Δευτέρα, 29 Αυγούστου 2016

«Les enfants du Cameroun ne sourient pas souvent»: L’interview de la Sœur Thekla accordée aux élèves du gymnase de Neo Souli à Serres, en Grèce



Gymnase de Neo Souli à Serres

Le jeudi 25 septembre 2003 nous avons eu la joie de faire la connaissance d’une Missionnaire de l’Eglise Orthodoxe, membre de la Mission de l’Eglise Orthodoxe grecque au Cameroun qui a visité notre école pour nous parler du Cameroun, de l’Afrique lointaine et inaccessible, la Sœur Thekla.

Le Cameroun était pour nous un seul point sur la carte mondiale jusqu’au moment la Sœur Thekla a animé avec les superbes photos qu’elle nous a montrées ce pays lointain de l’Afrique centrale où les enfants ne sourient pas, où les gens meurent de la famine et des maladies, où il n’y a pas d’écoles, où l’institution de la famille n’existe pas, où les lépreux envahissent les rues des villes, où Jésus Christ est encore inconnu pour la plupart du peuple.

Nous avons posé plusieurs questions à la Sœur Thekla qui nous répondait volontairement et elle essayait de nous faire croire l’incroyable.

A son regard, on pourrait discerner un chagrin profond chaque fois qu’elle se referait aux misérables conditions de vie des habitants du Cameroun. Ce chagrin se transformait tout d’un coup à une flamme d’espoir quand elle numérotait les œuvres de l’Amour qui se réalisaient au Cameroun grâce au secours des Orthodoxes du monde entier.

Nous entendons encore sa voix dire que  « les enfants du Cameroun ont besoin d’un euro, d’un seul euro pour continuer à vivre ». Ainsi nous avons pris la décision d’aider les enfants du Cameroun car nous  avions tous un euro de surplus dans nos poches.

L’interview de la Sœur Thekla accordée aux élèves du gymnase de Neo Souli à Serres, en Grèce.
  


Sœur Thekla, comment avez-vous pris la décision d’aller en Afrique ?

- Je suis née à Serres et j’y ai passé mon enfance et mon adolescence. J’ai débuté mon œuvre de Missionnaire de l’Eglise Orthodoxe du monastère de Notre Dame Ipseni à Rhodes, avec l’autorisation et les vœux du Patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique, en espérant  créer un monastère féminin au Cameroun. Les travaux ont déjà commencé et  nous espérons que la construction du  Monastère de Sainte Aikaterini sera bientôt finie et que nous pourrons nous y installer.


Qu’est-ce que vous a poussé d’aller au monastère et de devenir Sœur ?

- Ce qui m’a poussé de devenir Sœur c’est mon amour pour le monde et pour les enfants. Mon but était toujours d’entrer en contact avec les enfants et avec les gens en général. Comme c’est connu, Christ nous a dit de prêcher l’Evangile dans le monde entier, à tous les hommes de la Terre.

Et maintenant, en 2003, il y a encore des régions de la Terre où l’Evangile n’est pas connu et ça n’est pas bien sûr la faute de leurs habitants. Il y a ainsi des enfants qui ne savent pas que Christ est venu sur Terre pour sauver les hommes de la péché, qu’Il s’est crucifié pour nous tous, pour chaque enfant, pour chaque home et le troisième jour Il s’est ressuscité. Nous les orthodoxes, nous célébrons la Résurrection de Christ plus que sa Naissance par rapport aux Catholiques. Nous ne nous attristons pas pour sa Mort mais nous sommes très contents pour sa Résurrection. Alors, Dieu a entendu mon désir d’aller prêcher l’Evangile et il a permis que j’aille en Afrique. Au début mon objectif était l’Inde.
Mais, vu que la route vers l’Inde a fermé, une autre route vers l’Afrique a ouvert. Maintenant je me trouve à l’Afrique centrale, à un état lointain, le Cameroun. Là vit et combat de toutes ses forces pour la diffusion de l’Evangile l’Archevêque du Cameroun, M.Dimitrios, qui est aussi le Métropolite de six autres petits états et îles de la région.  

Le Cameroun, où se trouve-t-il exactement ?
 
- Le Cameroun est situé à l’Equateur, le climat y est tropical c’est-à –dire il n’y a ni hiver ni été comme ici n Grèce, par contre il fait trop chaud toute l’année. Il y a seulement une période de pluies et une période de sécheresse extraordinaire.

Pendant la période des pluies, il pleut tout le temps à tel point que nos vêtements se moisissent. Au Cameroun du nord, il y a de la sécheresse. C’est ici où vivent les animaux sauvages. Le Cameroun du sud est tout vert. Ici se trouve la jungle celle qu’on voit dans les films et où vivent des centaines d’animaux étranges et jolis.


Est-ce qu’il y a des Grecs au Cameroun ?

- Bien sûr. Il y a deux communautés grecques, l’une à la capitale du Cameroun et l’autre  à Douala. Il y a plusieurs Grecs qui s’occupent du commerce et des entreprises. Ils viennent souvent chez nous pour demander notre aide à leurs multiples problèmes (familiaux, de santé…).

 Photo d'ici



Y a –t-il des églises orthodoxes au Cameroun?

- A Yaoundé et à Douala il y a déjà deux églises bâties. Il y a quatre autres qui sont en construction et nous espérons qu’ avec l’aide de Dieu et l’amour des orthodoxes, amis du Cameroun, les travaux seront bientôt  finis. Les autres églises sont faites du bois et des cannes. C’est un miracle que tant de monde se rassemble dans ces églises.

Des cannes ? Est-ce  possible que la Litourgie soit faite dans une telle église?

- Oui, bien sûr. Tous les dimanches 250 personnes environ viennent à l’église pour assister à la Litourgie et pour communier. Ils la suivent très attentivement pendant deux heures et à la fin ils communient. Mais c’est qui est bizarre est qu’au Cameroun il n’y a pas le vin, le blé et l’huile pour l’accomplissement des Saints Mystères. Les fidèles offrent à l’église des fruits de leur région. Pour le mystère de l’Eucharistie on apporte du vin de la Grèce comme aussi d’autres articles ecclésiastiques. Vous ne le croirez pas, mais on a besoin des icônes de Christ, de Notre Dame et d’autres Saints parce que ici les fidèles veulent connaître le visage de Notre Dame. Comme vous savez les Catholiques n’ont pas d’icônes comme les nôtres qui parlent directement au cœur des fidèles. A Serres vit et travaille un bon ami, un fidèle très sensible, M. Tassos Sekeroglou qui peint des icônes pour le Cameroun, pour les enfants du Cameroun. Nous le remercions cordialement.



Dites- nous maintenant. Est-ce que les enfants sont joyeux qu’ils n’ont pas beaucoup de devoirs pour l’école ?

- Malheureusement, mes enfants, les enfants du Cameroun ne sourient pas souvent. Au Cameroun du Nord il y a de la sécheresse et ils n’ont presque rien à manger. Là, ils mangent des graines tous les deux jours. Ils souffrent des plusieurs maladies depuis leur naissance. Leurs ventres sont gonflés à cause de la mauvaise nutrition. Les gâteaux et les bonbons leur sont inconnus. A l’orphelinat de la Mission de l’Église Orthodoxe qui se trouve à notre petite monastère, nous leur offrons du lait à des petites quantités parce qu’ils ne sont pas habitués à manger. Même les vitamines que nous leur donnons, nous les coupons à moitié.

Qu’est-ce qu’on mange au Cameroun ?

- On mange des fruits, des  cacahouètes, des fruits exotiques, des gros souris, des lézards, des poissons...




Quoi? On mange des souris et des lézards ?

- Oui, c’est vrai. Tous les Camerounais en ont mangé. Ils les font cuire. Il y a aussi beaucoup de poissons. Mais comme il n’y a pas d’électricité dans la plupart des régions, le  mode de préparation et de conservation est tout à fait différent du nôtre.

Comment sont leurs écoles ?

- Les écoles sont construites des cannes et du bois. Les petits élèves ont besoin de cahiers, de livres, de crayons pour apprendre à lire et à écrire. Ils apprennent la langue française qui est la langue commune de comunication des habitants du Cameroun.

Font –ils des études  dans l’enseignement supérieur ?

- La plupart des enfants n’en font pas. Mais notre Archevêché attribue chaque année un certain nombre des bourses pour les jeunes qui veulent étudier la Medicine ou la Théologie. Ces jeunes sont souvent enfants des prêtres qui viennent en Grèce pour étudier et ensuite rentrent chez eux pour travailler et pour aider leurs compatriotes.




Parlez-nous maintenant de leurs maisons! Ont-ils au moins de jolies maisons?

- Leurs maisons, mes enfants, sont des cavernes avec des toits en canne ou en tôle. Imaginez ce qui se passe pendant la période des pluies, le bruit des tôles. On risque de se rendre fou. Ces petites maisons s’appellent Boucarou. Quant aux lits, ça n’existent pas.

Où est-ce qu’ils se lavent? Où est-ce qu’ils cuisinent ?

- Le manque d’eau c’est un des plus graves problèmes du pays. Peut-être le plus grave. Il y a des régions où il n’y a de l’eau potable qu’à 30 km. Vous devriez y voir les enfants qui portent des pots d’eau sur leur tête parcourir des kilomètres entiers. Ailleurs, on peut voir des personnes qui prennent leur bain, lavent leur linge, prennent de l’eau pour leur repas et à côté les animaux boivent de l’eau. Les conditions sanitaires n’existent pas, c’est pour cette raison que les maladies infestent la région et l’espérance de vie atteint les cinquante ans.

Une œuvre très précieux de notre Église est le création des puits à eau potable. Opération très importante mais en même très difficile.




Combien ça coûte la création d’un puits ?

- De 1500 à 4000 euro. Heureusement, il y a certains amis de Thessalonique qui nous aident. De l’eau, il y en a, mais plusieurs mètres de profondeur. Je voudrais aussi ajouter qu’on fait que les puits se créent près d’une église. Immédiatement, tout un village s’installe autour du puits et tous se baptisent orthodoxes.

Quest. : Parlez-nous des baptêmes! Comment ça se fait, un baptême?

- Quatre fois par an ont lieu des baptêmes massif. Il se peut qu’un tribu tout entier se baptise. Nous les baptisons, nous leur donnons des chemises blanches à porter, un croix et un cadeau. Ensuite les prêtres de la paroisse s’occupent de leur catéchisme.

Vous connaissez, mes enfants, quel est le pire pour ces hommes-là ?

Qu’ils ne connaissent pas l’institution de la famille. Les femmes élèvent des enfants des pères différents et en réalité, elles les élèvent toutes seules.



Ca c’est vraiment terrible. Comment la situation pourrait changer ?


- L’Église Orthodoxe, nous, nous commettons des mariages religieux et avec les Saints  Mystères et le catéchisme nous essayons de leur apprendre ce qui est juste de sorte qu’ils créent des familles chrétiennes.

Et une dernière question, sœur Thekla. Avez-vous voyagé dans le jungle?


- Oui, bien sûr. Nous faisons des tournées parce  que là il y a des divers tribus.

Tout est merveilleux mais très dangereux. Malheureusement il n’y a pas de routes. Quand il pleut, les routes se transforment en rivière.

C’est très difficile d’être dans le jungle. Imaginez quand même, d’être au milieu du jungle et de faire face au drapeau grec ou d’entendre le son d’une cloche! Quelle émotion et quelle fierté !
 


Sœur Thekla, dites-nous comment nous pouvons aider l’œuvre de la Mission de l’Église Grecque Orthodoxe?

- Nous avons besoin de tout. De votre euro, d’un euro. Vous pouvez faire un baptême, vous pouvez envoyer des médicaments et des vitamines, des cahiers et des crayons. Votre Amour vous conduira ainsi que nous aiderons tous ensemble l’œuvre de l’Église Orthodoxe pour l’expansion de l’Evangile.


Nous vous remercions de tout ce que vous nous avez racontez. Du moment que nous avons appris pour le Cameroun, nous ne l’oublierons jamais et nous ferons tout notre possible pour arriver à bien votre œuvre si précieux.

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