourd’hui
 
 
L’Eglise orthodoxe au Togo
 
L’Église orthodoxe, dans sa fidélité à la Tradition de l’Église indivise des premiers siècles, est présente localement en différents lieux et est établie sur le principe d’une communion entre elles et dans l’unique Corps du Christ, des Églises locales qui englobent, chacune, en leur sein plusieurs nations-ethnies[1].
Cet héritage qui s’offre aujourd’hui à l’Afrique et qui est reçu dans un engagement de foi par les peuples de ce continent, est moins un héritage doctrinal qu’un mode de vie, d’une actualité toujours novatrice et créatrice, enracinée dans le terreau de la Tradition conciliaire des premiers siècles de l’Église. L’offrande aux hommes de tous peuples, langues et cultures par l’Orthodoxie, d’une plénitude de vie, reflet de la vie divine et trinitaire, transparaît dans sa liturgie, dans ses rites, ses offices, dans la Parole de l’Évangile toujours continuée dans les écrits des Pères de l’Église, ceux des premiers siècles et ceux que l’Esprit-Saint, dans les périodes les plus actuelles de l’histoire, suscite comme des luminaires porteurs de son Souffle au cœur du monde. 

En considération de cette fidélité créatrice dont elle a toujours témoigné, l’Église orthodoxe par sa spiritualité, son sens du mystère de la divino-humanité, étranger à l’esprit de la rationalité scolastique, et son dynamisme propre, suscite à chaque époque un renouvellement du cœur et du visage des peuples, et tente à la lumière de l’Évangile, d’actualiser le message du Christ au cœur de l’histoire, d’apporter une réponse appropriée aux besoins du monde à chaque étape de son cheminement historique. Un tel renouvellement nécessite de la part des peuples qui accueillent la tradition de foi orthodoxe, « un effort pour être de dignes héritiers du témoignage de l’époque apostolique, […]. Ce renouvellement signifie le renouveau de la vie du Christ en nous. Il nous faudrait arriver à vivre avec le même sentiment de la présence du Christ que les premiers chrétiens. Le Christ nous dit comme à eux : Je suis avec vous pour toujours » (Mt 28, 20).[2]

La tribu Kikuyu a proclamé le métropolite de Nairobi comme son «aîné» (ici)

L’offrande du cœur des enfants d’une nation, dans la foi, la fidélité, les prières d’action de grâces au Dieu glorifié dans la Trinité, suscite en retour une surabondance de bénédictions et de grâces qui affine, dans la lumière, le visage d’une nation. Car Dieu est le « défenseur de ceux qui espèrent en lui […], qui sauve le peuple qui s’humilie, mais humilie les yeux des orgueilleux » (Ps 17, 31, 28). Le Roi David proclame « Bienheureuse la nation qui a pour Dieu le Seigneur, le peuple qu’il s’est choisi en héritage (Ps 32, 12).
La nation est un creuset de fructification des arrhes de l’Esprit que l’Église du Christ, présente au sein de chaque peuple doit porter à maturation dans les âmes de ses enfants. Car « L’Église est l’avènement de l’humain »[3]. C’est en elle que se révèle la beauté lumineuse du visage des hommes et des femmes, beauté qui n’est autre que le resplendissement de l’âme qui communie en Jésus-Christ à la Source de toute beauté dans la création. Si l’Église, en tant que communauté eucharistique, est le lieu où sont administrés par les sacrements, les remèdes salutaires de la guérison de l’homme séparé de Dieu, la nation, en sa qualité de communauté ethnique et linguistique est le creuset dans lequel doivent s’épanouir les valeurs d’union, de communion dans l’amour, de fraternité, de solidarité de ses membres, car elle est appelée en tant qu’icône préfigurative de l’Église, à une vie de vérité, de justice et d’équité.



[1] Canon 57 du Concile de Carthage de l’an 419. Une Église qui s’étend  » d’un bout à l’autre de l’univers  » (expression dans l’offrande de la sainte Eucharistie ; divine liturgie de St Basile le Grand de Césarée).
[2] M.-A. Costa de Beauregard, Dumitru Staniloae « Ose comprendre que je t’aime », page 37, Coll. Témoins spirituels d’aujourd’hui, Éditions du Cerf, 1983.
[3] Marc-Antoine Costa de Beauregard, Dumitru Staniloae « Ose comprendre que Je t’aime », page 14, Coll. Témoins spirituels d’aujourd’hui, Les Éditions du Cerf, Paris 1983.

Voir aussi
 

Historique de l’accueil de la tradition de l’Église orthodoxe dans les pays d’Afrique subsaharienne au début du XXe siècle    
Patriarcat grec Orthodoxe d’Alexandrie et de toute l’Afrique  

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